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<title>Clamans - o_actes</title>
<description>Prédications prononcées dans une paroisse de  l’Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaud</description>
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<title>Actes 2. La Bible nous parle d'un Dieu qui chemine avec nous.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>Christianisme</category>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 11:01:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Actes 2&lt;br /&gt;12.6.2011&lt;br /&gt;La Bible nous parle d'un Dieu qui chemine avec nous.&lt;br /&gt;Jér. 31 : 33-34&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Actes 2 : 1-4 + 12-18&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Téléchargez la prédication : &lt;a id=&quot;media-3100498&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/00/00/98598595.pdf&quot;&gt;P-2011-6-12.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens, chère famille, &lt;br /&gt;Nous vivons aujourd'hui la Fête de la Pentecôte. Cette fête chrétienne — qui a lieu 50 jours après Pâques — est venue remplacer et donner un nouveau sens à la fête juive qui avait lieu à ce moment-là. Les premiers chrétiens, issus du judaïsme, ont voulu donner une nouvelle signification à cette fête, en lien avec Jésus. &lt;br /&gt;La fête juive célébrait le don des Tables de la Loi à Moïse au Sinaï. Rappelez-vous que Moïse avait fait sortir le peuple hébreu d'Egypte et l'avait conduit à la montagne sainte de Dieu. Là, Moïse était monté sur la montagne où Dieu était caché dans le feu et la fumée. Moïse y reçoit les 10 commandements et les communique au peuple hébreu, comme la Loi à laquelle il faut obéir. &lt;br /&gt;Dans son récit des Actes, Luc raconte comment les disciples sont rassemblés dans une chambre, en haut d'une maison et reçoivent l'Esprit de Dieu, qu'il compare à des langues de feu. Le parallèle est clair. Les disciples sont chacun comme Moïse recevant la Loi, mais ils reçoivent autre chose. Comme avec Jésus, Dieu se présente ici autrement qu'à Moïse. &lt;br /&gt;Luc, dans son récit, essaie de montrer que les choses ont changé. Certes, il y a une continuité, puisque ce sont les promesses de Dieu qui se réalisent, celles annoncées par les prophètes, la promesse de Joël que Pierre rappelle, ou la promesse de Jérémie que vous avez entendue. Dieu se présente autrement à travers Moïse ou à travers Jésus.&amp;nbsp; Les prophètes annonçaient déjà que les tables de pierre allaient être remplacées par une inscription dans le cœur. Oui, on passe du &quot;tu dois&quot; de Moïse au &quot;tu peux&quot; de Jésus. On passe du Dieu inaccessible de Moïse au Dieu proche de Jésus. &lt;br /&gt;Le Dieu de Moïse est loin sur la montagne, comme dans le fracas d'un volcan, avec le feu, la fumée et le bruit. Il nous est présenté comme un Dieu qui se met en colère et qui n'hésite pas à punir. Il me semble qu'il ressemble beaucoup au dieu de nos désirs ou du désir des autres ! &lt;br /&gt;Le dieu de nos désirs, c'est celui qui doit remplir nos aspirations : &quot;mon dieu est plus fort que le tien&quot;, un dieu qui devrait faire régner l'ordre et le bien, le dieu qui devrait éviter que du mal nous arrive ou qu'il arrive à nos enfants et à nos proches. C'est notre rêve de toute-puissance et d'invulnérabilité. &lt;br /&gt;Et puis, il y a le dieu du désir des autres, celui qui nous est &quot;envoyé&quot; par les autres pour nous reprendre, pour nous juger ou même pour nous punir. Combien d'enfants n'ont-ils pas entendu leurs parents leur dire : &quot;si tu agis mal, le bon dieu viendra te punir !&quot; Ces dieux n'ont aucune parenté avec celui que Jésus annonce. &lt;br /&gt;Le Dieu de Jésus n'a rien à voir avec la puissance, encore moins avec la toute-puissance, sinon il aurait descendu Jésus de la croix. La Bible nous parle d'un autre Dieu, celui qui chemine avec nous, à nos côtés; celui qui encourage dans les difficultés de l'existence; celui qui nous remet debout; celui qui nous dit : &quot;Va…&quot;&lt;br /&gt;A la femme qui était malade depuis 14 ans, il dit : &quot;Va, ta foi t'a guérie !&quot;&lt;br /&gt;A l'homme à qui Jésus raconte la parabole du bon samaritain, il dit : &quot;Va, et fais de même !&quot;&lt;br /&gt;A la femme&amp;nbsp; adultère qui devait être lapidée, il dit ; &quot;Va, je ne te condamne pas !&quot;&lt;br /&gt;C'est cet Esprit-là que les disciples reçoivent à la Pentecôte, celui de la compréhension, de l'empathie, du pardon. C'est un esprit qui permet d'accepter les faiblesses, les manquements, les vulnérabilités. Accepter celles des autres, mais aussi — et c'est souvent le plus difficile — accepter les siennes propres. &lt;br /&gt;S'accepter soi-même, n'est-ce pas le plus difficile ? &quot;Consentir à ses fragilités, à ses propres limites&quot; (Frère Roger, Taizé) voilà la plus grande difficulté de la vie ! Nous voudrions tellement que Dieu ôte nos fragilités et balaye nos limites. Mais ça, c'est le dieu de nos désirs. &lt;br /&gt;Nous voudrions tellement que la vie ne dépende que de nous, que nous puissions la façonner nous-mêmes, dans tous ses contours, dans tous ses aspects. Et voilà que nous découvrons que tant de choses nous arrivent, qui ne dépendent pas de nous. &lt;br /&gt;Sur ce chemin où nous avançons tant bien que mal — où nous décidons parfois de la direction à prendre, mais où les circonstances, souvent, nous obligent à prendre des routes que nous n'avons pas choisies — sur ces chemins et ces routes, nous recevons une parole, nous recevons l'Esprit de Dieu qui nous dit &quot;Va !&quot; qui nous dit &quot;Tu peux !&quot; car je suis avec toi. Tu peux, parce qu'il y a autour de toi des frères et des sœurs qui partagent la même fragilité. &lt;br /&gt;Jésus fait chemin avec nous, il nous accompagne, il nous donne son esprit pour vivre la vie telle qu'elle se présente, avec ses fragilités et ses beautés. Allons, ensemble, avec nos fragilités, sur nos chemins, sachant que l'Esprit de Dieu nous accompagne. Il est venu habiter nos cœurs. &lt;br /&gt;Amen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2011&lt;/p&gt;
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<title>Actes 1. Sommes-nous équipés pour affronter les difficultés de l'existence ?</title>
<link>http://clamans.hautetfort.com/archive/2011/05/23/sommes-nous-equipes-pour-affronter-les-difficultes-de-l-exis.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>Christianisme</category>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Mon, 23 May 2011 08:23:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Actes 1&lt;br /&gt;15.5.2011&lt;br /&gt;Sommes-nous équipés pour affronter les difficultés de l'existence ?&lt;br /&gt;Eph 6 : 10-17&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ac 1 : 1-8&lt;br /&gt;télécharger la prédication : &lt;a id=&quot;media-3044487&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/02/02/2616080568.pdf&quot;&gt;P-2011-05-15.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens, chère famille, &lt;br /&gt;Nous avons entendu les premières lignes du livre des Actes des Apôtres, le livre écrit par l'auteur de l'Evangile de Luc et qui lui fait suite, racontant comment l'Eglise est née et s'est développée suite à la résurrection du Christ. Ce livre des Actes des Apôtres s'ouvre sur le temps que le Christ ressuscité passe avec ses disciples de Pâques à l'Ascension, le temps que nous vivons maintenant. &lt;br /&gt;Et nous avons entendu les dernières paroles de Jésus rapportées par Luc : &quot;Vous recevrez une force quand le saint Esprit descendra sur vous et vous serez mes témoins, à Jérusalem, en Judée et en Samarie, et jusqu'au bout du monde&quot; (Ac 1:8). &quot;Je vous donnerai une force&quot; dit Jésus. &lt;br /&gt;Si vous avez bien entendu le récit, ce n'est pas ce que demandaient les disciples ! Les disciples demandaient à Jésus : &quot;Quand établiras-tu ton Royaume ?&quot; (Ac 1:6). Les disciples étaient désireux de recevoir un savoir, une connaissance spéciale, cachée, quelque chose qu'ils seraient les seuls à savoir, un savoir d'initiés, une connaissance qui leur donnerait du pouvoir sur les autres. Mais la foi chrétienne n'est pas un savoir ésotérique, une connaissance spéciale de l'avenir ou des secrets du monde. &lt;br /&gt;&quot;Je vous donnerai une force&quot; dit Jésus, parce que la foi est une force, une dynamique pour affronter la vie. Jésus veut équiper ses disciples — et nous à leur suite — pour que nous puissions aller au devant de la vie et de ses difficultés avec confiance. &lt;br /&gt;Sans peindre le diable sur la muraille, qui, dans sa vie, pense pouvoir ne jamais être confronté à la frustration, ou à l'échec, aux déceptions, aux chagrins, aux rivalités, à la compétition, à la jalousie, à l'abandon, au désespoir, aux chutes, à l'exclusion, au mobbing ou au rejet ? Nous ne rencontrerons pas toutes ces difficultés, mais nous n'échapperons pas à plusieurs d'entre elles. &lt;br /&gt;Alors, comment sommes-nous équipés pour les affronter ? Comment équipons-nous nos enfants pour qu'ils puissent les surmonter à leur tour ?