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ee) 1 Rois

  • 1 Rois 19. Dieu rectifie son image devant Elie

    (25.9.2005)

    1 Rois 19

    Dieu rectifie son image devant Elie

    1 Rois 19 : 1-14

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  • 1 Rois 19. Dieu renonce à exercer sa toute-puissance

    Pour le dimanche des Rameaux (bénédiction des catéchumènes) du 5 avril

    1 Rois 19

    Dieu renonce à exercer sa toute-puissance

    1 Rois 19 : 9-14.       Philippiens 2 : 5-11

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    Chers frères et soeurs en Christ, Chers catéchumènes,

    Vous achevez maintenant la partie officielle de votre instruction religieuse, le catéchisme. Pendant ces quelques années vous avez été guidés, conduits sur des chemins tracés par d'autres. Vous avez dû suivre et passer là où on vous disait d'aller. Dès aujourd'hui, il n'y a plus de route toute tracée, vous êtes à un carrefour où vous pouvez choisir la direction que vous voulez prendre.

    Face aux grandes questions de la vie — l'amour, l'argent, la mort, pour faire bref — c'est à vous de trouver et d'apporter votre réponse. Si c'est encore flou pour vous maintenant, c'est normal, les grandes questions de la vie nous interrogent tout au long de l'existence, on n'y échappe pas.

    A votre âge aujourd'hui, mais aussi à l'âge de vos parents qui sont ici, de vos grand-parents, se pose la question "Qu'est-ce que je fais ici sur la terre ?" C'est la question que Dieu pose à Elie : "Pourquoi es-tu ici, Elie ?" (1 Rois 19 : 9,13)

    Elie a marché environ 500 km pour venir à la montagne de l'Horeb dans le massif du Sinaï, à l'endroit où Moïse a vu le buisson ardent et où il est revenu avec le peuple hébreu recevoir les Tables de la Loi. Elie est revenu là, sur la montagne de Dieu, parce qu'il a besoin de comprendre qui est vraiment Dieu !

    En effet, Elie vient de vivre une expérience traumatisante. Il y a eu une sorte de match entre prophètes (vous trouvez le récit de ce match dans 1 Rois 18), entre d'un côté les prophètes de Baal et de l'autre Elie, prophète de Dieu. Le match a été gagné par Elie et les perdants ont été mis à mort (cela se passait ainsi à cette époque !), avec pour résultat que le roi qui avait parié sur les prophètes de Baal est fâché et cherche à faire mourir Elie.

    Donc Elie a gagné en théorie, mais il est en train de tout perdre parce que la situation dégénère dans la violence. Est-ce vraiment cela que Dieu voulait ? Elie voudrait le savoir.

    Elie est dans la même situation que nous lorsque nous nous demandons pourquoi Dieu n'arrête pas les guerres, les massacres, les attentats ou les épidémies. Pourquoi Dieu ne nous empêche-t-il pas de faire le mal ? J'ai entendu plusieurs fois cette question et je comprends que ce soit pour vous un obstacle à croire en la bonté de Dieu.

    Alors, Elie, sur la montagne, souhaite en savoir plus sur Dieu et son implication dans le monde. Et Dieu lui offre une réponse, qui est aussi une réponse qui nous est destinée !

    "— Sors, lui dit le Seigneur; tu te tiendras sur la montagne, devant moi; je vais passer. Aussitôt un grand vent souffla, avec une violence telle qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers devant le Seigneur, mais le Seigneur n'était pas présent dans ce vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre; mais le Seigneur n'était pas présent dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu; mais le Seigneur n'était pas présent dans le feu. Après le feu, il y eut le bruit d'un léger souffle. Dès qu'Elie l'entendit, il se couvrit le visage avec son manteau, il sortit de la caverne et se tint devant l'entrée." (1 Rois 19: 11-13)

    Elie a reconnu la présence de Dieu dans le léger souffle ! Comment comprendre cela ? Et bien, Dieu refuse d'être présent dans tout ce qui représente une force menaçante pour l'être humain.

    Dieu connaît les mécanismes, les ressorts, de la violence. Il sait que la violence s'alimente à la force qu'on lui oppose, il sait que la violence et son opposition conduisent à une escalade sans fin, à une spirale qui enfle jusqu'à tout détruire autour d'elle. Alors, Dieu a choisi de ne pas alimenter cette spirale de la violence par une intervention en force, il souhaite calmer le jeu par l'apaisement, en induisant une désescalade. Il refuse de s'imposer par force, car il ne veut de guerre ni pour lui ou en son nom, ni contre lui.

    Il veut se montrer inoffensif — comme un agneau — il sort le "drapeau blanc" des négociations. Il pose sur la table, qu'il n'y aura pas de coups de sa part, pas de revanche, pas de punition pour celui qui reconnaît ses torts et souhaite repartir sur des bases nouvelles.

    Y a-t-il un autre chemin ? Qui pourrait supporter un bras de fer avec Dieu ? La Bible nous laisse entendre que dans un passé très reculé, il y a eu un tel bras de fer. C'est le récit mythique du déluge, expliqué comme un ras-le-bol de Dieu face à la méchanceté des humains. Il aurait alors décidé d'anéantir le mal en noyant toute vie — enfin sauf Noé, sa famille et les animaux pour que la vie puisse reprendre.

    Mais la méthode forte a échoué et Dieu s'est juré de ne pas recommencer, il a même donné l'arc-en-ciel comme signe de cette première alliance (voir Genèse 9).

    Alors commence une autre voie, celle de l'invitation, celle de l'éducation. Et cette voie passe par le respect de la liberté de tout être humain, et par le renoncement de Dieu à exercer sa toute-puissance.

    Et Dieu se présente à Elie dans un souffle léger. Dieu se présente à nous à travers la figure humaine de Jésus. Dieu ne veut pas s'imposer, il se propose : "Je t'aime, veux-tu m'aimer en retour ?" Pour que l'amour soit possible entre Dieu et les humains, entre les humains et Dieu, il faut abolir l'idée d'un pouvoir, l'idée d'une hiérarchie, l'idée d'un dominant et d'un dominé. Aussi Jésus a-t-il renoncé à toute prérogative divine, à tout pouvoir, à toute supériorité pour se faire homme, serviteur de tous, le plus humble, jusqu'à la mort, à la mort sur la croix.

    La proposition de Dieu, son invitation — à vous catéchumènes, mais à vous aussi parents, parrains, marraines, familles — c'est de prendre exemple sur Jésus-Christ qui renonce à tout pouvoir, à toute préservation de ses intérêts et privilèges pour apporter la paix au monde.

    Dieu nous invite à suivre l'exemple de son Fils, pour vivre dans la paix, en nous aimant les uns les autres. C'est le seul chemin qui y conduit. Tous les autres — autant le laisser-aller qu'un intervention céleste toute-puissante — passent par la violence et ne peuvent que conduire à davantage de malheurs.

    Jésus nous invite à le suivre sur la voie de la paix par l'amour. Vous avez ce choix devant vous ! Vous savez quoi faire pour suivre l'invitation de Dieu. La question qui reste ouverte est : le ferez-vous ?

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2020

  • 1 Rois 3. Saynète : Le roi Salomon

    8.3.2020

    1 Rois 3

    Saynète : Le roi Salomon

    1 Rois 3 : 4-28       1 Corinthiens 3 : 16-17

    télécharger les textes : Saynète 2020-03-08.pdf        P-2020-03-08.pdf

     

    Saynète des enfants :

    1. Salomon enfant joue avec son épée sur la musique « je voudrais déjà être roi »

    Narratrice : Nous allons vous raconter l’histoire de Salomon, fils du roi David.

    Salomon enfant: Je suis Salomon, le fils du roi ; plus tard je serai le roi du monde.

     

    2. David est sur son trône. A ses côtés les gardes, Salomon jeune et Nathan le prophète.

    Narratrice : Plusieurs années ont passé. Salomon a bien grandi et va devenir roi à son tour. Venez avec nous assister à son couronnement. Le prophète Nathan va verser de l’huile sacrée sur le nouveau roi.

    David : Mon fils bien-aimé, tu as acquis de l’expérience et de la sagesse ; il est temps maintenant d'être désigné officiellement comme le prochain roi. Le prophète Nathan va te bénir.

    Salomon s’approche de Nathan pour oindre le jeune roi Salomon.

    La foule : Vive le roi Salomon ! Vive le roi Salomon ! Vive le roi Salomon !

    La foule acclame le nouveau roi avec de la musique.

