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Matthieu 22. Accepter la gratuité de l'invitation de Dieu à la vraie vie

Matthieu 22
8.2.1998

Accepter la gratuité de l'invitation de Dieu à la vraie vie
Osée 2:18-22     1 Corinthiens 11:23-26     Matthieu 22 : 1 - 14

Téléchargez la prédication ici : P-1998-02-08.pdf

Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Vous venez d'entendre la lecture de la parabole de l'invitation au festin telle que l'évangéliste Matthieu l'a écrite. Cette même parabole se trouve aussi dans l'évangile de Luc (chap. 14), mais le texte en est un peu différent. Ce décalage nous montre que chaque évangéliste a reçu des témoignages des paroles de Jésus et qu'il les a retransmises avec sa marque personnelle. Cette parabole doit toucher la communauté pour laquelle Matthieu écrit. Matthieu y insère une relecture de l'histoire du salut et de l'histoire tout court. Cette relecture nous choque aujourd'hui parce qu'il y est question d'un Dieu qui châtie, tue et incendie. Matthieu avait besoin de comprendre et de faire comprendre le sens d'événements récents et bouleversants : la destruction de la ville de Jérusalem par les armées romaines. Cette destruction, cet incendie a bien eu lieu. Matthieu ne peut s'empêcher d'y voir l'action vengeresse de Dieu à l'égard de ceux qui ont refusé son Fils et l'ont conduit à la mort. Je laisse cette compréhension à la responsabilité de Matthieu, je n'arrive pas à l'assumer à mon tour.
Je souhaitais faire cette petite mise au point pour que nous ne restions pas bloqués sur ce passage vengeur, mais que nous puissions nous tourner depuis maintenant vers le sens de cette parabole au-delà de cet épisode.
Un roi lance une invitation, mais c'est l'échec. Un roi marie son fils, mais les invités ne viennent pas ! Voilà quelque chose de peu probable, même d'impossible. Qui peut refuser d'aller faire la fête ? Qui peut refuser de boire et de manger gratuitement ? Vous refuseriez, vous, deux invitations au restaurant, deux invitations au cinéma ?
Le Royaume de Dieu est comparé à une fête, à un festin, à un banquet, mais il y a peut-être plus que cela. Lorsque Jésus parle du Royaume de Dieu, il en parle — toujours en parabole — comme d'une réalité à vivre déjà dans le présent. Il dit que le Royaume de Dieu s'est déjà approché, qu'il est pour maintenant. Le Royaume de Dieu n'est pas ce que nous en avons fait, une réalité qui intervient après la mort, la vie éternelle. "Y a-t-il une vie avant la vie" disait un graffiti à Lausanne. Le Royaume de Dieu c'est la vraie vie avant la mort, la vie qui vaut la peine d'être vécue, la vie remplie, riche de moments vrais.
Et la réalité d'aujourd'hui, c'est que beaucoup de monde refuse de vivre cette vie-là. Il y a plein d'excuses pour ne pas vivre sa vie pleinement. "J'ai trop de travail en ce moment..." "Je serai vraiment heureux ... lorsque j'aurais enfin 18 ans et que je serai libre;  lorsque j'aurai pu me marier et fonder une famille; lorsque j'aurai une maison..." Il est facile de penser qu'on sera heureux plus tard lorsque ...
Ceux qui raisonnent comme cela avancent des excuses pour ne pas répondre à l'invitation, parce que la vraie vie est possible dès maintenant.  Ceux qui raisonnent comme cela vont manquer l'invitation et le roi va inviter d'autres personnes à leur place.
L'accès au Royaume de Dieu n'est pas réservé aux gens bien, aux gens religieux, aux purs ou aux sérieux, à ceux qui renoncent à tout ce qui fait la vie belle. Ceux qui peuvent venir, ce sont ceux qui acceptent de faire de leur vie une fête, ceux qui ont le désir d'être heureux. Même dans les difficultés ou la souffrance, on vit des moments vrais — souvent durs et pas faciles — mais des moments où l'amour passe véritablement entre les êtres.
La vraie vie, voici l'enjeu de cette parabole. Dieu nous invite — mauvais et bons — à vivre la vie comme une fête, comme un banquet de noces et non comme une collation d'enterrement ou un pénible travail.
Vivre auprès de Dieu — et qui est plus près de Dieu que les amis qui viennent au mariage de son fils — c'est s'ouvrir à une vie pleine, c'est ouvrir son coeur à nos proches, c'est être-là, dans le moment présent, c'est habiter chacun de ses gestes, sentir la proximité des autres, goûter à cette communion. Etre pleinement présent dans le baiser qu'on donne à ses enfants (à ses parents) lorsqu'on part pour le travail ou l'école.
Celui qui vit sur cette terre, mais comme en passant, sans habiter ses gestes, sans goûter au bonheur, c'est quelqu'un qui n'honore pas l'invitation de Dieu à entrer dans le Royaume de Dieu. C'est ce que nous dit la deuxième partie de la parabole. Celui qui n'a pas d'habit de noces, c'est celui qui vit, tout en passant à côté de la vraie vie. Celui qui n'arrive pas à saisir ce qui est bon dans chaque instant de la vie, celui qui ne vit pas de moments vrais. Celui-là est déplacé dans la fête, il n'a pas sa place dans le Royaume de Dieu. Non pas que son accès lui soit refusé — le Royaume de Dieu n'est fermé à personne — mais que par définition, on ne peut pas être mort et vivant à la fois, être dans le Royaume de Dieu et ne pas vivre de la vraie vie.
La phrase "il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus" signifie dans ce contexte simplement la réalité que l'on constate autour de nous. Nous sommes tous appelés à vivre de cette vraie vie qui vient de Dieu, mais bien peu choisissent ce mode de vie, cette façon d'être.
Le repas du Royaume de Dieu, il nous est donné de le vivre dans la sainte Cène. La sainte Cène, c'est les prémices du Royaume, la bande annonce du Royaume. C'est le même repas auquel nous sommes invités. Ce n'est pas une collation d'enterrement, c'est un repas de noces, les noces de Jésus avec son Eglise. C'est un repas de fête. Nous y sommes tous invités, bons et mauvais. Nous y sommes tous invités, pour notre joie.
Cette invitation à la Cène, il nous est facile d'y répondre, puisque nous avons répondu à l'invitation du culte. L'invitation du roi est d'abord pour maintenant, mais elle est aussi pour les jours de semaine, pour l'entier de notre vie. Etes-vous d'accord de recevoir cette invitation à une vie renouvelée pour chaque jour ?
Je m'adresse maintenant spécialement aux jeunes. Cette invitation à entrer dans la fête de Dieu, à goûter au bonheur qu'il donne est aussi pour vous. Cette invitation va tomber dans votre boîte aux lettres de façon très concrète, invitation à vous joindre aux JP ou à d'autres activités paroissiales. Allez-vous dire "oui" à ces invitations ?
Réfléchissez-y tous. Le roi vous invite au mariage de son fils. Que lui répondez-vous ?

Amen.
© Jean-Marie Thévoz, 2013

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