&lt;br /&gt;&quot;Je vous donnerai une force&quot; dit Jésus. Quelle genre de force Jésus donne-t-il ? On peut identifier deux types de forces. Il y a la force du rocher qui résiste au déplacement, à l'écrasement, à la dislocation, à l'usure. Mais cette force a l'inconvénient de l'immobilisme, de la passivité, de l'immuabilité ou de l'isolement. Ce n'est pas ce type de force — je résisterai à tout — que nous donne Jésus. Il ne nous rend pas invulnérables. &lt;br /&gt;Le mot utilisé en grec est &quot;dunamis&quot; qui a donné &quot;dynamique&quot; en français. C'est la force de la vie, du vivant. Le vivant peut être blessé mais peut cicatriser, être diminué mais se régénérer, être bousculé mais changer de place, être déraciné mais ressurgir, être mis à terre mais se relever. &lt;br /&gt;Lorsqu'on est vivant, l'important n'est pas de ne jamais tomber, c'est de pouvoir se relever; l'important n'est pas de ne jamais se tromper, mais de se corriger; de ne jamais échouer, mais de pouvoir réessayer; de ne jamais se mettre en colère, mais de savoir sortir d'un conflit. &quot;Je vous donnerai une force&quot; dit Jésus pour que nous puissions nous relever, réessayer et recommencer. &lt;br /&gt;L'apôtre Paul développe l'idée de cette force en parlant de l'équipement — de la panoplie — que Dieu met à notre disposition pour nous battre dans la vie. Et Paul souligne que nous n'avons pas à nous battre contre des personnes, mais contre ce qu'il appelle, dans son vocabulaire, des puissances, des autorités, des esprits — aujourd'hui, on dirait contre nos complexes, contre nos angoisses, nos illusions ou les idées trompeuses. &lt;br /&gt;Cette panoplie est faite de vérité, de droiture, de confiance, de salut et de Parole de Dieu. Oui, la Bible elle-même, avec tous ses récits et tous les personnages qu'elle nous présente, dont elle nous raconte des tranches de vie, est un réservoir d'expériences qui nous disent comment des hommes et des femmes ont vécu, ont été tourmentés et ont surmonté les difficultés, les épreuves que nous rencontrons dans la vie. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;On y trouve la rivalité, avec Caïn et Abel; la sauvegarde de la création avec Noé; la négociation, avec Abraham; la ruse, avec Jacob, mais aussi la réconciliation; la résilience avec Joseph, mais aussi l'abandon et la trahison; le leadership, avec Moïse, mais aussi la timidité; la résistance, avec David, mais aussi la convoitise; la justice, avec Salomon, mais aussi l'orgueil; l'amour, le désir et la trahison avec Samson et Dalila. &lt;br /&gt;Qui sera notre héros, notre modèle dans la vie ? Ceux que notre société actuelle nous propose ? Omer Simpson ou Abraham ? Shrek ou Moïse ? L'agent de Matrix ou David contre Goliath ? Quels héros voulez-vous donner à vos enfants ? Quel sera notre équipement pour affronter la vie ? &lt;br /&gt;Notre société ne semble pas préoccupée par la préparation — par beau temps — de la prochaine tempête. On semble vivre avec l'idée qu'il sera toujours assez tôt pour improviser. C'est la génération précédente qui faisait des provisions de ménage à la cave. &lt;br /&gt;Cependant, nous faisons des mises à jour des programmes de nos ordinateurs. Mais qu'en est-il de la mise à jour de notre vie spirituelle ? Où est notre force ? Notre équipement est-il à jour, est-il fonctionnel ? &lt;br /&gt;Jésus nous dit : &quot;Je vous donnerai une force&quot; je vous donne un équipement pour pouvoir vivre et surmonter les difficultés de la vie, pour vivre une vie vraie, accomplie, qui a du sens, même quand le monde semble tourner à l'envers. Voulons-nous de cette force-là ?&lt;br /&gt;Amen&lt;br /&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2011&lt;/p&gt;
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<title>Actes 2. Célébration œcuménique : Avancer vers plus d'unité dans l'Eglise.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>Christianisme</category>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Mon, 24 Jan 2011 14:08:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;23.1.2011&lt;br /&gt;Actes 2&lt;br /&gt;Célébration œcuménique : Avancer vers plus d'unité dans l'Eglise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Es 58 : 6-10,  Ac 2 : 41-47,  Mt 5 : 21-26&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Télécharger la prédication ici : &lt;a id=&quot;media-2858940&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/02/00/376484172.pdf&quot;&gt;P-2011-01-23.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chers disciples en Christ, &lt;br /&gt;Le Conseil Œcuménique des Eglises propose à notre méditation ce matin ce verset des actes : &quot;Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres et la communion, dans le partage du pain et la prière&quot; (Ac 2:42). Ce verset, cette phrase, résume, au début du livre des Actes, l'action et l'esprit de la première Eglise. &lt;br /&gt;Je ne sais pas ce que vivait vraiment la première Eglise, mais je reçois cette description plus comme un modèle à imiter pour l'avenir que comme une réalité accomplie. Luc a choisi ici de rassembler les traits qui doivent servir de modèle à toute Eglise présente ou à venir. &lt;br /&gt; En regardant ce que nous vivons aujourd'hui, au XXIe siècle, nous ne pouvons que constater que nous sommes loin du modèle. C'est ce qui m'embarrasse beaucoup avec le texte de ce matin ! Nous faisons partie de 5 ou 7 Eglises, établies sur quelques kilomètres carrés de l'Ouest lausannois et je dois parler d'un récit qui magnifie l'unité, l'unanimité, la concordance, l'entente, la communion, la plénitude de la première Eglise. &lt;br /&gt;Et nous sommes-là avec nos idées différentes, nos habitudes, nos cercles, nos institutions, nos édifices différents, chacun dans notre coin, dimanches après dimanches. Et aujourd'hui, parce c'est la semaine de l'Unité, nous sommes ensemble pour cette célébration œcuménique. &lt;br /&gt;Alors c'est bien, et nous pouvons nous réjouir d'être réuni à cette occasion. Nous pouvons ne voir que le bon côté des choses et nous concentrer sur le moment présent. J'ai quand même l'impression que ce sont nos différences et nos divisions qui sont mises en lumière, notamment notre incapacité à partager ensemble le repas du Seigneur. &lt;br /&gt;Désolé de vous transmettre mon malaise et mon embarras, mais je ne me vois pas dans le rôle de vous dire : allez, faites un effort… faites tomber quelques barrières, soyez un peu plus unis, essayez de ressembler un peu plus à cette première Eglise qui nous est dépeinte dans le livre des Actes. &lt;br /&gt;Qui suis-je pour vous faire la morale, pour vous dire faites ceci… faites cela… faites, faites, faites… &lt;br /&gt;Faites, faites, faites… c'est bien le problème de nos Eglises. Ne pensons-nous pas chacun dans notre coin : &quot;Si les autres faisaient les choses correctement — enfin, comme nous— ce serait plus facile d'être ensemble !&quot; Ne disons-nous pas &quot;Faites un pas vers nous… et alors nous pourrons…&quot; ou &quot;Changez cela… et cela nous rapprochera&quot; ?&lt;br /&gt;Actes 2:42 présente un idéal et un programme en quatre points : persévérer dans l'enseignement des apôtres et la communion, dans le partage du pain et la prière. Placé du début du livre des Actes, après la Pentecôte et le premier discours de Pierre, cet idéal désigne le but à atteindre par la communauté des croyants. Et le livre des Actes va présenter toutes les situations où cet idéal va être contré, menacé, aussi bien que progresser et avancer. &lt;br /&gt;Il y a des dissensions dans la première Eglise, Actes 15 décrit les efforts pour se mettre d'accord entre divers courants à l'intérieur de l'Eglise. Et voyez les longues discussions autour de l'admission dans la communion de l'Eglise de Corneille dans Actes 10. Peut-on admettre dans l'Eglise quelqu'un qui vient d'une autre religion, qui a eu d'autres dieux, un autre passé, d'autres pratiques, une autre éthique. Peut-on partager un repas avec lui&amp;nbsp;? Le livre des Actes nous montre l'ouverture universelle de la première Eglise, mais cette ouverture ne s'est pas faite sans réticences et sans résistances. &lt;br /&gt;Qui sommes-nous, aujourd'hui, pour mettre des barrières ? Et voyez l'ironie : ces barrières ne sont pas mises face à celui qui vient de l'extérieur, face à celui qui se convertit depuis une autre religion. Cette barrière est dressée contre des frères et des sœur chrétiens ! &lt;br /&gt;Cette vision idéale de la communauté de l'Eglise suit de peu cet appel de Pierre à ses auditeurs : &quot;Changez de comportement et recevez le baptême&quot; (Ac 2:38). &quot;Changez de comportement&quot; dit Pierre. Il appelle à un changement intérieur pour entrer dans la communion de Dieu. Pierre ne dit pas d'attendre que les autres changent ou de les faire changer pour entrer dans l'Eglise. &lt;br /&gt;Si nous voulons que l'unité progresse dans l'Eglise, le changement doit commencer par soi-même. Ce n'est pas pour rien que le texte du Sermon sur la Montagne sur la colère a été choisi pour accompagner celui d'Actes 2. Dans cet enseignement, Jésus dénonce les comportements qui rabaissent l'autre, qui le dénigrent, qui jugent. Jésus n'en veut pas. &lt;br /&gt;Jésus reprendra cela dans l'enseignement sur le jugement avec la parabole de la poutre dans l'œil. Il nous dit de ne pas nous préoccuper de la paille dans l'œil de notre voisin, mais de la poutre qui est dans le nôtre. Si nous voulons que l'unité progresse dans l'Eglise, le changement doit commencer par nous-mêmes. &lt;br /&gt;En prenant modèle sur l'Eglise idéale dépeinte dans Ac 2:42, nous pouvons reconnaître que nous avons tous besoin de l'enseignement des apôtres, d'apprendre la communion, de retrouver le sens du repas partagé et d'approfondir en nous la quête de la présence de Dieu. &lt;br /&gt;Ce n'est pas à moi de vous dire ce que vous devez faire maintenant. De mon côté, je vais voir comment avec mon Eglise, ma paroisse, nous allons pouvoir écouter l'enseignement des apôtres, vivre la communion fraternelle, prendre part aux repas communs et participer aux prières pour contribuer à construire l'unité de l'Eglise. &lt;br /&gt;Amen&lt;/p&gt;&lt;p&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2011&lt;/p&gt;