     

    3. David est couché sur un lit et Salomon debout à ses côtés.

    Narratrice : Le temps passe, David est très vieux et il va bientôt quitter ce monde. Il parle avec Salomon et lui transmet ses dernières volontés…

    David : Mon fils, moi je m’en vais où va tout ce qui est terrestre. Sois fort et sois un homme ! Observe l’ordre de Dieu en marchant dans ses voies et en gardant ses commandements écrits dans la Loi de Moïse.

    Salomon : Mais… je ne suis pas encore assez grand, je n’ai pas assez d’expérience, je ne vais pas savoir faire. J’ai besoin de toi et de tes conseils.

    David : Je te fais confiance, tu vas gagner en expérience. Mais surtout confies-toi en Dieu; demande-lui toujours ce dont tu as besoin. Il te guidera. Fais-lui confiance.

    Narratrice : David meurt et il est enterré avec ses pères, ses ancêtres. Salomon prend sa succession.

     

    4. Salomon est couché dans son lit. Il dort.

    Narratrice : Salomon est devenu roi. Il s’est marié. Il s’occupe maintenant des affaires du pays comme il peut. Un soir qu’il dort, il fait un rêve.

    Dieu : Salomon, Salomon, écoute : Demande-moi ce que tu veux ; je te le donnerai.

    Salomon : ô Dieu, tu as été bon avec mon père David car il était un roi juste et bon. Moi je suis un roi débutant, je suis tout jeune et je ne sais pas gouverner. Donne-moi donc un esprit ouvert et un cœur attentif à mon peuple.

    Dieu : Tu ne me demandes pas la richesse, tu ne me demandes pas de vivre longtemps, tu ne me demandes pas la mort de tes ennemis, mais tu me demandes l’intelligence et la sagesse pour bien gouverner. Alors, je vais te donner ce que tu demandes et je te donnerai en plus la richesse, une longue vie et la paix dans ton royaume.

     

    5. Salomon est assis sur son trône. Il a un garde de chaque côté.

    Narratrice : David avait construit le palais royal du temps de son vivant mais à cause des guerres il n’a pas pu construire le temple de Dieu à Jérusalem. Maintenant qu’il n’y a plus de guerre, Salomon va pouvoir accomplir cette mission.

    Salomon : Qu'on fasse venir mes architectes ! Je vais faire construire le temple de Jérusalem.

    Les architectes arrivent avec leurs aides qui portent le plan. Ils déroulent un très grand plan.

    Architecte 1 : Voici notre projet majesté. Comme vous nous l'avez demandé - Majesté - nous avons prévu un Temple magnifique. Le Temple sera constitué de trois espaces. D'abord une grande cour tout public. Elle pourra accueillir le peuple et les visiteurs de tous les pays. Tout le monde y aura accès.

    Architecte 2 : Ensuite, il y aura le bâtiment du Temple lui-même. Il sera allongé, de 30 mètres de long sur 10 mètres de large et de 15 mètres de hauteur. En pierre à l'extérieur et tout tapissé de bois précieux à l'intérieur. Le Temple sera réservé au peuple d'Israël, à ceux qui vénèrent notre Seigneur Dieu. C'est là qu'aura lieu le culte.

    Architecte 1 : Enfin le troisième espace sera une pièce entièrement fermée, plus petite, qui contiendra l'arche de l'alliance avec les tables de la Loi. Elle sera toute tapissée d'or fin. Cet endroit est réservé à Dieu seul. Personne ne peut y entrer, sauf le grand-prêtre une seule fois par année pour obtenir le Grand Pardon pour tout le peuple.

    Architecte 2 : Nous vous proposons - Majesté - de voir avec le roi du Liban pour obtenir le bois de cèdre et les objets en bronze pour le culte. Les plans sont prêts. Nous attendons les ordres pour commencer à bâtir ce Temple magnifique qui honorera grandement le Dieu d'Israël.

    Salomon adulte: Vous avez bien travaillé, je suis content d'accomplir la promesse de mon père David et de faire construire un Temple à Jérusalem. Que les travaux commencent !

     

    6. Salomon, les gardes et les experts.

    Salomon : Ce sera vraiment un beau temple, un temple magnifique, un temple digne de mon règne...

    Deux femmes arrivent en se disputant et en tirant un bébé chacune vers soi.

    Femme 1 : C’est mon enfant !!

    Femme 2 : Lâche-le ; il est à moi.

    Femme 1 : Menteuse ! Je vais me plaindre au roi.

    Salomon : Silence !! Que se passe-t-il ?

    Femme 1 : Nous allons tout vous expliquer. Nous habitons dans la même maison sans personne d’autre avec nous.

    Femme 2 : Nous avons accouché à quelques jours près. Pendant la nuit nous avions chacune notre bébé à côté de nous. Son bébé est mort. Pendant que je dormais, elle a échangé nos bébés.

    Femme 1 : Non, ce n'est pas vrai, tu mens !!

    Femme 2 : Quand je me suis réveillée, j’ai vu que ce n’était pas mon bébé.

    Femme 1 : C’est le contraire. C’est mon enfant qui est vivant.

    Femme 2 : Non, c’est le mien qui est vivant.

    Salomon : STOP !! Je vais juger votre affaire mais je vais d’abord consulter mes experts. Quelle solution est-ce que vous proposez ?

    Expert 1 : Il faut attendre que l’enfant soit assez grand pour voir à quelle mère il ressemble.

    Expert 2 : Je propose d’aller voir dans la maison s’il y a des traces qui nous permettent de voir dans quel lit l’enfant est mort.

    Expert 3 : Je propose que les deux mères gardent l’enfant à tour de rôle.

    Salomon : Hum hum, hum…. Ça va prendre beaucoup de temps tout ça. Gardes ! amenez-moi mon épée !

    Salomon : Je vais couper l’enfant en deux, chacune en aura une moitié.

    Femme 2 : NON !!!!! Laissez-le vivre ! Donnez-lui l’enfant vivant.

    Femme 1 : Il ne sera ni à moi, ni à toi, coupez-le en deux !

    Salomon : Donnez l’enfant vivant à cette femme. C’est celle qui voulait que l’enfant vive qui est la vraie mère.

    Applaudissements de la foule - tous les enfants et les catéchumènes - Chant d’allégresse.

    © Paroisse St-Jean (EERV) - Lausanne, 2020

    (Le droit de publication commerciale est réservé, le droit de jouer la saynète est libre, merci de citer la source.)

     

    Message :

    Chers frères et soeurs en Christ,

    Salomon est le roi qui a construit le premier Temple de Jérusalem, nous dit la Bible. Ce Temple est divisé — comme le sera plus tard le Temple reconstruit par Hérode, celui qu'a fréquenté Jésus — en trois espaces.

    Ces trois espaces sont imbriqués les uns dans les autres, comme des boîtes ou des poupées russes. Le plus grand espace est une grande cour, à ciel ouvert, qui accueille tout le monde. C'est l'espace public, pour les croyants comme pour les visiteurs. A l'intérieur de cette cour se trouve le bâtiment du Temple. Seuls les prêtres entrent dans ce bâtiment, dans cet espace. C'est un espace réservé. A l'intérieur de ce bâtiment se trouve une chambre plus petite, qui est le lieu saint, même le saint des saints, un espace où étaient placées l'arche de l'alliance et les tables de la Loi. C'est le lieu sacré de la présence divine. Personne n'a le droit d'y entrer, sauf un prêtre, qui y entre une fois par année pour le Grand Pardon. Voilà pour l'architecture et l'organisation du Temple de Salomon.

    Mais voilà que l'apôtre Paul nous dit que nous sommes — nous-mêmes — le Temple de Dieu et que l'Esprit saint habite en nous. Paul nous invite à faire une analogie entre le Temple et nous, nos personnes, nos corps. C'est ce que les enfants ont représenté sur les deux panneaux que vous pouvez voir derrière moi. Le coeur y représente l'espace sacré.

    Notre coprs est notre interface avec le monde, avec notre environnement. C'est par notre corps, nos sens, que nous entrons en relation avec les autres. Notre relation au monde se joue aussi en trois espaces : un espace public, un espace personnel et un espace privé, sacré. Notre espace public commence à peu près à une distance de coude autour de nous. Nous ne sommes pas génés quand un inconnu se place à cette distance. Par contre cela nous dérange s'il se colle à nous ou s'il vient s'asseoir sur nos genoux. Il serait clairement entré dans notre espace personnel. Notre espace personnel est comme une bulle proche de notre corps. C'est un espace réservé, personne n'a le droit d'y entrer sans notre accord, notre consentement.

