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Une nourriture qui comble vraiment

Jean 6

12.11.2017

Une nourriture qui comble vraiment

Dt 8 : 7-18       Jean 6 : 25-35

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Chers frères et sœurs en Christ,

La foule cherche Jésus et ses disciples. La veille, Jésus les avaient tous nourris, c’était la multiplication des pains. Mais Jésus s’était retiré, car il avait pressenti que la foule voulait qu’il devienne leur chef, leur roi. Quoi de mieux, comme chef, que quelqu’un qui leur donne du pain en abondance, gratuitement. Le peuple veut du pain et des jeux ! Mais Jésus ne veut pas se laisser entraîner dans ce type de jeu et de relation.

Quand les gens le retrouvent le lendemain, Jésus dévoile leur quête et leur dit qu’elle ne correspond pas à ce qu’il offre. Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : vous me cherchez parce que vous vous êtes rempli l’estomac, pas parce que vous avez compris le sens de mon action.» La multiplication des pains ne se voulait pas un acte magique ou merveilleux. C’était un signe, un message. Et Jésus va l’expliquer à ses disciples.

Jésus l’explique en deux parties qui commencent chacune par cet introduction solennelle : « En vérité, en vérité je vous le dis ».

  1. Dans la première étape, Jésus leur dit carrément que la foule se trompe quand elle veut juste de la nourriture pour l’estomac. Cette nourriture est éphémère, périssable. Cette nourriture a un Migros-data, et la faim revient toujours. Le désir d’avoir n’est jamais comblé, il faut toujours plus, toujours plus grand, toujours plus beau, toujours plus neuf. Toute la publicité dans notre société joue sur ce registre pour nous dire en même temps que nous sommes malheureux de ne pas avoir leur dernier produit, mais aussi que le bonheur sera dans son acquisition. Mais pourquoi continuons-nous de nous faire avoir ?

Il y a de 2'000 ans, Jésus disait déjà à la foule et à ses disciples : ne vous laissez pas avoir, rien de ce qui est périssable peut vous combler, vous rassasier. Chercher la nourriture durable celle qui mène à « la vie éternelle » selon les mots de Jean (Jn 6:27), (l’évangéliste Matthieu utilise les mots de « richesses qui sont dans le ciel » (Mt 6:20). Jésus nous renvoie à ce qui est durablement vivant, ce qui ne peut ni disparaître ni être repris, ce qui conduit à la plénitude.

Les disciples veulent bienaller dans ce sens, mais ils demandent comment obtenir cette nourriture durable. Jésus leur répond de « croire en celui que Dieu a renvoyé » (Jn 12:44). Dans le vocabulaire de l’évangéliste Jean cela signifie voir dans Jésus l’ambassadeur de Dieu, celui qui est le représente, comme je les développé dans ma prédication du 15 octobre dernier.

Les disciples ne sont pas très satisfaits de la réponse et demandent ce qui prouve que Jésus est bien cet ambassadeur. Et Jésus les renvoie aux signes de l’Ecriture, aux signes donnés aux ancêtres, et il cite la manne donnée dans le désert.

Par-là, Jésus montre que Dieu a toujours donné à son peuple de la nourriture et des conditions de vie, des conditions favorables à la vie. Dans le désert, Moïse a frappé le rocher pour avoir de l’eau. Il a imploré Dieu pour avoir la manne et les cailles. Ensuite, le peuple qui sort du désert arrive dans la terre promise où se trouve de l’eau, du blé, de l’orge, de la vigne, des figuiers, des grenadiers, des oliviers et du miel. (Dt 8:8)

Mais le récit avertit aussi — sûrement le fruit de l’expérience — de faire attention à ce que la prospérité ne tarisse pas la reconnaissance. Il invite à ne pas oublier le rôle de Dieu dans notre vie et de ne pas croire que nos succès ne reposent que sur nos propres forces et nos propres mérites.

Cette ingratitude, c’est ce que nous vivons dans nos sociétés occidentales qui oublient que toute notre prospérité repose sur ce que produit et nous donne la terre et la création.

Jésus appelle à se souvenir que tout vient en fin de compte de Dieu et que tout ce qui nous est donné, de la manne à la multiplication des pains en passant par la terre promise, vient de Dieu. Et ces exemples concrets de bénédictions ne sont que des signes de la véritable nourriture que Dieu veut nous donner, une nourriture qui comble vraiment notre être.

  1. Jésus explique dans une deuxième partie qui commence aussi par « En vérité, en vérité, je vous le dis » : « c’est mon père qui vous donne le vrai pain du ciel.» (Jn 6:32)

Jésus opère ici plusieurs glissements :

  1. a) ce n’est plus Moïse qui donne le pain, mais c’est Dieu lui-même, c’est Dieu qui le donne.
  2. b) Ensuite il y a un changement de temps, entre le don du passé au désert et le don dans le présent. C’est maintenant que le don du pain est renouvelée par Dieu. C’est maintenant pour les disciples, c’est maintenant pour nous que ce temps a lieu.
  3. c) Enfin le troisième glissement est le passage du pain de farine au nouveau pain qui est le Christ lui-même. C’est d’abord dit à mots couverts : « le pain que Dieu donne, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » (Jn 6:33) Mais quand les disciples réclament de se pain-là, alors Jésus se dévoile, se révèle, il dit : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jn 6:35)

Jésus se révèle comme la nourriture que Dieu donne. Jésus est celui qui est donné pour combler notre faim. C’est lui qui peut combler nos faims, nos quêtes, nos aspirations les plus profondes.

Pour nous rappeler qu’il est la nourriture qui vient du ciel, il nous a donné le signe de la Cène, où le pain représente son corps, donc sa présence ; où le vin représente son sang, c’est-à-dire dans la pensée hébraïque sa vie, sa vitalité.

Jésus nous nourrit par sa Parole — une parole d’accueil, une parole d’amour inconditionnelle qui vient de Dieu — et par le repas de la Cène, il nous donne — travers des éléments concrets — un signe du don de sa présence, de sa vie.

Recevoir le Christ comme le pain descendu du ciel, c’est reconnaître que nous avons besoin d’une nourriture spirituelle pour être heureux. Reconnaître que notre vie a besoin de sens. Reconnaître qu’en plaçant l’amour au centre, Dieu donne la seule nourriture qui puisse vraiment, durablement nous combler. Dans sa Parole et dans la Cène, Dieu nous comble de son amour. Merci Seigneur.

Amen

© Jean-Marie Thévoz, 2017

 

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