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<title>Actes 15. Quelle exigence minimale pour de déclarer chrétien ?</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Mon, 23 Aug 2010 10:49:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;o:DocumentProperties&gt; &lt;o:Template&gt;Normal&lt;/o:Template&gt; &lt;o:Revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt; &lt;o:TotalTime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt; &lt;o:Pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt; &lt;o:Words&gt;1149&lt;/o:Words&gt; &lt;o:Characters&gt;5288&lt;/o:Characters&gt; &lt;o:Lines&gt;86&lt;/o:Lines&gt; &lt;o:Paragraphs&gt;31&lt;/o:Paragraphs&gt; &lt;o:CharactersWithSpaces&gt;8046&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt; &lt;o:Version&gt;11.1282&lt;/o:Version&gt; &lt;/o:DocumentProperties&gt; &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;o:AllowPNG /&gt; &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt; &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt; &lt;w:DoNotShowRevisions /&gt; &lt;w:DoNotPrintRevisions /&gt; &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt; &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /&gt; &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt; &lt;!--StartFragment--&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; 22.8.2010&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Actes 15&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Quelle exigence minimale pour de déclarer chrétien ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Actes 15 : 1-12,&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Actes 15 : 22-31&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Télécharger la prédication &lt;a id=&quot;media-2610191&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/00/01/2034005345.pdf&quot;&gt;P-2010-8-22.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens,&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ce récit d'Actes 15 nous montre la dernière apparition du personnage de Pierre dans le livre des Actes. Il est dans la position de chef de l'Eglise de Jérusalem, au côté de Jacques, le frère de Jésus. C'est lui qui doit trancher un conflit survenu dans l'Eglise d'Antioche de Syrie (aujourd'hui Antakya en Turquie). Ce conflit survient à la suite de prédications contradictoires faites à Antioche.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Paul et Barnabbas ont développé l'Eglise d'Antioche, d'abord auprès des juifs, puis auprès des païens. Paul ne demande pas aux chrétiens d'origine païenne de suivre la Loi de Moïse comme le pratiquent les chrétiens issus du judaïsme. Mais voilà que d'autres évangélistes arrivent, qui exigent que les païens qui entrent dans l'Eglise se fassent circoncire et obéissent à l'entier de la Loi.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;On voit donc qu'il y a deux tendances dans la première Eglise. D'un côté — et principalement à Jérusalem et en Judée — une Eglise majoritairement juive qui a reconnu en Jésus le Messie, mais qui continuent à pratiquer la Torah. De l'autre côté — en Samarie, à Césarée et de plus en plus loin, en Syrie à Antioche et dans toute l'Asie mineure — des Eglises où les païens deviennent majoritaires.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La question qui se pose est de savoir si les chrétiens doivent aussi devenir juifs et pratiquer la Torah (Ac 15:5) ou s'ils peuvent être dispensés de ce fardeau trop lourd à porter (Ac 15:10).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Je rappelle que l'universalité de l'entrée dans l'Eglise est acquise depuis l'épisode de Pierre avec Corneille (Ac 10—11, voir &lt;a href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/archive/2010/08/16/et-l-eglise-devint-universelle.html&quot;&gt;prédication&lt;/a&gt; du 15.8.2010). Les apôtres de Jérusalem ont accepté que les &quot;païens&quot; avaient accès, comme les juifs, à Jésus-Christ.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La nouvelle question est plutôt de savoir : &quot;Quelle pratique doit-on avoir à l'intérieur de l'Eglise ?&quot; Les chrétiens issus des rangs des pharisiens veulent garder une stricte obéissance à la Loi de Moïse [il est intéressant de noter que des pharisiens ont adhéré au christianisme naissant, les Evangiles nous les présentent plutôt en bloc comme des endurcis imperméables à Jésus]. Les prédicateurs arrivés après coup à Antioche devaient venir de ces milieux-là. La prédication de Paul affirme, par contre, que la Loi de Moïse peut être mise de côté puisque c'est la foi et non l'obéissance qui crée le lien à Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;L'affaire est donc remontée jusqu'à Jérusalem et les apôtres doivent prendre une décision. C'est Pierre qui s'exprime en leur nom. Il va faire un compromis. Mais il ne fait pas un compromis sur la doctrine, il fait un compromis en faveur de bonnes relations.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;En effet, Pierre rappelle la doctrine, c'est-à-dire le noyau de la foi chrétienne : Dieu ne fait pas de différences entre les personnes, entre nous et les autres. Il donne son Saint-Esprit à tous. &quot;Nous sommes tous sauvés par la grâce du Seigneur Jésus&quot; (v 11) dit-il. Sur ce noyau, pas de compromis.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Cependant, les frères vont écrire une lettre avec trois exigences pour les chrétiens d'origine païenne : Abstenez-vous de l'idolâtrie, du sang et de la débauche. Quel est le statut de ces trois exigences ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Clairement, d'après ce que nous avons vu, ce n'est pas une condition pour entrer dans l'Eglise. L'Eglise est ouverte à tous, quel que soit son origine. Ce n'est pas non plus une condition de salut, puisque Pierre reconnaît et affirme que le salut vient de la grâce et non de l'obéissance. Alors qu'est-ce ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est un compromis pour maintenir la communion entre chrétiens juifs et chrétiens païens. Ce sont les égards demandés aux pagano-chrétiens pour que les judéo-chrétiens se sentent respectés. Sans ces égards, ils se sentiraient souillés, contaminés et ne pourraient pas partager la même table et surtout la table de communion.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ces trois exigences appartiennent aux lois rituelles du Lévitique et peuvent être assimilées aux exigences demandées aux étrangers qui habitent le pays d'Israël dans le Lévitique. C'est le minimum que les juifs doivent exiger des païens pour être à l'aise. Et c'est le maximum qu'on peut demander aux païens d'accepter pour ne pas se couper des juifs. C'est également une façon de marquer sa différence, sa singularité par rapport à l'extérieur de l'Eglise, c'est un signe distinctif qui rend la foi visible.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ainsi, Pierre, avec Paul, maintient que la ritualité, les prescriptions religieuses, sacrificielles, de la Loi de Moïse ne donnent aucun accès à Dieu. Mais il maintient un minimum, ces trois exigences, parce que la cohésion de l'Eglise, son unité et sa visibilité sont primordiales. Nous devons avoir des égards les uns pour les autres, quelle que soit notre origine et notre foi doit être visible.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;L'histoire — y compris les manuscrits successifs de cette lettre de Jérusalem — va montrer que ces trois interdits rituels vont perdre de leur importante au fil du temps, jusqu'à être remplacés (dans quelques manuscrits) par la règle d'Or : &quot;Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse.&quot;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ce glissement du rituel vers l'éthique s'explique par la diminution au fil du tmeps du nombre de chrétiens d'origine juive dans l'Eglise et finalement par la rupture totale avec la Synagogue. Finalement, Paul l'a emporté sur Jacques et même sur Pierre et son compromis. En effet, Paul ira jusqu'à dire qu'on peut consommer des viandes sacrifiées aux idoles, que cela n'a aucune importance, les idoles n'étant rien (1 Co 8:4). Mais il conserve toute fois une limite, celle de ne pas scandaliser les plus petits d'entre les frères (1 Co 8:9).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Alors, on peut se poser la même question aujourd'hui : quel est le minimum de pratique aujourd'hui pour pouvoir se dire chrétien ? Y a-t-il un minimum éthique — ou rituel — pour se définir comme chrétien ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La grande force de Paul a été d'abolir toute ritualité dans la quête du salut — au profit d'une liberté totale vis-à-vis du monde. La seule limite étant — à l'image du décret de Pierre — l'égard qu'on doit aux plus petits de nos frères, pour ne pas les choquer par notre exercice de la liberté.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La grande faiblesse de cette position, c'est la perte totale de visibilité des chrétiens pauliniens; aujourd'hui de nos Eglises protestantes, dans le monde. Le protestantisme d'aujourd'hui passe totalement inaperçu !&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous ne portons pas de signes distinctifs, pas d'habits particuliers. Nous n'accomplissons pas de rituels visibles, nous ne jeûnons pas de manière ostensible, nous n'avons pas de pèlerinages qui rassemblent les foules et attirent la télévision.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pourtant l'entier du monde occidental a adopté cette pratique de la liberté. Grand paradoxe de notre époque ou presque plus personne ne se déclare chrétien pratiquant, mais où l'occident a intégré au plus profond de soi la pensée paulinienne.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Alors je vous laisse avec la grande question : Comment être Eglise dans ce monde-là ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Amen&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2010&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Actes 10-11. Et L'Eglise devint universelle...</title>