    Et puis nous avons un espace tout à fait privé, intime, celui de nos pensées secrètes. C'est là que se trouve notre être profond, ce qui fait que nous sommes uniques. Personne ne peut y entrer sauf nous-mêmes. Nous y habitons — et mystérieusement, c'est aussi là que Dieu habite en nous. C'est un espace que Dieu protège en nous — c'est pourquoi l'apôtre Paul dit que si quelqu'un voulait détruire cet espace en nous, Dieu s'en prendrait à lui pour nous défendre. Nous sommes le Temple de Dieu, Dieu habite en nous parce qu'il trouve que nous avons de la valeur. Dieu trouve que c'est le plus beau lieu où habiter. Nous valons tous infiniment, nous sommes précieux aux yeux de Dieu.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2020

  • 1 Rois 19. Elie épuisé est nourri, restauré par Dieu

    24.11.2019

    1 Rois 19

    Elie épuisé est nourri, restauré par Dieu

    1 Rois 19 : 1-8          Matthieu 14 : 13-21

    télécharger le texte : P-2019-11-24.pdf

     

    Chers frères et soeurs en Christ,

    Lorsqu'on entend parler d'Elie, on a des souvenirs d'Ecole du Dimanche qui remontent à notre mémoire, le souvenir d'un grand prophète, d'une grande figure de l'Ancien Testament, et du Nouveau Testament, puisqu'Elie apparaît comme la figure emblématique de tous les prophètes de l'Ancien Testament. Il est celui qui doit revenir pour manifester le règne de Dieu. Certains ont même pensé que Jésus était le nouvel Elie. Il est aussi celui qui se trouve à côté de Jésus et de Moïse lors de l'épisode de la Transfiguration sur la montagne. Une grande figure prophétique donc...

    Pourtant — dans le récit que nous avons entendu aujourd'hui — ce n'est qu'un homme épuisé et las. Cet un homme seul, à bout de force. Il est vide, démuni, désespéré.

    Peu de temps auparavant, Elie a pourtant gagné son challenge contre les faux prophètes, les prophètes de Baal, mais cette réussite s'est retournée contre lui, il est maintenant poursuivi, sa vie est en danger, sa tête est mise à prix. C'est comme s'il devait payer en monnaie de malheur ses succès, ses réussites.

    Elie s'enfuit donc pour sauver sa vie. Il descend jusqu'à la ville de Bersheba, l'extrême sud du pays d'Israël, la limite des terres habitées. Il y laisse son serviteur et continue sa marche vers le sud, dans le désert du Néguev, en direction de l'Horeb, du Sinaï.

    Cette fuite est bizarre. Il fuit pour sauver sa vie, mais en même temps, il demande à Dieu de le laisser mourir, de lui reprendre la vie. C'est comme sauter dans l'eau pour éviter d'être mouillé par la pluie.

    Elie est habité par une lassitude extrême, comme une fatigue épuisante dont on n'arrive pas à se débarrasser. Et dans ces conditions, il exprime le désir de mourir, non pas tant pour la mort, mais plutôt contre la vie, contre cette vie là, cette vie tellement pesante, tellement chargée, écrasante. Après une journée de marche, Elie s'écroule sous un buisson pour dormir.

    On devine son épuisement, physique, mais aussi moral. On devine cette envie de sombrer dans un sommeil qui fait tout oublier, un sommeil qui nous délivrerait de tous nos fardeaux, un sommeil transformateur, libérateur. Combien sommes-nous à espérer cela certains soirs, ou même chaque soir ?

    Elie s'endort, rempli de cet espoir, qui est en même temps désespoir, parce que ce sommeil libérateur n'existe pas — il le sait — et parce qu'il pense que seule la mort peut le délivrer vraiment de ses maux. Ainsi, Elie est là, endormi sous son buisson, dans le désert.

    Dans ce même désert où les Israélites ont erré et souffert pendant 40 ans sous la conduite de Moïse. Dans ce même désert où Moïse a été interpellé par la vue d'un buisson mystérieux, qui brûlait sans se consumer, qui donnait son énergie sans s'épuiser. Dans ce même désert où Dieu s'est révélé, presque face à face, à Moïse. Dans ce même désert où le peuple d'Israël a été nourri avec la manne, avec les cailles. Dans ce même désert où le peuple a été abreuvé de l'eau qui sortait du rocher frappé par le bâton de Moïse. Ce désert où Elie vient échouer pour mourir.

    Ce désert a deux visages. Le visage mortel d'un lieu aride et impitoyable et le visage d'un lieu où l'on rencontre Dieu lui-même, apportant secours et protection à son peuple bien-aimé. Ce désert à deux visages est comme un message pour nous dire que c'est là, lorsque nos vies sont tourmentées, lorsque la lassitude et la fatigue nous écrasent, lorsque le deuil nous assaille, c'est là que Dieu se manifeste, c'est là que Dieu se révèle le plus proche, le plus aimant. Peut-être parce que c'est à ce moment que toutes nos barrières sont tombées, parce que toutes nos protections personnelles, nos carapaces et nos systèmes D pour nous en sortir tous seuls ont montrés leurs limites et leur inefficacité. A ce moment, nous sommes prêt à recevoir ce que Dieu veut nous offrir depuis toujours.

    A ce moment-là un ange vient toucher Elie. A ce moment-là, Elie sent une main sur son épaule, une main caresser ses cheveux comme on éveille un enfant, un contact chaleureux s'établir. Il est touché, il sent la pression, il sent la chaleur, il sent la vie revenir en lui. Et cette voix qui lui dit : "Elie, lève-toi et mange !" (1 R 19:5).

    En cette nuit d'extrême tristesse et de lassitude, Dieu vient restaurer Elie. En nos nuits d'extrême tristesse et lassitude, Dieu vient nous restaurer, il nous apporte réconfort et nourriture pour nous donner la force de continuer notre route, même si elle est encore longue. Une route qui va mener Elie à l'Horeb, la montagne de Dieu où il va faire une rencontre personnelle bouleversante avec un Dieu qu'il n'avait jamais connu de cette façon-là (mais je vous laisse lire le récit de cette rencontre dans 1 R 19).

    Ce que Dieu a fait cette nuit de désespoir pour Elie,, Jésus l'a fait aussi pour cette foule qui le suivait, qui avait faim de sa parole et qui s'est retrouvée dans ce lieu désert, sans ressources. Cette foule fatiguée ce soir-là Jésus l'a restaurée également. Au travers de ses disciples, il a nourrit chacun.

    Aujourd'hui, Jésus répète pour chacun de nous ces gestes de partage pour nous nourrir. A chacun il s'offre lui-même comme pain de vie en nous invitant à sa table pour nous régénérer. A chacun il offre — au travers de ses disciples et des croyants d'aujourd'hui — d'être accueilli dans la prière, d'être touché et béni, d'être déchargé de fardeaux trop longtemps portés seuls. A chacun Jésus offre son accueil et sa vie.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2019.

