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Toute souffrance est une urgence aux yeux de Dieu

(9.9.2001)

Esaïe 57

Toute souffrance est une urgence aux yeux de Dieu

Esaïe 57 : 15-19.         Hebreux 13 : 1-3.         Luc 14 : 1-6

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Chers amis,

Quelle image avons-nous de Dieu, quelles qualités — ou défauts — lui attribuons-nous ? La majeur partie du travail de Jésus auprès de ses contemporains a été de leur donner une nouvelle image, une nouvelle vision de Dieu. Pas tellement que l'image donnée dans l'Ancien Testament n'était pas la bonne et devait être corrigée, mais parce que, à chaque génération, nous-mêmes, nous déformons, obscurcissons l'image qui nous est présentée.

Ainsi à l'époque de Jésus, ce sont les Pharisiens qui sont porteurs d'une certaine image de Dieu que Jésus cherche à rectifier. Dans un souci de bien faire, les Pharisiens ont énormément codifié la relation à Dieu. Il y a ce qu'il faut faire et tout ce qu'il ne faut pas faire. Cela ressemble à notre dicton : "Tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire, et tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit."

Il n'y a plus de place pour un espace de liberté, pour des exceptions et des cas particuliers, on applique la règle et tant pis si des personnes sont broyées par le système. On n'y peut rien ! Cela est particulièrement mis en évidence chaque fois que Jésus fait une guérison le jour du sabbat.

Le sabbat, le jour du repos, c'est sacré ! Interdit de faire quoi que ce soit ! Dieu le veut ainsi ! Alors Jésus vient avec ses questions qui dérangent : "Notre loi permet-elle ou non de guérir le jour du sabbat ?" Silence des interlocuteurs de Jésus. (Dans un autre récit, il est répondu à ceux qui souffrent : "Venez vous faire soigner en semaine !") Jésus continue : "Mais, s'il est question d'un sauvetage urgent qu'on ne peut pas renvoyer au lendemain, que faites-vous ?" Silence encore ! Silence qui en dit long : Là, lorsque c'est urgent, on se le permet.

Alors, Jésus répond lui-même aux questions qu'il pose, il n'y répond pas par des paroles, mais par des actes, il guérit l'homme malade ! (Observez a passage la discrétion du récit sur cette guérison : "Jésus prit le malade, le guérit et le renvoya" l'accent n'est pas sur le miracle, mais sur la signification de son geste.) Pour Jésus — ici porte parole de Dieu — toute souffrance est une urgence aux yeux de Dieu. Un autre jour de sabbat Jésus avait guéri une femme courbée depuis 18 ans (Luc 13:10-17). La faire attendre un jour de plus aurait été un jour de trop !

Ce caractère d'urgence semble renverser les priorités pour Jésus. Alors que les Pharisiens placent en premier le respect dû à Dieu, dans le respect du repos du sabbat, pour ensuite — en second — se préoccuper de son prochain, Jésus met le prochain en premier et Dieu en second ! Dieu en second, à la seconde place, après l'être humain ! N'est-ce pas scandaleux ?

Ce serait effectivement scandaleux si c'était l'être humain lui-même qui s'autoproclamait à la première place pour reléguer Dieu à la seconde. C'est scandaleux chaque fois qu'une personne fait passer ses propres intérêts individuels avant la volonté de Dieu. Mais ce n'est pas ce qui se passe ici ! Jésus rappelle ici le projet, la volonté de Dieu. Cette volonté, ce projet de Dieu si bien exprimé dans ce verset d'Esaïe :

 

"Voici ce que déclare celui qui est plus haut que tout, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : « Moi, le Dieu saint, j'habite là-haut, mais je suis avec les hommes qui se trouvent accablés et ont l'esprit d'humilité, pour rendre la vie aux humiliés, pour rendre la vie aux accablés. » (Es 57:15)

Ce Dieu suprême, qui est plus haut que tout, décide unilatéralement, de sa propre initiative de réduire la distance entre lui et les êtres humains, de se placer délibérément aux côtés des humains : "J'habite là-haut, mais je suis avec les humains..." Dieu avec les humains, Dieu avec nous, Emmanuel (j'anticipe un peu sur Noël !)

Dieu place en priorité la cause de l'humain, c'est pourquoi Jésus peut opérer le renversement de places, parce que Dieu lui-même a décidé que la meilleure façon de l'honorer c'est d'aller au secours de son prochain, c'est de se préoccuper du sort de ceux qui souffrent, c'est de rétablir les relations entre nous. Souvenez-vous ces autres paroles de Jésus : "Laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord faire la paix avec ton frère; puis reviens présenter ton offrande à Dieu" (Mt 5 : 24). L'amour que nous avons pour Dieu se lit dans notre façon de nous comporter avec nos proches et ceux que nous côtoyons.

Jésus a été ce prochain — porteur de la guérison de Dieu pour cet homme malade rencontré un jour de sabbat. Dieu a placé Jésus sur le chemin de cet homme pour que nous sachions qu'il place des hommes et des femmes sur notre propre chemin pour réaliser envers nous son projet de guérison.

Dieu place sur notre chemin des personnes qui nous aident à passer les moments difficiles, à surmonter les obstacles, les épreuves, les deuils... De même il place sur notre route des personnes (des anges dit la lettre aux Hébreux (Hb 13: 1-3) avec qui partager nos moments de bonheur, de joie et de reconnaissance.

Avons-nous les yeux ouverts à cette image de Dieu ? Avons-nous les yeux ouverts pour regarder le monde autour de nous, les personnes que nous rencontrons pour y voir les messagers du Dieu bienveillant qui veut notre guérison, notre bonheur ?

Essayez cette vision pour la semaine qui vient, vous aurez peut-être des surprises !

Amen

© Jean-Marie Thévoz, 2021

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