<link>http://clamans.hautetfort.com/archive/2010/08/16/et-l-eglise-devint-universelle.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 10:20:00 +0200</pubDate>
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Le livre des Actes raconte l'expansion du christianisme de Jérusalem à Rome, comme l'accomplissement de l'ordre de mission donné aux disciples par les derniers mots de Jésus à l'Ascension : &quot; Vous serez mes témoins, vous parlerez de moi à Jérusalem, dans la région de Judée et de Samarie et jusqu'au bout du monde.&quot; (Ac 1:8).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous avons vu la prédication de Philippe en Samarie dimanche passé et aujourd'hui nous vivons l'entrée de l'Evangile dans le monde romain. Et bien cette entrée ne va pas de soi. Elle ne va pas de soi pour Pierre. Elle ne va pas de soi pour les apôtres et les frères restés en Judée, puisqu'ils demandent des comptes à Pierre à son retour de Césarée et que celui-ci doit raconter en détail ce qui s'est passé.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La place que prend cet épisode dans le livre des Actes, le nombre et la répétition, dans le récit même des interventions divines — visions, paroles, anges, parlé en langue, descente de l'Esprit saint — pour justifier cette ouverture, montre que la résistance, au sein de l'Eglise primitive a dû être forte.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pierre lui-même a dû se laisser convaincre. Il a cette fameuse vision de la nappe remplie d'animaux purs et impurs et dans lesquels il doit se servir pour manger. Il a une réaction d'horreur : &quot;Jamais ! Jamais je n'ai rien mangé d'impur ou d'interdit !&quot; (Ac 10:14).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Toute la vie d'un croyant juif de l'époque est construite sur la distinction du pur et de l'impur. Les païens n'en tiennent pas compte et ils sont donc souillés. Si l'on veut appartenir au peuple de Dieu, il faut distinguer ce que Dieu a déclaré pur et ce qu'il a déclaré comme interdit. C'est la base de la vie pieuse. Cela a conduit les juifs à vivre une vie séparée des autres, n'entrant pas dans les maisons des romains (c'est ainsi que les autorités juives ne voulaient pas entrer dans le palais de Ponce Pilate, Jn 18:28), partageant encore moins leurs repas — la nourriture ayant pu être consacrée aux idoles.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Dans ce contexte, Pierre a cette vision de la nappe. Le récit nous dit alors que Pierre cherche encore la signification de cette vision. Il n'en voit pas tout de suite les conséquences. C'est à ce moment de sa réflexion qu'un romain le fait chercher.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est avec six compagnons qu'il se rend chez Corneille. Entendant qu'un ange a parlé à Corneille, il ose entrer dans sa maison pour lui parler du Christ. Le lien entre la vision de la nappe et la demande de l'officier romain se fait petit à petit. Tout de vient clair lorsqu'il réalise que le Saint-Esprit est descendu sur Corneille et sa maison. Là, il voit que rien de fait plus obstacle à ce qu'il reçoive le baptême, c'est-à-dire qu'il entre dans l'Eglise, dans le peuple de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pierre ressort donc transformé de la maison de Corneille, c'est presque un récit de la conversion de Pierre&amp;nbsp;! Il y a chez lui un véritable changement de mentalité, un changement de vision du monde. Pierre passe d'un monde cloisonné où chaque peuple, où chaque ethnie, où chaque culture vit séparée l'une de l'autre (ce qu'on appelle le communautarisme aujourd'hui) à une société ouverte où chacun peut non seulement se croiser mais se rencontrer, se toucher, se rassembler et manger à la même table !&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Mais Pierre n'est pas au bout de son chemin. Il a fait son chemin personnel, mais il doit encore convaincre l'ensemble de la communauté. Avec ironie, Luc, l'auteur des Actes, montre par là que les obstacles ou les résistances au message de Dieu sont souvent plus forts à l'intérieur de l'Eglise qu'à l'extérieur. A ce moment-là (mais est-ce seulement à ce moment-là ?) l'Eglise n'a pas tellement envie de devenir universelle. L'Eglise n'a pas tellement envie de changer, de s'ouvrir.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pierre va donc reraconter tout le parcours, sa vision, celle de Corneille, la rencontre, la descente du Saint-Esprit et le baptême à ceux qui doutent du chemin qu'il a pris. Et c'est comme si Pierre disait : moi aussi je ne voulais pas aller par ce chemin, moi aussi je suis le premier surpris, mais je n'ai rien pu faire, la volonté de Dieu s'est imposée à moi, les signes étaient là. Comment pourrais-je résister à la voix du ciel qui me disait : &quot;Ne considère pas comme impur ce que Dieu a déclaré pur.&quot; (Ac 11:9). Et Pierre de conclure son plaidoyer : &quot;Qui étais-je donc pour m'opposer à Dieu.&quot; (Ac 11:17).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Les apôtres et les autres membres de l 'Eglise se rangent alors derrière Pierre. L'Eglise peut devenir universelle. Les barrières sont tombées.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pour nous aujourd'hui cela paraît tout naturel, normal. Mais pour l'Eglise d'alors, cette position de Pierre est comparable à la demande d'un politicien suisse d'offrir le passeport suisse à toute personne qui en ferait la demande, sans autre condition que de prononcer la phrase : &quot;J'aime la Suisse et je respecterai ses lois.&quot; Vous percevez les réactions que cela entraînerait ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;&quot;Ne considère pas comme impur ce que Dieu a déclaré pur.&quot; (Ac 11:9). Cette phrase a façonné le christianisme et n'a pas fini de déployer ses effets. Elle est un défi pour tous les chrétiens et elle est un défi pour toutes les autres religions.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Cette phrase signifie d'abord l'abolition de toutes les barrières entre les humains. C'est l'abolition de toutes les discriminations entre humains et comme telle à la source de la Déclaration universelle des droits humains qui déclare que toute personne a des droits &quot;sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.&quot; (Article 2).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Cela nous interroge sur les barrières que nous maintenons en place dans l'Eglise ou dans la société. Plus important pour nous aujourd'hui — en tant qu'Eglise — cela nous rappelle que cette abolition des barrières est voulue par Dieu lui-même, ce qui signifie que nous ne devons pas, que nous ne pouvons plus ériger des barrières au nom de Dieu, au nom du culte ou au nom de la religion.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est un véritable défi pour notre XXIe siècle qui voudrait que chacun vive chez soi et qu'on ne mélange pas les communautés différentes ! Pour rester fidèles, apprenons à faire tomber toutes les barrières.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Amen&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2010&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Actes 8. Même imparfaite, l'Eglise reçoit le don du Saint-Esprit.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 09:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Actes 8.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;8.8.2010&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Même imparfaite, l'Eglise reçoit le don du Saint-Esprit.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Actes 8 : 4-25&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Télécharger la prédication : &lt;a id=&quot;media-2593863&quot; name=&quot;media-2593863&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/01/00/425390092.pdf&quot;&gt;P-2010-8-8.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens,&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous poursuivons notre parcours en suivant l'apôtre Pierre dans le livre des Actes des Apôtres. Dans ce chapitre 8, nous voyons Pierre venir en Samarie pour confirmer le travail de Philippe. Pour comprendre ce voyage de Pierre, il faut revenir un peu en arrière.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Les Douze apôtres ont reçu, comme première mission, d'annoncer le Christ à Jérusalem. Comme nous l'avons vu dimanche passé, ils ont rapidement été mis en difficulté par les autorités : ils se sont vu interdire de parole au Temple et à Jérusalem. Malgré cela, ils prêchent et la situation s'envenime jusqu'à la lapidation d'Etienne (Ac 7). Une persécution sévère s'en suit qui force les croyants à fuir Jérusalem. Ils se dispersent dans les campagnes avoisinantes, en Judée et en Samarie.