  • 1 Rois 1. Femmes de la Bible (III) : Bethsabée

    1 Rois 1
    12.7.2015

    Femmes de la Bible (III) : Bethsabée

    2 Samuel 11 : 1-5+26   2 Samuel 12 : 1-4+13-15+24-25    1 Rois 1 : 9-22+28-35


    Télécharger le texte : P-2015-07-12.pdf

    Chères paroissiennes, chers paroissiens,
    Nous suivons aujourd’hui le parcours de Bethsabée, la femme d’Urie le Hittite, qui vivait une vie de simple femme de soldat, jusqu’au jour où David posa les yeux sur elle. À partir de là, elle a été entraînée dans un tourbillon dont elle n’avait plus aucune maîtrise. Elle devient femme objet, objet de toute l’attention de David, à cause de sa beauté. Elle devient, malgré elle, la cause indirecte de la mort de son mari, par les manigances de David. Elle est entraînée sur une trajectoire qu’elle n’a pas voulue, qu’elle n’a pas choisie, mais qu’elle va devoir assumer, bon gré mal gré.
    Ainsi, Bethsabée est-elle victime, dès qu’elle est appelé au palais, fétu de paille entraîné et ballotté dans les flots tumultueux du fleuve du pouvoir. Dans ce tumulte elle va trouver un allié, le prophète Nathan, seul à pouvoir parler à David, seul à pouvoir convaincre David de reconnaître à quel point il a mal agi. Nathan parle de Bethsabée en la comparant à une petite brebis choyée qui est brusquement et injustement sacrifiée par un prédateur. Nathan, le porteur du jugement divin, parle à David, mais dit également des paroles très importantes pour l’estime de Bethsabée.
    Malgré une tradition orale et artistique qui a voulu faire de Bethsabée une séductrice qui a fait flancher David, la parole du prophète est très claire : Bethsabée et Urie sont des victimes sans tache, des agneaux sacrifiés. Les Pères de l’Eglise en ont fait des figures christiques, précurseurs du sacrifice de la croix, victimes innocentes et pures, que Dieu réhabilite.
    Au drame d’être séduite et rendue veuve, s’ajoute le drame inconsolable de perdre son premier enfant. On l’imagine bien partir en dépression et rester prostrée dans le souvenir de ce qu’elle a perdu et ne jamais se relever. Pourtant, les récits nous montrent que Bethsabée se relève et assume l’éducation de son second fils Salomon. Le récit ne nous parle pas de la vie intérieure de Bethsabée, mais nous montre deux épisodes où on la voit agir et interagir, une fois avec David, dans le récit que vous avez entendu (1 R 1), et une fois avec son fils Salomon, au début de son règne (1 R 2).
    On n’y voit une femme forte, déterminée, qui demande ce dont elle a besoin, pour elle-même ou pour d’autres. On voit donc qu’elle s’est relevée et qu’elle a pris une place importante dans le palais de David. En fait, elle y joue tout à fait le rôle de la « validé » dans le palais du sultan ottoman. Vous savez, à Istanbul le palais de Topkapi, où la mère du prochain sultan devient la « validé », celle qui a engendré le futur sultan, celle qui veille à son accession au trône.
    C’est justement ce que fait Bethsabée, lorsqu’un autre fils de David, Adonija, au-dessus de Salomon dans la liste de succession, essaie de se proclamer roi. Avec Nathan, elle intervient auprès de David — dont elle a obtenu précédemment la promesse que Salomon lui succéderait sur le trône d’Israël.
    On voit deux choses qui ont permis à Bethsabée de sortir de la prostration et de la dépression. La première chose est qu’elle s’est accrochée à donner un avenir à son fils Salomon. Elle prend ce qu’elle a, maintenant dans le présent, pour se faire une raison de vivre : ce sera l’avenir de son fils. Ensuite elle ordonne toutes ses actions à ce but, avec les alliés qu’elle a, à savoir le prophète Nathan.
    La deuxième chose, c’est que Bethsabée apprend à demander. Elle a su demander à David qu’il promette de mettre Salomon sur le trône pour lui succéder. Elle a su venir demander à David de tenir sa promesse on moment ou un frère aîné — Adonija — est en train de se proclamer roi, successeur de David, pas encore mort. Enfin elle transmettra à Salomon une demande d’Adonija, ce qui contribuera à consolider le trône de Salomon.
    Bethsabée a donc appris à demander. En quoi est-ce que le fait de demander peut-il faire sortir de la dépression et du statut de victime ? Lorsqu’on est victime d’une situation, on est poussé dans la direction de l’impuissance et de la plainte. « Ce qui m’arrive est injuste » et « Je me sens sans force, je ne peux plus rien faire ». La plainte contre l’injustice provoque à l’intérieur de soi de la colère, contre l’injustice justement. Et l’impuissance génère de la tristesse, de l’épuisement : « Je n’y peux rien » et « Je n’en peux plus ». Il y a donc deux forces antagonistes : la colère qui veut du changement et la tristesse qui paralyse.
    Pour sortir de ce double état, il n’y a qu’une seule issue : la demande. La demande c’est formuler, d’abord pour soi, ce dont on a besoin pour être mieux : trouver ce dont on a besoin. Ensuite, c’est formuler cette demande vers l’extérieur, afin que la force des autres puisse — pendant un certain temps— se substituer à mon absence de force.
    Il y a donc une demande à formuler, une demande qui concrétise mon besoin, qui concrétise comment transformer la colère intérieure en force de changement qui se manifeste à l’extérieur.
    C’est le chemin qu’a pu faire Bethsabée. Demander de l’aide à Nathan pour se voir reconnue comme innocente, et une demande à David de voir ses malheurs compensés par une place assurée à son fils Salomon sur le trône. Bethsabée a pu transformer sa colère contre l’injustice subie en force constructive. Pour elle-même en devenant « validé » et pour son fils Salomon en obtenant le trône. Elle a su revenir avec sa demande au moment où la promesse risquait de ne pas être tenue, avec l’appui de Nathan.
    Ainsi, la colère— loin d’être un sentiment négatif— est d’abord un signal important pour soi. À ce signal, nous pouvons nous interroger pour savoir ce qui se passe, pour savoir quel est notre besoin. Besoin d’être reconnu ? Besoin de faire cesser une violence ou une menace ? Besoin de ne pas se laisser mettre à l’écart, ne pas se laisser être mésestimé ou méprisé ?
    Une fois ce besoin reconnu en nous, nous pouvons formuler notre demande, de manière à changer la situation. Transformer sa colère en demande est une façon de changer les situations sans utiliser d’agressivité ou de violence. C’est une façon de sortir de l’impuissance et du statut de victime.
    C’est ainsi que Bethsabée — malgré tout ce qu’elle a subi, malgré la vie de tumulte dans laquelle elle avait été entraînée sans le vouloir — c’est ainsi qu’elle a pu mener sur le trône son fils Salomon et qu’il a pu devenir l’un des plus grands roi d’Israël. C’est ce que Bethsabée a réussi à faire de sa vie, malgré les violences subies et la dépression du deuil. Avec l’aide des autres et celle de Dieu elle a pu se relever.

    Amen
    © Jean-Marie Thévoz, 2015

  • 1 Rois 10. Une rencontre qui transforme !

    1 Rois 10
    1.2.2015
    Une rencontre qui transforme !

    1 Rois 10 : 1-10+13        Luc 11 : 29-32

    Télécharger ici le texte : P-2015-02-01.pdf

    Chères paroissiennes, chers paroissiens,
    En ce dimanche Terre Nouvelle, DM-Echange et Mission nous invite au voyage et à la rencontre. Il nous invite à suivre la rencontre de la reine de Saba avec Salomon et de découvrir tout ce qui se passe dans cette rencontre et ce que cela peut nous apprendre sur la mission, sur les voyages d’échange avec d’autres pays.
    Dans ce récit, on voit donc que la reine de Saba décide de se rendre à Jérusalem pour voir le grand roi Salomon. Les traditions divergent quant au pays ou à la région d’où elle provient ; sa réputation a fait que plusieurs pays se l’approprient, notamment le Yémen et l’Ethiopie. 
    L’important, c’est que c’est une grande reine et qu’elle est décidée à faire impression sur Salomon, autant sur le plan intellectuel — elle a préparé une épreuve et des énigmes — que sur le plan de la richesse — elle arrive avec une caravane chargée de cadeaux aussi précieux qu’onéreux. Mais cela ne se passe pas comme elle l’avait prévu. C’est elle qui tombe dans l’admiration. Elle est épatée, séduite par la sagesse de Salomon (certaines traditions voient plus large et plus intime, quand elles disent qu’elle mettra au monde un fils de Salomon au retour dans son pays).
    Ce qui est remarquable dans ce récit, c’est la transformation de la relation au fil du temps de la rencontre. Au départ, la reine de Saba se déplace pour lancer un défi au roi Salomon. Elle vient avec sa supériorité. Elle est persuadée que son savoir et son intelligence sont supérieurs à ceux de Salomon. Elle va le mettre au défi de répondre à ses questions, elle va le mettre à l’épreuve. Ensuite, elle lui apportera les solutions.
    Dans notre aide aux « pays en voie de développement » n’est-ce pas comme cela que nous faisons ? Ne sommes-nous pas persuadés — avant de partir — que nous pouvons leur apporter des solutions, avant même d’être arrivés et de les avoir entendus ? On part souvent avec l’idée d’être supérieurs et cela conduit à dominer l’autre.
    Autre écueil qui est emblématique des rencontres qu’on peut faire lorsqu’on voyage dans un pays étranger : on arrive avec ce qu’on a lu dans les livres, ce que des amis nous ont raconté, ou ce que nous pensions en préparant le voyage. Des ouï-dire, des récits, voir des préjugés C’est ce qui arrive à la reine de Saba : « Alors elle dit au roi : « Dans mon pays, j'avais entendu parler de toi et de ta sagesse, mais avant d'être venue voir de mes propres yeux, je ne croyais pas ce qu'on me disait. Or tout cela était bien vrai, et même on ne m'en avait pas raconté la moitié : ta sagesse et ta prospérité dépassent tout ce que j'avais entendu dire. » (1 R 10:6-7). La rencontre réelle transforme les choses, en tout cas si on est ouvert !
    Rencontrer l’autre tel qu’il est, l’écouter répondre, l’écouter parler de lui, de son pays, de sa situation, cela transforme la rencontre, parce qu’on se met à rencontrer une personne et plus la représentation abstraite d’une nation. C’est ainsi que la reine de Saba ouvre son cœur, dit le récit. Elle découvre Salomon, sa cour, son palais, sa réalité. Et elle se met à l’apprécier, peut-être à l’aimer. En tout cas, elle a réalisé la distance entre l’image qu’elle avait par ouï-dire et la personne réelle en face d’elle. Elle passe du fantasme à la connaissance, du préjugé à la réalité.
    Cela la conduit à dire à Salomon ce qu’elle apprécie, ce qu’elle aime. Elle lui tresse des louanges et lui adresse une bénédiction et une confession de foi (v.9). La vraie rencontre, lorsqu’on laisse tomber son propre savoir projeté, pour rencontrer vraiment l’autre, conduit au moins à la compréhension, souvent à l’admiration ou à l’émerveillement. Et cela conduit au plaisir d’être ensemble, de partager du temps, de la présence.
    Et cela ouvre sur le temps des cadeaux. On savait dès le début que la reine de Saba était venue avec une caravane chargée de riches cadeaux. Mais elle ne les a pas tout de suite offerts. Elle a attendu. Le risque des cadeaux offerts en préambule, avant que des liens ne se tissent, c’est qu’ils soient perçus comme une façon d’acheter l’amitié, de se rendre favorable. C’est ce qui se passe lorsque Jacob revient à la rencontre d’Esaü en se faisant précéder de cadeaux (Gn 33).
    Ici les cadeaux arrivent vraiment comme un acte de reconnaissance. C’est la joie de donner parce qu’on a déjà beaucoup reçu à un autre niveau. On rencontre cette même problématique en théologie lorsqu’on discute du salut par la foi ou par les œuvres. Quelle est la place des œuvres, parce que la foi n’est rien sans les œuvres dit Jacques (Jc 2:14-20) ? Le protestantisme a tranché en disant que les œuvres ne peuvent pas acheter le salut mais que les œuvres sont la réponse reconnaissante d’avoir reçu le salut par grâce. Les cadeaux arrivent ici comme signes de reconnaissance.
    On est frappé par l’énormité des cadeaux, 3,5 tonnes d’or, plus les parfums, les aromates, etc. C’est juste fou ! N’a-t-elle pas peur de s’appauvrir ? Et bien non ! Parce qu’elle est dans un autre registre que celui de l’économie d’épicerie. Dans l’économie d’épicerie, ce que je dépense, je ne l’ai plus, une fois que j’ai mangé ce que j’ai acheté. Chaque fois qu’une pièce sort de mon porte-monnaie, je m’appauvris.
    La reine de Saba est dans une autre économie, une économie relationnelle, où chaque sortie (dépense) est un enrichissement. S’il faut comparer cela avec une autre partie de l’économie financière de notre monde, on peut le comparer à une économie d’investissement. Ce qui sort du porte-monnaie est investi et produit de nouvelles richesses. Comme la personne qui achète un appartement pour le louer, elle va recevoir chaque mois un loyer.
    Ce récit, en nous parlant de cadeaux et de relations nous invite à entrer dans l’économie relationnelle où plus nous donnons, plus nous recevons en échange. Plus nous donnons de nous-mêmes dans les relations, plus les autres se rapprochent de nous et nous donnent en retour. Il n’y a pas de perdants (sauf ceux qui refusent d’entrer dans les échanges), il n’y a que des gagnants.
    C’est ce que Jésus nous répète lorsqu’il nous dit que Dieu nous aime. Il nous invite à entrer dans cette économie relationnelle qui est à l’opposé de notre économie mondiale fondée sur la pénurie et la peur de perdre. Dieu est amour, il a un amour infini, qui ne manque jamais. Ne laissons pas nos relations être formatées par le langage de pénurie du monde économique. Osons la rencontre, osons les échanges et le don.
    Amen

    L’impulsion de cette prédication m’a été donnée par le dossier de DM-Echange et Mission :
    Pistes de travail pour le culte du 25 janvier 2015 : Quand le voyage est prétexte à la rencontre de l'Autre.


    © Jean-Marie Thévoz, 2015

  • 1 Rois 3. Les rêves dans la Bible (IV). Le rêve de Salomon.


    1 Rois 3
    24.7.2011
    Les rêves dans la Bible (IV). Le rêve de Salomon.

    1 Rois 3 : 4-15     Romains 7 : 15-23

    télécharger la prédication : P-2011-07-24.pdf

    Chères paroissiennes, chers paroissiens,
    Voici le quatrième volet de cette série de prédications consacrées aux rêves dans la Bible. Et c'est le rêve de Salomon qui clôt cette série. Salomon est le troisième roi d'Israël. Il règne après Saül et David. Il est le fils de David et Bethsabée. Il accède au trône après les 40 années de règne de David, mais il est encore tout jeune : "un petit jeune homme" dit-il lui-même dans son rêve (1R3:7).
    Le roi Salomon, c'est le roi de tous les superlatifs dans la Bible. Son règne n'est marqué par aucun conflit majeur, ce qui permet à Salomon d'encourager un commerce extensif avec les pays voisins et gérer des ressources immenses. Il lève beaucoup d'impôts, mais exploite également les régions voisines, notamment les célèbres "mines du roi Salomon" qui seront une source immense de richesse.
    Ces richesses alimentent une cour et une armée nombreuses qui lui vaudront le respect des rois et des pharaons voisins, avec lesquels il conclut des alliances. Il épouse même la fille d'un pharaon. Et, comme chacun le sait, il reçoit la reine de Saba à la cour et sera le roi qui fera construire le Temple de Jérusalem. Voilà pour la façade, pour l'apparat, l'apparence, ce que décrivent les chroniques royales : tout est magnifique, tout est majestueux.
    C'est là que le rêve intervient dans notre réflexion. Le rêve — dans notre vision moderne — est la lucarne ouverte sur notre inconscient, sur le continent obscur qui habite au fond de nous. Et je vais relire le rêve de Salomon avec cette vision moderne, comme une porte ouverte dans le subconscient de Salomon.
    Essayons — à l'intérieur de ce rêve et par delà la façade de la littérature de cour qui doit magnifier son roi — de découvrir les pensées intimes de Salomon. Salomon rêve alors qu'il est au sanctuaire de Gabaon, là où la tente de l'Alliance ramenée du désert est plantée.
    Salomon vient de succéder à David et il vient se recueillir devant Dieu. Le rêve est le lieu de rencontre entre Dieu et le roi. Le rêve est un moment de contact, de dialogue, mais sans image à décrypter à la différence du rêve de Jacob (Gn 28). Le rêve est donc composé seulement d'un dialogue entre Dieu et Salomon.
    La thèse freudienne qui a fondé la psychanalyse est de voir dans le rêve l'expression des désirs profonds de l'individu, les désirs qu'il ne peut pas formuler consciemment. Et ce rêve de Salomon porte expressément sur le désir, puisque le rêve s'ouvre sur cette proposition de Dieu : "Demande-moi quelque chose et je te le donnerai !" (v.5) en d'autres termes : "Que désires-tu, je te le donnerai !"
    Donc, on peut imaginer que Salomon est venu dans le temple de Dieu à Gabaon avec une prière non formulée et que le rêve agit comme un révélateur de son désir, de son besoin. Cela est explicité dans la suite, dans les mots que Salomon utilise pour formuler et expliquer les raisons de son choix.
    Après l'éloge de son père David, Salomon dit ceci :
    "Oui, Seigneur mon Dieu, c'est toi qui m'as fait roi pour succéder à mon père David. Mais moi, je suis encore trop jeune pour savoir comment je dois remplir cette tâche. Et je me trouve soudain à la tête du peuple que tu as choisi, ce peuple si nombreux qu'on ne peut pas le compter." (1R3:7-8).
    Dans ces mots "c'est toi qui m'as fait roi pour succéder à mon père David" je vois comme une accusation angoissée. Comme si Salomon disait : "Je suis dans une situation que je n'ai pas choisie et j'ai peur." Ce qui est renforcé par la suite avec les mots "Je suis trop jeune pour savoir comment remplir cette tâche." Ce rêve est plein de l'angoisse de celui qui va devoir affronter un rôle, une tâche pour laquelle il n'est pas préparé, pour laquelle il ne se sent pas à la hauteur.
    Ce rêve angoissé est ce que j'appelle "un rêve professionnel." Je ne sais pas si vous en faites, mais moi, cela m'arrive. Mon rêve professionnel, c'est de venir à l'église pour assister au culte comme simple paroissien et de me voir interpeller à l'entrée et m'entendre dire que je suis de service. J'ai deux minutes pour imaginer une prédication, une liturgie et choisir les cantiques…
    Le rêve professionnel exprime les angoisses liées au travail et je pense que chaque profession à sa version propre. Dans son rêve, Salomon  exprime son doute, son angoisse, sa peur à propos de sa nouvelle charge de roi.
    Mais dans un deuxième temps, il exprime également qu'il a le désir d'assumer cette tâche, c'est pourquoi il demande l'intelligence d'un esprit ouvert pour être capable de régner sur ce peuple nombreux. Il ne se dérobe pas.
    Le rêve est donc révélateur de nos ambiguïtés, de nos ambivalences, de nos sentiments d'incapacités en même temps que de nos aspirations à bien faire. Les deux aspects sont donc présents en filigrane dans ce rêve : l'humilité face à la réalité ressentie de nos maigres ressources et la confiance de recevoir les forces pour arriver à l'idéal espéré.
    L'apôtre Paul a mis en évidence (Rm 7) cette ambivalence qui nous habite tous, entre notre volonté de faire le bien et les forces qui nous retiennent ou nous en empêchent. Nous sommes constamment  tiraillés entre cette force de vie, cette force créatrice, tournée vers le haut et le bien et ces résistances, en nous, qui nous freinent ou nous bloquent. Ces résistances qu'on peut entendre nous chuchoter à l'oreille : tu n'y arriveras pas; tu n'en es pas capable, tu n'es qu'un imposteur…
    Mais le rêve de Salomon ne s'arrête pas là. Il y surgit la parole divine qui approuve la demande de Salomon et appuie la force de vie, la force créatrice et fait taire les voix du doute. Dieu approuve la demande de Salomon. Comme promis, Dieu donne ce qui est demandé, mais plus encore, il donne même ce qui n'a pas été demandé.
    Dieu entend l'ambivalence de nos désirs et de nos peurs, mais il se montre généreux avec nous, il donne de surcroît. Il encourage en nous nos aspirations les plus hautes. Il nous donne les moyens et les ressources dont nous avons besoin pour assumer nos tâches.
    Le rêve de Salomon, Dieu le réalise. De quoi rêvons-nous ? Quels projets allons-nous placer devant la générosité de Dieu pour recevoir l'appui qu'il nous promet ? Nous pouvons faire confiance dans la générosité de Dieu, il fait taire nos doutes et appuie notre force créatrice. Confions lui nos projets.
    Amen
    © Jean-Marie Thévoz, 2011