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Et là, ils ne purent s'empêcher de parler de leur foi… C'est là qu'on retrouve Philippe en Samarie. L'évangélisation de la Samarie n'a pas été une décision stratégique des Douze. C'est une conséquence imprévue des persécutions. L'auteur des Actes — Luc — nous montre ainsi que l'avance de l'Evangile dépend davantage de Dieu que des décisions des Apôtres. Il montre comment ce qui apparaît au premier regard comme un malheur et un échec peuvent devenir une opportunité et une chance.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ainsi, Philippe arrive en Samarie et annonce la bonne nouvelle, par la parole et par des signes, qui sont semblables à ceux réalisés par Jésus pendant son ministère. Mais Philippe n'arrive pas sur un terrain en friche, il est déjà occupé par Simon le magicien, qui est aussi capable de faire des miracles. Les foules sont fascinées par les miracles de Simon. Elles voient en lui quelqu'un qui détient une puissance divine, une grande puissance.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Voilà deux homme qui font des miracles — face à face. Le Christianisme se voit confronté au sacré et au religieux. Qu'est-ce qui va faire la différence ? Qu'est-ce qui différencie les miracles de Philippe de ceux de Simon ? Le texte nous dit que Simon s'annonce lui-même, comme grand, alors que Philippe annonce le Royaume de Dieu et le Christ.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Il se passe alors que les gens de Samarie s'attachent au message de Philippe, ils croient et se font baptiser. Et Simon suit le mouvement. Il croit et se fait baptiser. Et le texte nous dit que Simon s'attache à Philippe et qu'il est à son tour fasciné par Philippe. Par ces mots, le texte ne dénigre pas la foi de Simon, mais révèle la fissure de sa personnalité. A quoi est-il vraiment attaché ? Au Christ et à sa Parole ou à Philippe et à ses prodiges ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Les deux personnalités sont en concurrence, leurs portraits sont presque dessinés en miroir. Qui est du bon côté ? L'arrivée de Pierre et Jean — émissaires de Jérusalem — va clarifier les choses.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pierre est détenteur de l'autorité de Douze et il intervient — en quelque sorte — pour valider après coup le travail d'évangélisation que les circonstances ont mises en route. Cependant, il ne faut pas survaloriser cette autorité de Pierre, ce n'est pas un pouvoir en propre, qui lui appartient. Il n'est que le vecteur, le médiateur, l'intermédiaire d'une force qui vient directement de Dieu. C'est ce qui ressort de sa confrontation avec Simon le magicien.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Lorsque Pierre et Jean arrivent en Samarie, ils voient les nouveaux croyants, les nouveaux baptisés. C'est alors qu'ils prient pour qu'ils reçoivent le Saint-Esprit. Ensuite seulement, Pierre et Jean leur imposent les mains et ils reçoivent l'Esprit saint. Ce temps de prière est important. C'est le temps de la reconnaissance que l'Esprit saint n'appartient qu'à Dieu et que Dieu seul décide quand, où, à qui et par qui il le donne. Les apôtres ne sont que des vecteurs, des médiateurs, des intermédiaires.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est ce que Simon le magicien n'a pas compris. Cette fissure en lui — le désir de posséder le pouvoir — se rouvre en lui. D'où sa demande à Pierre et le refus outré de celui-ci. Pierre rappelle alors à Simon et par là à toute l'Eglise, que l'Esprit saint est un don, il se reçoit et ne se possède pas.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est la liberté de Dieu de le répandre là où il veut. Ici le Saint-Esprit est donné après le baptême, mais dans l'épisode de Corneille (Actes 10) il est donné avant le baptême.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ce récit est un rappel de l'entière liberté de Dieu, mais cette liberté de Dieu est entièrement tournée vers son Eglise et vers les croyants. C'est lui qui transforme les malheurs et les échecs pour en faire des occasions de témoignage et de conversion. C'est lui qui porte son Eglise et transforme le cœur des gens.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Mais le récit nous met également en garde contre l'illusion d'une Eglise pure, idyllique, sans faille. L'Eglise est composée d'hommes et de femmes avec chacun leurs fissures et leurs ombres. Mais c'est cette Eglise tout de même qui reçoit l'Esprit saint.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Dans un livre des Actes qui dépeint la naissance de l'Eglise d'une manière souvent idéale — des milliers de convertis, un groupe qui partage tous ses biens, une communauté de vie — Luc ne manque pas de relever que l'Eglise, toute bénie qu'elle soit, reste composée d'êtres humains faillibles et pécheurs. C'est cette Eglise défaillante que Dieu relève et que Jésus sauve.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;L'Eglise n'a donc pas pour tâche de viser la pureté, mais elle a une tâche de vigilance pour rester un vecteur, un médiateur, un intermédiaire pour transmettre la grâce de Dieu et ne pas prétendre à la possession de cette grâce.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La différence significative entre les apôtres et Simon se trouve dans le fait que ce dernier se prêchait lui-même, alors que les apôtres annoncent l'Autre, le Tout-Autre, qui s'est fait connaître dans le Christ et qu'ils se mettent à son service.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Bien sûr, il reste toujours difficile — aujourd'hui encore — de se mettre au service du Christ, de choisir l'obéissance à l'Evangile. C'est là pourtant que se trouvent le salut et la joie!&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Amen&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2010&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;
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<title>Actes 4. Obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.</title>
<link>http://clamans.hautetfort.com/archive/2010/08/04/obeir-a-dieu-plutot-qu-aux-hommes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 09:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;o:DocumentProperties&gt; &lt;o:Template&gt;Normal&lt;/o:Template&gt; &lt;o:Revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt; &lt;o:TotalTime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt; &lt;o:Pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt; &lt;o:Words&gt;1052&lt;/o:Words&gt; &lt;o:Characters&gt;4842&lt;/o:Characters&gt; &lt;o:Lines&gt;82&lt;/o:Lines&gt; &lt;o:Paragraphs&gt;29&lt;/o:Paragraphs&gt; &lt;o:CharactersWithSpaces&gt;7368&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt; &lt;o:Version&gt;11.1282&lt;/o:Version&gt; &lt;/o:DocumentProperties&gt; &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;o:AllowPNG /&gt; &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt; &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt; &lt;w:DoNotShowRevisions /&gt; &lt;w:DoNotPrintRevisions /&gt; &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt; &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /&gt; &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt; &lt;!--StartFragment--&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Actes 4.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;1er août 2010&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Actes 4 : 1-12,  Actes 4 : 13-21.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Télécharger la prédication : &lt;a id=&quot;media-2586209&quot; name=&quot;media-2586209&quot; href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/00/00/340431485.pdf&quot;&gt;P-2010-8-1.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens,&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous avons choisi — comme thème de prédications de l'été — de vous parler de l'apôtre Pierre. Ma collègue vous a fait découvrir ce personnage dans les Evangiles et je vais continuer avec le livre des Actes des Apôtres. Le livre des Actes des Apôtres pourrait presque s'appeler les Actes de Pierre et Paul. Ils en sont les principaux héros. Pierre dans les chapitres 1 à 15 et Paul dans les chapitres 13 à 26, avec l'inclusion de sa conversion au chapitre 9. Pierre et Paul se rencontrent lors du Concile de Jérusalem, dont je vous parlerai le 22 août.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ainsi, peu à peu, Paul supplante Pierre dans la construction du christianisme et du Nouveau Testament. Mais Pierre reste le premier des disciples, dans le temps, dans son parcours avec Jésus et dans la fondation de l'Eglise de Jérusalem.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;C'est lui qui prêche directement après la Pentecôte. Il enseigne dans le Temple — avec Jean. Et il guérit l'infirme qui siège devant la Belle-Porte (Ac 3). C'est cet épisode de guérison qui est à la base du premier conflit avec les autorités du Temple et qui nous est exposé dans ce chapitre 4.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Luc fait ici preuve de son talent littéraire, dans sa façon de raconter l'épisode et de nous faire comprendre beaucoup de choses sur Pierre comme &quot;entre les lignes.&quot; Luc utilise le timing de l'épisode qui nous intéresse. Rappelons l'horaire de ce conflit : Pierre prêche au Temple pendant la journée. Les autorités réagissent et arrêtent Pierre et Jean dans la soirée. Les apôtres passent la nuit en prison. Ils comparaissent le lendemain matin devant le Conseil. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Par cet horaire, Luc fait un parallèle entre la Passion de Jésus et ce premier conflit. On y voit une sorte de &lt;em&gt;remake&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;du procès de Jésus. C'est ainsi que s'accomplissent les annonces de persécutions que Jésus a faites à ses disciples. Luc souligne ainsi la communauté de destin entre les disciples et Jésus. Voyons cela dans le détail.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Jésus avait annoncé à ses disciples : &quot;&lt;span class=&quot;versetv11&quot;&gt;Quand on vous conduira pour être jugés dans les synagogues, ou devant les dirigeants ou les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous aurez à dire,&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;versetv12&quot;&gt;car le Saint-Esprit vous enseignera à ce moment-là ce que vous devez exprimer.&lt;/span&gt;&quot; (Luc 12:11-12, voir aussi Luc 21:15).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Et voici que Pierre — dont on se souvient la peur, voire la lâcheté, devant la servante pendant le procès de Jésus — Pierre est maintenant plein d'assurance. Il s'exprime, au grand étonnement de l'assemblée, avec clarté et avec des arguments qui font mouche, alors que les grands-prêtres pensent avoir à faire à des gens simples et sans instruction.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Luc dit clairement d'où vient cette audace et cette assurance : &quot;Pierre était rempli du Saint-Esprit&quot; (v. 8). Ainsi, les promesses de Jésus s'accomplissent. Le Pierre du reniement d'avant la croix et la résurrection a été transformé et cette transformation vient de l'Esprit-Saint, l'Esprit de Jésus qui habite maintenant les disciples.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Un autre &quot;trait de caractère&quot; de l'apôtre mis en évidence par Luc est l'honnêteté. Les autorités du Temple demandent à Pierre et aux disciples de ne plus parler de Jésus au Temple. Là, Pierre joue l'honnêteté, il joue cartes sur table : ce ne sera pas possible, &quot;nous ne pouvons par renoncer à parler de ce que nous avons vu et entendu&quot; (v. 20). Ce n'est pas de la contestation, ce n'est pas de la provocation, c'est juste un positionnement, une affirmation, un fait. Ce positionnement est ancré dans la certitude &quot;qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes&quot; (v. 19).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Affirmation si évidente, mais affirmation si problématique.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Affirmation évidente pour le sanhédrin, mais problématique pour le sanhédrin vis-à-vis des prédicateurs de Jésus. Affirmation évidente aujourd'hui face aux violations des droits humains, mais affirmation problématique pour nous aujourd'hui lorsque ce sont les musulmans qui la prononcent pour obtenir des dérogations à nos lois.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Affirmation problématique un 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; août où nous mettons justement en avant notre pays et nos lois. Qu'est-ce qui justifie cette phrase dans la bouche de Pierre. Qu'est-ce qui la rend acceptable dans la pratique — puisqu'il est difficile de la contester dans l'absolu ?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Comment concilier : Dieu est au-dessus de nos lois, fussent-elles démocratiques, et : Tout le monde doit se soumettre aux lois et aux principes de la démocratie ? Je pense qu'on peut trouver quelques pistes dans le comportement de Pierre.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Premièrement, Pierre demande juste une liberté, un droit à la liberté d'expression. Il faut distinguer le &quot;droit-liberté&quot; du &quot;droit-créance&quot;. Le &quot;droit-créance&quot; demande une action, une prestation de la part du pouvoir. Le droit au travail, le droit au logement sont des &quot;droits-créances&quot;. Les &quot;droits-liberté&quot; demandent une abstention de la part du pouvoir : s'abstenir d'empêcher ou de réprimer. La liberté d'expression que demande Pierre ne demande pas de prestation, juste de ne pas être empêché de parler.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Deuxièmement, cette liberté d'expression n'est pas contraignante pour les autres, elle n'oblige pas à rester pour écouter. Chacun reste libre d'adhérer ou pas au message de Pierre.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Troisièmement, les apôtres sont prêts à assumer les conséquences et les inconvénients de leurs discours ou de leur opposition à l'autorité. Ils sont prêts au martyre. C'est une résistance non-violente et non-agressive.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Quatrièmement, Pierre ne définit pas un contenu précis à ce que Dieu demande. Il ne revendique pas cette obéissance sur des cas particuliers, un comportement, un rite ou une coutume; et il ne cherche pas à imposer cette volonté à d'autres. Il demande un espace de liberté dans l'espace public.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Ce conflit entre autorités religieuses et Pierre persiste encore aujourd'hui entre les autorités civiles et les demandes religieuses, entre la pensée dominante et les courants minoritaires. Le partage n'est pas facile à faire, nous le voyons souvent dans nos journaux.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Rappelons-nous que la pratique du Christianisme (dans son essence), à la suite de Jésus, a toujours été de chercher des voies d'ouverture et de non-violence où le chrétien renonce à son droit plutôt que de devenir intolérant.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Amen&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2010&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;
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<title>Actes 10. Le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Tue, 20 Apr 2010 10:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;4.4.2010&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times;&quot;&gt;Télécharger en pdf : &lt;a href=&quot;http://clamans.hautetfort.com/media/02/02/453670777.pdf&quot; id=&quot;media-2481440&quot; name=&quot;media-2481440&quot;&gt;P-2010-4-4.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Luc 24:1-10, Actes 10: 34-45 &lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;o:DocumentProperties&gt; &lt;o:Template&gt;Normal&lt;/o:Template&gt; &lt;o:Revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt; &lt;o:TotalTime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt; &lt;o:Pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt; &lt;o:Words&gt;658&lt;/o:Words&gt; &lt;o:Characters&gt;3752&lt;/o:Characters&gt; &lt;o:Lines&gt;31&lt;/o:Lines&gt; &lt;o:Paragraphs&gt;7&lt;/o:Paragraphs&gt; &lt;o:CharactersWithSpaces&gt;4607&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt; &lt;o:Version&gt;11.1282&lt;/o:Version&gt; &lt;/o:DocumentProperties&gt; &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;o:AllowPNG /&gt; &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt; &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt; &lt;w:DoNotShowRevisions /&gt; &lt;w:DoNotPrintRevisions /&gt; &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt; &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt; &lt;w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /&gt; &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt; &lt;!--StartFragment--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Chères paroissiennes, chers paroissiens,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Pâques, la fête de la résurrection ! C'est la fête que nous commémorons tous les dimanches : premier jour de la semaine où les femmes sont allées au tombeau après le sabbat, jour de repos qui clôt la semaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La résurrection — pierre angulaire de la foi chrétienne— est pourtant si mystérieuse, tellement inexplicable. Résurrection, pierre d'achoppement pour nombre de nos contemporains et — osons le dire — très souvent pour nous aussi. Comment dire l'impossible, l'inédit, l'indicible ? Comment croire sans comprendre, sans explication ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous vivons dans une société rationnelle et scientifique. Tout doit trouver sa description et son explication. Et c'est bien. Mais la résurrection échappe à cela. Déjà, les évangiles se dérobent ou, à choix, préservent le mystère.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Les textes, dans les quatre évangiles, passent du dépôt du corps de Jésus au tombeau le vendredi soir, à la découverte du tombeau vide le dimanche matin par les femmes. Entre deux : rien. Pas une ligne, pas un mot. Un blanc, un vide, un silence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Le mystère de Pâques ne se trouve donc pas là. Ne répétons pas le geste de la femme de Lot de regarder en arrière (Gn 19:26). Il n'y a rien en arrière, tout est en avant, devant soi et là il y a beaucoup de choses. C'est bien ce que disent les anges : &quot;Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?&quot; (Lc 24:5).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Tout est en avant, devant soi. Et les femmes le comprennent : elles quittent le tombeau pour aller porter la nouvelle aux disciples. Les femmes sont les premiers témoins de la bonne nouvelle. Aujourd'hui, cela sonne comme normal. Mais c'est inouï, incroyable, c'est comme si on nous annonçait qu'il y avait sept femmes au Conseil fédéral !