  • 1 Rois 21 . La vigne de Naboth

    1 Rois 21
    10.12.2000
    La vigne de Naboth
    1 Rois 21

    Avez-vous signé la pétition pour la réhabilitation de Simon Naboth ?
    Comment, vous n'êtes pas au courant ?
    Mais d'où venez-vous pour ne pas avoir entendu parler de toute cette affaire ?
    Ah, quand même ? On vous en a déjà parlé !
    Mais vous voulez connaître ma propre version de l'histoire ?
    Qui me dit que vous n'êtes justement pas un agent de sa police secrète ?
    Ah, vous venez d'Egypte !
    Alors il faut que je vous explique comment mon père s'est retrouvé complètement piégé !

    Mon père avait une vigne, oh, pas très grande, mais quand même, elle produisait bien. Elle nous assurait assez de vin pour acheter ce qu'il fallait de blé, d'huile et de viande pour vivre toute l'année. C'est qu'elle était bien située, sur la pente de la colline, bien exposée au soleil. C'est ça qui a été notre malheur.
    Oui, en haut de la colline, il y avait le palais du roi Achab.
    Non, la vigne n'était pas à Samarie, le palais dont je parle est une résidence d'été, pas le palais de la capitale.
    Non, mon père est d'ici, comme mon grand-père et le grand-père de mon père. Cette vigne elle est depuis toujours dans la famille, c'est notre héritage et la garantie de notre appartenance au peuple d'Israël. Chez nous l'héritage d'une terre, c'est comme notre passeport ou notre carte de vote. On ne peut ni l'abandonner, ni la vendre à qui que ce soit, c'est une terre reçue de Dieu et ce serait gravement l'offenser que de s'en séparer.
    Alors lorsque le roi Achab est venu pour dire à mon père qu'il avait des projets d'extension de son palais et qu'il voulait acheter notre vigne, cela a mis mon père dans un grand embarras. Il est bien difficile de refuser quelque chose au roi, on risque de se le mettre à dos. Mais n'est-ce pas pire de blesser Dieu en abandonnant le cadeau qu'il nous a laissé en héritage ?
    Mon père a réfléchi longtemps, il n'en dormait plus, cela le hantait. Comment choisir ? Et surtout, comment ne pas choisir de plaire à Dieu, plutôt qu'aux hommes ?
    Mon père, c'était quelqu'un, il était droit, il savait comment conduire sa vie et jamais il n'aurait voulu offenser Dieu, ni le roi d'ailleurs, mais s'il fallait choisir, il savait où était son devoir.
    Alors il a dit non au roi Achab. Je l'admire, c'était un acte de grand courage.
    C'est alors que les ennuis ont commencé.

    Tout ça, juste parce que mon père avait une vigne au pied du palais royal !

    Déclaration universelle des Droits de l'Homme
    Article 17
    "Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété."

    * * *

    Le roi Achab n'était pas un mauvais roi ou une mauvaise personne. Mais il était mal conseillé (vous voyez ce que je veux dire...). Il y a à ses côtés (tourner la tête pour voir si l'on est observé, baisser la voix et dire avec terreur) la reine Jézabel.
    Lui, le roi Achab, il aurait laissé tomber. Il est des nôtres, il est le gardien de nos lois et de nos coutumes, il avait compris que les raisons de mon père n'étaient pas de la mauvaise volonté. Il avait essayé, il avait espéré tomber sur quelqu'un qui n'était pas attaché à la coutume ou qui avait plus envie de faire fortune que de suivre le chemin du Seigneur. Mais il était tombé sur mon père.
    Tout seul, le roi Achab, il aurait changé les plans d'extension de son palais. Mais avec Jézabel, cela n'allait pas passer comme cela. Vous voyez, Jézabel, elle vient de Sidon en Phénicie. Elle a gardé ses dieux de là-bas et elle détourne le roi du chemin de ses pères. Elle a beaucoup d'influence sur lui. Elle a réussi, à Samarie même, la capitale, à faire construire un temple à Baal. Baal, voilà un dieu qui demande des choses affreuses. Pour qu'il donne la vie à travers la pluie, eh bien, les hommes doivent lui sacrifier des vies. En temps normal, des animaux suffisent. Mais si la pluie ne vient pas, alors Baal réclame des enfants. C'est une véritable abomination. Après ça, étonnez-vous que cette Jézabel n'ait aucun respect pour la vie humaine et n'hésite pas à trucider tous ceux qui se mettent en travers de son chemin.
    Où en étais-je ? Ah oui, Achab aurait laissé tomber pour la vigne de mon père. Mais Jézabel — maudite soit-elle — a pris cela pour un affront personnel contre son mari.
    — Non mais, tu ne vas pas te laisser faire par ce nabot de Naboth — oui notre nom c'est Naboth, alors le jeu de mot est facile, j'en ai assez souffert à l'école ! — tu ne vas pas te laisser retenir par cette coutume idiote, tu es le roi d'Israël quand même !
    Qui c'est qui règne ici ? Tu ne vas pas t'incliner comme ça, simplement parce qu'il a dit non ! Tu passeras pour une lavette, personne ne te respecteras plus. C'est une honte.
    Elle criait tellement fort que tous les serviteurs ont entendu la savonnée qu'elle passait à son mari. J'aurais presque pitié de lui, s'il n'avait pas fait ce qu'il a fait. Ou plutôt laisser faire...
    Jézabel, en fait, lui a simplement demandé de la laisser régler l'affaire elle-même. Et il a accepté, et pour cela je lui en voudrais toujours, tout roi qu'il est. Ou justement parce qu'il est roi et qu'il aurait dû refuser pour faire respecter le droit.

    Jézabel a monté un piège, un vrai traquenard. Mon père n'avait aucun moyen d'y échapper. Alors elle l'a fait arrêter par sa milice.

    Tout ça, juste parce que mon père avait une vigne au pied du palais du royal !

    Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme
    "Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé."

    * * *

    Ah, vous voulez savoir quel était ce piège ? Eh bien, elle a écrit des lettres au nom du roi Achab, avec le cachet royal, pour faire organiser un banquet. Elle s'est arrangée pour que les anciens de la ville désigne mon père pour présider ce banquet officiel. Mon père était président de la confrérie des vignerons de la ville, cela n'avait rien d'anormal qu'on lui demande de présider ce banquet.
    Jusque-là, tout allait bien.
    Mais Jézabel avait envoyé deux membres de la mafia de Samarie à ce banquet. Pour sûr que ces deux-là avaient une dette envers Jézabel ou comptaient obtenir en échange l'impunité pour un racket quelconque. Bref, ils avaient reçu des cartons d'invitation et se trouvaient au banquet. Là, lorsque mon père commençait son discours de bienvenue, ils sont intervenus pour dire qu'ils l'avaient entendu maudire Dieu et tenir des propos antiroyalistes. Ces deux là avaient tellement bien monté leur coup qu'ils sont arrivés à retourner l'opinion de l'assemblée, qui pourtant tous connaissaient mon père de vue et de réputation.
    Comme ils étaient deux, cela faisait deux témoignages et cela suffisait pour le faire arrêter. C'est vraiment bizarre que la milice ait été là sur place si rapidement, alors qu'il faut l'attendre des heures lorsque des vauriens viennent se servir dans nos vignes. Cela montre bien que tout était manigancé d'avance !

    Le pire, c'est qu'après cette arrestation, mon père a été emmené tout de suite hors de la ville, sur le terrain vague, sans aucune forme de procès. D'habitude, on laisse retomber l'excitation de l'arrestation et on prépare un procès. On nomme un juge et l'on permet à l'accusé de produire aussi des témoins.
    Là, rien.

    Tout ça, juste parce que mon père avait une vigne au pied du palais du royal !

    Article 11 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme
    "Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées."

    * * *

    La foule était rassemblée là, sur le terrain vague. Il y avait ceux qui venaient du banquet et qui injuriaient mon père. Et il y avait les gens qui étaient simplement dans la rue au moment où les gens du banquet étaient sortis et avaient fait cortège pour amener mon père jusque-là. Il faisait chaud, cela criait de partout, mon père était malmené, mais on pouvait encore penser qu'il serait juste passé à tabac et qu'on le laisserait tranquille. Beaucoup pensaient qu'il fallait juste lui faire la leçon et que tout le monde se souviendrait simplement qu'il ne faut pas dire du mal du roi.
    Mais non, la tension montait. Quelques personnes avaient ramassé des pierres, mais personne n'osait jeter la première pierre. Chacun sait que la première pierre est le signal et qu'après tout peut arriver, qu'il n'est plus possible d'arrêter le délire d'une foule.
    Puis tout à coup, le silence s'est fait, je ne sais pas comment. Et ceux qui étaient autour de mon père ont commencé à reculer. Le cercle s'élargissait autour de mon père et j'ai pensé qu'il était sauvé.
    Mais alors, dans le silence de la foule, l'envoyé de Jézabel que le roi Achab n'avait pas arrêté dans son projet mortel, a lancé sa pierre en criant "A mort, le traître" et là j'ai su que tout était fini.

    Tout ça, juste parce que mon père avait une vigne au pied du palais du royal !

    Article 3 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme
    "Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne".


    * * *

    Vous ne pouvez pas savoir ma haine à ce moment-là pour tous ces gens qui se sont laissé entraîner dans cette violence collective. Pourquoi personne n'a pris la défense de mon père ?

    Vous ne pouvez pas savoir comment cela a été les jours suivants. Personne dans la ville ne m'a plus regardé en face, tellement ils avaient honte.

    Vous ne pouvez pas savoir ensuite mon désespoir lorsque le roi Achab est venu prendre possession de la vigne de mon père, celle dont je devais hériter et transmettre à mes enfants lorsque j'en aurais.

    J'étais dans la vigne du voisin, caché derrière le pressoir. J'étais effondré, sans avenir, un exilé sans terre dans mon propre pays. Qui viendrait prendre ma défense après ce qui est arrivé ? Un mot et mon sort serait pareil à celui de mon père. On sait de quoi est capable Jézabel.

    J'observais de loin ce qui se passait dans ma vigne, comment Achab parcourait ma vigne, la vigne de mon père, Naboth, en souriant, en s'exclamant sur ses réalisations futures.
    Alors il s'est passé quelque chose d'incroyable !
    Un homme est arrivé en courant. Il s'est placé en face du roi Achab, debout ! Il ne s'est pas incliné comme tous les autres, morts de peur.
    Et il a commencé à déclamer :

    « Voici ce que déclare le Seigneur :
    — Ainsi, tu as assassiné quelqu'un,
    et tu viens maintenant prendre possession de ses biens »
    « Voici ce que déclare le Seigneur :
    — A l'endroit même où les chiens sont venu lécher le sang de Naboth, les chiens viendront aussi lécher ton propre sang.»

    "Puisque tu as pris du plaisir à faire ce qui répugne à Dieu, voici ce qu'il déclare :
    « Je vais envoyer le malheur sur toi, je te ferai disparaître, parce que tu m'as extrêmement fâché et que tu as poussé le peuple d'Israël à commettre un meurtre. » (1 Rois 21 : 19+21)

    Et le prophète ajouta ces paroles pour toute l'assemblée qui était autour du roi :

    "— On vous a dit ce qui est bien et ce que le Seigneur demande de vous :
    c'est de respecter la justice et le droit des autres,
    d'aimer agir avec bonté
    et de marcher humblement avec votre Dieu." (Michée 6:8)

    Sur ce, le prophète s'en alla comme il était venu, sans que personne n'ose mettre la main sur lui. C'est la main de Dieu qui était sur lui.

    Ainsi j'ai compris, qu'il y avait quelqu'un au-dessus du roi et que le roi ne pouvait pas faire ce qu'il voulait avec n'importe qui.
    La contestation de l'injustice est soutenue par notre Dieu, le Dieu d'Israël, loué soit-il !
    Depuis ce moment, je ne me suis plus senti seul dans ma révolte contre l'injustice, je me suis senti soutenu dans mon nouveau combat contre l'oppression des petits, des sans-voix, des sans-pouvoirs.

    Merci mon Dieu d'avoir envoyé quelqu'un dire directement au roi ma colère contre le mal qu'il y a dans le monde.

    Merci mon Dieu d'être du côté de la justice et du plus faible. Apprends-nous à nous mettre du même côté que toi dans la vie.

    Amen.

    © 2006, Jean-Marie Thévoz

  • 1 Rois 3. Dieu est comme le web de la pensée...

    1 Rois 3
    24.9.2000
    Dieu est comme le web de la pensée...
    1 Rois 3:4-13 Mt 22:34-40

    Chers catéchumènes, chers parents, chers paroissiennes et paroissiens,
    Par ce culte, nous voulons marquer le début du catéchisme de 34 jeunes de Bussigny et Villars-Ste-Croix. C'est un événement important dans la vie de la paroisse, dans la vie de ces 33 familles (il y a des frères et soeurs qui commencent ensemble) et dans la vie de ces jeunes.
    Par ce culte, puis par le catéchisme, vous les jeunes, et par ricochet vous leurs familles, vous allez être confronté à la "question de Dieu". Y a-t-il quelqu'un au-dessus de nous ? Sommes-nous seul à affronter la vie ? Le mal l'emporte-t-il sur le bien dans ce monde ? Comment puis-je réussir ma vie ? Serais-je aidé, soutenu ? Peut-on être heureux dans notre monde ? Que puis-je, que vais-je faire de ma vie ?
    Des questions qui se poseront de façon pratique à vous les jeunes, dans le cours de votre scolarité, dans le cours de votre vie affective et familiale, dans le cours de votre vie sentimentale et amoureuse.
    Vous allez passer par le chemin de Salomon qui nous est décrit dans la Bible. Vous allez progressivement découvrir que vous êtes de plus en plus maître de votre vie, de votre existence. Vous devenez roi - reine d'un nouveau domaine avec la question : comment faire pour être heureux ?
    Et comme Salomon, vous allez recevoir cette question de Dieu : "Voyons, que pourrais-je te donner ? Demande-le moi !" (1 R 3:5) Vous avez droit à un voeu ! Quel est votre rêve ? Quel est votre besoin essentiel ? Il ne s'agit pas ici de demander du beau temps pour votre prochain pique-nique ! Il s'agit de votre vie ! Qu'est-ce qui est essentiel pour réussir sa vie ? Quelle est votre idée d'une vie réussie ? Dieu est prêt à vous conduire à la réalisation de votre rêve de vie !
    Bien sûr, on peut se dire, dans sa tête : du temps du Roi Salomon, Dieu parlait peut-être aux hommes, mais aujourd'hui, c'est dépassé, à qui Dieu parle-t-il aujourd'hui ? Mais la question n'est pas "A qui Dieu parle-t-il ?" mais "Qui l'écoute ? Qui reconnaît la voix de Dieu dans la masse de messages qui nous parviennent ?" Dieu parle constamment aux humains par des signes.
    Observez que Dieu "parle" à Salomon au travers d'un songe, d'un rêve. Que faites-vous de vos rêves, le matin ? Savez-vous à quel point ils sont importants, porteurs de vérités intérieures, réponses à vos questions profondes ?
    Beaucoup de monde doute que Dieu puisse nous parler dans nos rêves, parce que nous avons une vision trop limitée de Dieu. Notre imagination nous présente des images réduites de lui. Imaginez-le comme une énergie positive répandue dans l'univers.
    Vous connaissez internet, le web, la toile. Avec un ordinateur, on peut s'y brancher et communiquer avec le monde entier, y faire des rencontres, dialoguer, poser des questions et recevoir des réponses. Dieu est comme le web de la pensée. L'ordinateur, c'est votre cerveau, pas besoin de matériel compliqué ou coûteux. Les messages, c'est votre pensée. Les rêves ou les sentiments que vous éprouvez, ce sont les e-mails, les SMS que vous recevez. Allez-vous ouvrir votre boîte aux lettres ou laisser dormir vos messages et les ignorer ?
    Dans le temps, depuis des centaines, même des milliers d'années, des personnes à l'écoute ont reçu des messages et les ont mis par écrit. Ces écrits ont été rassemblés dans un gros manuel qu'on appelle la Bible. C'est l'expérience d'hommes et de femmes qui sont allés régulièrement relever leur boîte aux lettres pour être en liaison avec ... Dieu.
    Lorsqu'un homme a essayé de condenser, de résumer au plus court les expériences de ces hommes et de ces femmes sur le chemin de la vie, à la quête du bonheur, cela a donné ceci :