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Le premier miracle de Pâques, c'est que Dieu choisit ce qui ne comptait pour rien dans la société (excusez-moi Mesdames) pour annoncer la nouvelle la plus important de toute l'histoire de l'univers ! D'ailleurs les disciples ne croient pas les femmes. Dieu fait confiance à ces femmes, mais pas les disciples. C'est toute l'histoire de Dieu avec le genre humain. Le manque de foi dans l'action de Dieu pour nous ! Nous sommes incrédules, nous ne croyons pas à la force transformatrice de Dieu, à sa puissance de renouveau, de résurrection&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Cela arrive à nouveau dans les Actes, dans le récit que nous venons d'entendre. L'Eglise était alors composée des disciples et des juifs qui reconnaissaient Jésus comme le Messie. Pierre s'occupe de cette communauté. Ils ont l'air bien ensemble — entre eux. Ça marche… Mais Dieu a plus d'ambition, le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple. D'autres barrières doivent tomber et Dieu manifeste son Saint Esprit à Pierre pour qu'il s'ouvre aux autres peuples de la terre, les grecs, les romains, tous les non-juifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La puissance de la résurrection, c'est que le message de Dieu n'est pas là pour garantir notre façon de penser, mais pour élargir nos pensées à la dimension de celles de Dieu. Et Dieu pense large, Dieu voit grand.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Sous la poussée de l'Esprit Saint, sous la pression de Dieu, Pierre découvre que Dieu ne fait pas de différence entre les humains. Dieu n'est pas partial. Dieu n'est pas communautariste. Dieu est universel et entretient le même rapport d'amour avec tous les humains, sur toute la terre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;La puissance de la résurrection ne se voit pas en se retournant pour savoir ce qui s'est passé entre samedi et dimanche, mais en regardant ce qui a été transformé dans les jours qui suivent :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;- des femmes sont chargées — en premier — de témoigner de la puissance de Dieu,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;- des disciples sont amenés à laisser tomber leurs œillères et à élargir leur vision de l'amour de Dieu,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;- des hommes et des femmes se mettent au service de Dieu pour annoncer et vivre cette égalité de tous en partageant des repas et des célébrations ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous ne savons pas ce qui s'est passé dans la nuit de Pâques, mais nous voyons que cela a changé la face du monde. Nous voyons aussi que tout n'est pas accompli, il y a encore trop de barrières qui ne sont pas tombées. Il y a encore besoin de témoins de la puissance de Dieu dans le monde. Comme ces femmes, comme Pierre, comme tous ces croyants qui nous ont précédés, nous avons un trésor, des valeurs à partager.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Nous avons surtout l'assurance que la puissance de Dieu nous précède sur ce chemin. Il a ouvert le tombeau, il ouvre le chemin, il ouvre les cœurs. Acceptons que Dieu fait tomber toutes les barrières au matin de Pâques et qu'un chemin de fraternité avec tous s'ouvre devant nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;Amen&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Prdication&quot;&gt;© Jean-Marie Thévoz, 2010&lt;/p&gt; &lt;!--EndFragment--&gt; 
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<title>Actes 1. Ascension. Jésus passe le relais, nous sommes ses témoins.</title>
<link>http://clamans.hautetfort.com/archive/2009/05/26/ascension-jesus-passe-le-relais-nous-sommes-ses-temoins.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Tue, 26 May 2009 16:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Actes 1&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 21.5.2009&lt;br /&gt; Ascension. Jésus passe le relais, nous sommes ses témoins.&lt;br /&gt; Luc 24 : 41b-53&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ac 1 : 1-4&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Chères paroissiennes, chers paroissiens, chers JP,&lt;br /&gt; Nous avons entendu le récit de l'Ascension tel que nous le raconte l'Evangéliste Luc, à la fin de son Evangile et au début du livre des Actes. Luc a fait de l'Ascension l'élément charnière entre ses deux livres, le récit de la vie de Jésus et le récit de la vie de l'Eglise commençante.&lt;br /&gt; Luc est un écrivain doué qui sait mettre en scène les personnages et les événements pour faire ressortir le sens et les perspectives théologiques. Dans le récit de l'Ascension, Luc reprend une affirmation de foi des apôtres et témoins du Christ : &quot;le Christ a été élevé au-dessus de tout (Ph 2:9), il a été glorifié (Jn 12:23) et il est maintenant assis à la droite de Dieu (Luc 22:69)&quot; et il la met en récit visuel, devant les yeux des disciples.&lt;br /&gt; Il nous montre en quelque sorte Jésus rejoindre le monde de Dieu, représenté par le ciel et la nuée. Il nous rend visible, compréhensible, une vérité théologique. Mais plus important que de voir cela, c'est de comprendre le sens de cet événement. En plaçant l'Ascension à la charnière de l'Evangile et des Actes, Luc nous transmet plusieurs messages.&lt;br /&gt; Dans l'Evangile, l'épisode entourant l'Ascension est raconté comme une scène d'adieu. Jésus se sépare de ses disciples, il les enseigne une dernière fois, il leur ouvre l'intelligence pour qu'ils comprennent les Ecritures; il leur promet l'Esprit saint; il les bénit et s'en va. Jésus est actif et les disciples sont passifs, ils reçoivent l'enseignement, la promesse et la bénédiction. Et si l'on devait mettre en film la dernière image des disciples louant Dieu dans le Temple, on pourrait en faire une vue aérienne, comme si Jésus regardait ses disciples depuis le ciel.&lt;br /&gt; Dans le livre des Actes, Luc change la perspective (je vous avais dit que Luc était un écrivain doué). Luc commence par faire un petit résumé qui reprend — avec d'autres mots — les événements qui terminent l'Evangile, rappelant le temps (40 jours) entre la Résurrection et l'Ascension.&lt;br /&gt; Luc expose que le temps de Jésus était celui du baptême d'eau et que vient le temps du baptême de l'Esprit qui viendra &quot;dans peu de jours&quot; (à la Pentecôte) (Ac 1:5). Ensuite, les disciples questionnent Jésus sur l'établissement du Royaume d'Israël, qu'ils confondent encore avec le Royaume de Dieu dont parle Jésus. Alors Jésus les investit de leur mission : être témoin à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre (Ac 1:8). Après cela, Jésus est élevé et caché aux yeux des disciples. En cinéma, ce serait une vue du sol vers le ciel.&lt;br /&gt; Dans cette scène on a vu des disciples actifs à questionner Jésus et investis d'une mission et un départ vu du point de vue de ceux qui restent.&lt;br /&gt; Voilà, Jésus est parti ! Qu'en penser et que faire ?&lt;br /&gt; Ce départ, cette ascension est bien différente du départ que les disciples ont déjà vécus lors de la mort de Jésus sur la croix. Ce départ n'est pas un abandon, une séparation douloureuse. Ce départ est préparé, les disciples ont reçu des instructions. Ce départ est préparé, les disciples ont reçu une mission. Ce départ est préparé, les disciples ont reçu une promesse.&lt;br /&gt; Les disciples vont recevoir l'Esprit saint, qui est la nouvelle forme de présence de Jésus, de Dieu en nous. Les disciples ont reçu une mission : ce sont eux, c'est nous qui sommes à présent les relais de la présence de Jésus. Nous sommes les témoins du message de Jésus. L'absence de Jésus &quot;comme avant&quot; est remplacée par une nouvelle forme de présence, par l'Esprit saint et par la communauté.&lt;br /&gt; « En s'effaçant du monde, le Ressuscité ouvre un espace dans lequel la communauté des croyants concrétisera la présence cachée du Christ »* Jésus passe le relais. Nous sommes ses témoins. Et ce message est destiné à la terre entière ! Comme un caillou qu'on jette dans l'eau fait des vagues concentriques qui s'étendent à toute la surface de l'eau, le message de Jésus est destiné à la terre entière et nous en sommes les messagers aujourd'hui.&lt;br /&gt; Les disciples ont apporté le message de Jésus dans tout l'empire romain, à travers le réseau de synagogues qui s'étendait dans tout l'empire. Le message a traversé les siècles, deux millénaires, jusqu'à nous. Une chaîne ininterrompue de témoins va des premiers disciples jusqu'à nous.&lt;br /&gt; Nous avons la responsabilité d'être à notre tour les témoins de Jésus auprès des humains de notre temps. Quelques jeunes de notre paroisse vivent ce culte avec nous avant de partir pour Taizé, y passer quatre jours.&lt;br /&gt; Vous les JP (jeunes paroissiens), vous avez reçu notre témoignage, vous avez reçu le Christ en vous et vous recevez aussi — comme cette communauté paroissiale toute entière — cette mission de témoigner du Christ et de sa vie.&lt;br /&gt; Les disciples se réunissaient pour prier dans une maison de Jérusalem, pour se ressourcer et prendre des forces pour se préparer à évangéliser la terre. Ils étaient onze disciples avec quelques autres personnes, des hommes et des femmes, comme vous êtes onze JP ce matin, avec quelques hommes et femmes de notre paroisse pour prier et louer Dieu.&lt;br /&gt; Nous allons aller nous ressourcer à Taizé pour que la Parole et l'Esprit de Jésus nous habitent et que nous puissions témoigner de cette vie en nous. Nous avons besoin de la prière et du soutien de toute la communauté de l'Eglise pour que l'Evangile — la bonne nouvelle — de Jésus continue d'être annoncée et vécue dans notre paroisse, dans notre pays et dans le monde.&lt;br /&gt; Le départ de Jésus à l'Ascension n'est pas un abandon, n'est pas un affaiblissement, il est le transfert de la responsabilité de la mission à tous les croyants. Assumons avec joie cette responsabilité, Jésus nous en promet la force par son Esprit.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Amen&lt;br /&gt; * Daniel Marguerat, Les Actes des Apôtres (1—12), Commentaires du Nouveau Testament, Labor et Fides, Genève, 2007, p. 51&lt;br /&gt; © Jean-Marie Thévoz, 2009&lt;/p&gt; 