    "— Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le commandement le plus grand et le plus important. Et voici le second commandement qui lui est semblable : Tu dois aimer ton prochain comme toi-même." (Mt 22:37-39)
    Pourquoi la clé du bonheur est-elle dans un commandement et pas dans une affirmation telle que : "Tu seras heureux le jour où... tu auras ton permis ... tu auras trouvé ton conjoint... etc. ? La clé du bonheur est dans un commandement : "Tu aimeras..." pour vous dire que votre destin est entre vos mains, votre destin, votre bonheur ne dépend pas des autres, mais de vous. Il dépend du moment où l'on commence à faire circuler l'amour autour de soi. Ne faites pas dépendre votre bonheur du premier pas de l'autre, faites vous-mêmes le premier pas !
    Vous avez remarqué que la Bible dit qu'aimer Dieu c'est la même chose qu'aimer quelqu'un ! Cela devient clair lorsqu'on pense Dieu comme cette énergie positive, porteuse d'amour, répandue dans l'univers. Aimer Dieu, c'est utiliser cette énergie positive en faveur de quelqu'un.
    Il y a là un trésor disponible, c'est ce trésor que Dieu met à disposition de Salomon. C'est ce trésor que Dieu met à votre disposition, pour que vous puissiez trouver le bonheur dans votre vie.
    Amen

    © 2006, Jean-Marie Thévoz

  • 1 Rois 3. Croire vraiment en la générosité de Dieu

    1 Rois 3
    18.6.2006
    Croire vraiment en la générosité de Dieu
    1 R 3 : 5-14 Jn 13 : 12-17

    Chères paroissiennes, chers paroissiens, chères familles des nouveaux baptisés,
    Vous venez de confier ces enfants à Dieu dans le baptême. Vos enfants et vous-mêmes, au travers de vos engagements, vous entrez dans une relation nouvelle ou renouvelée avec Dieu. Chacun d'entre vous qui êtes venus dans cette église ce matin, vous entrez dans la relation avec Dieu. La relation est un dialogue, un échange où chacun peut demander quelque chose à l'autre. En effet, nous venons pour demander des choses à Dieu, puisque nous venons prier : nous souhaitons que Dieu nous aide dans nos difficultés, nous apporte du soulagement ou de la consolation, nous apporte de la joie ou du répit.
    Alors qu'est-ce que Dieu va nous demander en retour ? Dieu ! me demander quelque chose ! Peut-être que l'appréhension monte ? Oui, bien sûr, dans ce dialogue, Dieu nous demande quelque chose, il attend de nous une réponse. C'est ce qui s'est passé lorsque Salomon est entré en dialogue avec Dieu au sanctuaire de Gabaon.
    Dieu est apparu à Salomon dans un rêve et lui a demandé :

    "— Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi." (1 R 3:5)
    Observez bien la délicatesse de la demande ! Dieu — qu'on imagine tout savoir — ne vient pas dire à Salomon : « Je sais ce dont tu as besoin et je vais te le donner. » Non, Dieu ne veut rien imposer, il demande vraiment ce que désire Salomon. Dieu respecte la liberté de Salomon. Dieu ne fait pas le bien des gens contre leur volonté. Dieu nous demande de poser les objectifs de notre vie et de demander ce dont nous avons besoin pour les atteindre.
    Avant de dire ce qu'il désire, Salomon dit à quel point il est reconnaissant envers la générosité de Dieu, pour son père David et pour lui-même. Ensuite, il reconnaît qu'il a reçu son titre de roi, c'est un don qu'il a reçu et qui ne dépend pas de ses mérites, de ses actions, il est simplement le fils du roi précédent. Enfin, il reconnaît ses propres limites : il est jeune et sans expérience, il a besoin de recevoir une intelligence, une sagesse pour accomplir sa mission. Aussi demande-t-il "un cœur plein de sagesse" pour conduire son peuple et pour discerner le bien du mal.
    Avec le recul, on pourrait dire que cette demande est déjà pleine de sagesse et d'intelligence. Cette demande plaît à Dieu. Non seulement Dieu va lui accorder ce qu'il demande, mais en plus il va lui donner ce que Salomon avait renoncé à demander : une longue vie, la richesse et les victoires.
    Cela vaut la peine de se lancer dans le dialogue avec Dieu et de prendre le risque d'écouter ce qu'il nous demande et de lui répondre !
    Le Dieu de la Bible, le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu généreux et bienveillant : après le don de la vie, il veut encore nous combler comme Salomon. Peut-on croire que Dieu nous fait, à chacun, la même demande, la même offre qu'il a faite à Salomon ?
    Bien peu de monde y croit ! On a tellement l'habitude d'entendre dire "Dieu est généreux, Dieu est bienveillant, Dieu est amour" que, paradoxalement, cela ne nous touche plus, cela ne nous atteint plus, nous n'y croyons pas.
    Il faut que cela soit reformulé différemment, et surtout hors Eglise, pour que les gens l'entendent : "La vie est généreuse"; "Rien n'arrive par hasard"; Chacun a son ange gardien, apprends à le connaître et il te guidera…"; "Crois en ton destin, demande ce que tu veux à la vie et cela te sera donné."
    Le point commun de toutes ces affirmations, c'est d'ouvrir notre esprit à une présence mystérieuse; c'est de faire de la place pour un être bienveillant au-dessus de nous; c'est de recevoir les événements de la vie comme des dons, des cadeaux; c'est d'avoir conscience de sa petitesse, de ses limites et que cette conscience devient une force; c'est d'avoir conscience qu'il existe une sagesse qui vient du fond des âges et peut nous guider.
    Eh bien, ici — dans l'Eglise — nous donnons au destin, à la force de vie, à la présence mystérieuse, le nom de "Dieu" ou celui de "Jésus-Christ." Jésus-Christ était un "maître" comme il le dit à ses disciples après le lavement des pieds, mais il n'est pas venu comme un tyran, mais comme un serviteur. Au service de la vie, au service de la relation, de l'amour.
    Jésus nous offre la même sagesse que celle qu'il a donnée à Salomon. Cette sagesse est là dans les paroles de Jésus qui se trouvent dans la Bible, un véritable mode d'emploi de la vie et du bonheur, si seulement nous voulions nous en inspirer !
    Dieu ne nous offre pas seulement la vie à la naissance, il nous offre la possibilité du bonheur, quelles que soient les circonstances de l'existence. Il n'offre pas le bonheur aux seuls gens heureux, cela n'aurait pas de sens.

    "Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu" dit Jésus (Luc 19:10).
    C'est à chacun de nous — dans la situation que nous vivons — que Dieu adresse la même demande qu'à Salomon : "— Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi."
    Oserons-nous dire à Dieu nos désirs secrets et accepter la générosité de sa main ? Avons-nous assez confiance en lui ?
    Amen

    © 2006, Jean-Marie Thévoz, Suisse, Bussigny.