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<title>Actes 28. L'apôtre Paul (IV) La surprenante fin du livre des Actes</title>
<link>http://clamans.hautetfort.com/archive/2007/07/09/l-apotre-paul-iv-la-surprenante-fin-du-livre-des-actes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Jean-Marie Thévoz)</author>
<category>o) Actes</category>
<pubDate>Mon, 09 Jul 2007 17:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Actes 28&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27.7.2003&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'apôtre Paul (IV) La surprenante fin du livre des Actes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ac 26:19-32&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Luc 21:12-19&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ac 28:30-31&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Chers amis,&lt;br /&gt; Nous arrivons au dernier épisode de la vie de Paul que j'avais entrepris de vous faire découvrir ou approfondir. C'est dans le livre des Actes des Apôtres, rédigé par Luc, l'évangéliste, que nous trouvons le plus d'éléments biographiques sur la vie de l'apôtre. On peut même dire que l'apôtre Paul devient le personnage principal, central des actes, dès le chapitre 13 jusqu'à la fin du livre au chapitre 28. Plus on avance dans ce livre, plus les récits et les discours sont détaillés. Luc est même le témoin direct de certains événements puisqu'il nous les raconte en &quot;nous.&quot;&lt;br /&gt; Mais revenons à la vie de Paul. Nous retrouvons Paul à 52 ans, il est en train de revenir pour la troisième fois à Jérusalem. Il est porteur de la collecte des Eglises de Grèce et d'Asie mineure pour la communauté de Jérusalem et de Judée, un geste de solidarité entre les Eglises.&lt;br /&gt; Il semble que l'Eglise de Jérusalem vive en assez bonne harmonie avec les autorités juives. L'Eglise chrétienne est un mouvement sectaire assez marginal pour être tolérée jusque dans le Temple, puisque cette jeune Eglise continue d'obéir à la Loi de Moïse.&lt;br /&gt; Lorsque Paul, à Jérusalem, se rend au Temple, par contre, cela crée du grabuge. Il est perçu comme un adversaire, presque comme un païen. Cela provoque tant de désordre — Paul est accusé d'avoir fait entrer un grec dans l'enceinte réservée aux juifs — que la garnison romaine doit intervenir en force. Les romains arrachent Paul aux émeutiers qui étaient près de le lyncher.&lt;br /&gt; Le commandant de la garnison, Claude Lysias, pense régler le problème en faisant fouetter Paul. Cela devrait d'un côté calmer la vindicte populaire et de l'autre calmer le fauteur de trouble, pense-t-il. Mais Paul fait savoir au commandant qu'il est citoyen romain et donc qu'il a droit à un véritable procès !&lt;br /&gt; La machine judiciaire se met en marche... mais lentement. Paul sera transféré de Jérusalem à Césarée de Philippe — sous forte escorte, car le commandant est averti qu'un groupe veut profiter du transfert pour assassiner Paul.&lt;br /&gt; A Césarée, il y aura plusieurs confrontations entre Paul et ses accusateurs sous la direction de Félix le gouverneur de Palestine, puis de Porcius Festus son successeur. Pour éviter d'être renvoyé à Jérusalem pour son procès, Paul utilise ce que j'ai appelé son &quot;joker&quot; dimanche passé, à savoir une prérogative des citoyens romains dans les affaires qui peuvent conduire à la peine de mort : l'appel à l'empereur, c'est-à-dire le droit d'être jugé à Rome.&lt;br /&gt; Deux ans de procédures s'écoulent entre l'arrestation à Jérusalem et le départ pour Rome ! (Deux ans de captivité où Paul va écrire certaines de ses lettres). Le voyage de Césarée à Rome va prendre quelques 6 mois à cause des conditions météo : une tempête, un naufrage, puis un hivernage à Malte qui retardent l'avancée des prisonniers et de leurs gardiens. Finalement, Paul est à Rome, &quot;assigné à résidence&quot; dirait-on aujourd'hui, il doit rester à Rome sous la surveillance d'un gardien. Et le livre des Actes se termine sur ces mots :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Paul demeura deux années entières dans le logement qu'il avait loué. Il y recevait tous ceux qui venaient le voir. Il prêchait le Royaume de Dieu et enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec pleine assurance et librement.&quot; (Ac 28:30-31)&lt;br /&gt; Cette fin me surprend beaucoup ! Car ce n'est pas un fin. Comment se fait-il que Luc ne raconte pas la mort de Paul ? Voilà qui achèverait logiquement et presque triomphalement la biographie de Paul. L'apôtre mourant martyr de la foi sous le glaive romain ! Car il existe des écrits ultérieurs qui nous racontent — dans les Actes de Paul — la rencontre entre l'empereur Néron et Paul et son exécution, la tête tranchée.&lt;br /&gt; Ce n'est pas un question de chronologie, car Luc finira de rédiger le livre des Actes et son évangile dix ou quinze ans au moins après la mort de Paul. Luc ne pouvait pas ne rien savoir de la mort de Paul après avoir fait avec lui le voyage de Césarée à Rome !&lt;br /&gt; Je vais émettre une hypothèse personnelle : Luc n'est pas intéressé par la mort de Paul, même s'il en a fait le héros de son livre : les Actes des Apôtres. Voici quelques arguments qui plaident en faveur de cette hypothèse :&lt;br /&gt; 1) Luc s'est donné pour but de présenter une histoire du développement de l'Eglise, une histoire de l'évangélisation du monde. L'arrivée de Paul à Rome manifeste que l'Evangile est arrivé jusqu'au centre du monde (de l'époque), la tâche est accomplie. La mort de Paul n'ajouterait rien.&lt;br /&gt; 2) Luc souhaite présenter une histoire du salut ouverte sur l'avenir, et une histoire qui dépasse les histoires individuelles des témoins. Même si Paul &quot;monopolise&quot; 60% du texte des Actes, ce qui prime n'est pas son histoire personnelle, mais la progression de la bonne nouvelle. Finir sur la mort de Paul serait finir sur un obstacle, un coup de frein.&lt;br /&gt; Je risque encore une idée plus audacieuse : les histoires qui circulent sur la mort de Paul sont fausses aux yeux de Luc. Il suffit de lire le martyr de Paul dans les Actes de Paul pour y voir tout le merveilleux surajouté, notamment son entretien avec Néron.&lt;br /&gt; En fait ce qui importe à Luc dans tout le récit des Actes, c'est de montrer que Paul témoigne en toutes circonstances, devant les petits comme devant les grands (Ac 26:22) réalisant et mettant en pratique les paroles de Jésus que Luc rapporte dans son évangile:&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;... on vous arrêtera, on vous persécutera, on vous livrera pour être jugés dans les synagogues et l'on vous mettra en prison; on vous fera comparaître devant des rois et des dirigeants à cause de moi. Ce sera pour vous l'occasion d'apporter votre témoignage à mon sujet.&quot; (Lc 21:12-13)&lt;br /&gt; Dans les Actes, Luc met en scène Paul témoignant ou comparaissant devant quatre groupes ayant autorité et devant sept hauts personnages. S'il avait été vrai que Paul avait comparu devant Néron, Luc n'aurait pas manqué de l'ajouter à sa liste !&lt;br /&gt; Ce qui importe à Luc dans sa présentation de Paul, c'est de montrer à quel point il est un témoin et que tous les événements qui surgissent dans sa vie sont des occasions de témoignage. Dans la vie de Paul — et par extension pour Luc, dans la vie de toute personne qui répond à l'appel de Jésus-Christ — toutes les circonstances de la vie sont transformées par la foi. Suivre Jésus, vivre &quot;en Christ&quot; comme le dit l'apôtre Paul, conduit à une transformation de la vie courante, de la vie banale, en une aventure, une aventure relationnelle qui débouche sur la vie et non sur la mort.&lt;br /&gt; Bien sûr, Paul est mort, comme tous les hommes de son temps, mais Luc affirme aussi, entre les lignes, que Paul est vivant : (i) ressuscité auprès du Christ, &quot;le premier-né d'entre les morts&quot; selon une formule paulinienne, mais (ii) il est aussi vivant au travers de sa prédication qui continue à travers ses lettres (celles qui pour nous sont rassemblées dans le Nouveau Testament).&lt;br /&gt; C'est pourquoi Luc a raison de terminer son livre des Actes par ces mots — qui prennent une dimension intemporelle :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Paul demeura deux années entières dans le logement qu'il avait loué. Il y recevait tous ceux qui venaient le voir. Il prêchait le Royaume de Dieu et enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec pleine assurance et librement.&quot; (Ac 28:30-31)&lt;br /&gt; Luc nous passe le message : Rien ne peut vraiment faire obstacle à la diffusion de la bonne nouvelle !&lt;br /&gt; Amen&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; © Jean-Marie Thévoz, 2007&lt;/p&gt; 
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