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Jésus dit : "Je suis le pain de vie"

(22.8.1999)

Jean 6

Jésus dit : "Je suis le pain de vie"

Deutéronome 16 : 1-3.        Matthieu 4 : 1-4.      Jean 6 : 29-35

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Maître, donne-nous toujours de ce pain-là, demandent les disciples à Jésus. "Notre Père, ... donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour" demandons-nous à Dieu chaque fois que nous prions le Notre Père.

Le pain — dans ces demandes — représente tout ce qui nous est matériellement nécessaire pour vivre. Le pain — jusqu'à il y a peu de temps — représentait la base de l'alimentation générale. Il n'y avait pas de repas sans pain. Le pain était ce qui nourrissait, ce qui comblait la faim, les autres aliments venant en complément, apportant simplement d'autres goûts, de la variété.

Retenons que le pain vient combler notre faim. Nous avons donc le pain, la faim et nous. Nous avons une triade, l'être humain, le pain et la faim et cette triade modèle l'histoire et particulièrement l'histoire d'Israël.

Pensez à l'histoire de Joseph en Egypte, d'esclave vendu par ses frères, il devient le maître des greniers de toute l'Egypte, sauvant l'Egypte et sa famille de la famine.

Pensez à la Pâque où le pain sans levain rappelle le temps de misère qui précède la libération.

Pensez à la manne au désert, le pain descendu du ciel pour nourrir le peuple des hébreux en marche.

Pensez au repas messianique annoncé par Esaïe ou l'eau, le vin et le pain seront gratuits et surtout nourrissants :

 

"A quoi bon dépenser de l'argent pour un pain qui ne nourrit pas, à quoi bon vous donner du mal pour ne pas être satisfait ?" (Es 55:2)

Et c'est vrai que si le pain est une bénédiction, n'est-il pas aussi décevant ? Toujours à nouveau, il faut se remettre à manger. Pain et faim vont de pair, en alternance, et c'est bien une découverte qui vient avec les années : ce qui était satisfaisant à un moment perd de son attraction et une autre faim se creuse. Un besoin satisfait creuse un nouveau désir.

C'est une chose que notre société de consommation exploite à loisir en nous présentant toujours des nouveautés comme si elles allaient satisfaire nos besoins profonds. C'est ainsi qu'elle détourne notre quête d'absolu sur des objets — toujours de même nature — qui ne peuvent nous satisfaire.

Au cours du temps, des années, nos besoins et nos aspirations se mettent à changer. Où en sommes-nous aujourd'hui ? Où en êtes-vous en ce moment ? Quelle est la couleur de votre soif ? Quelle est la couleur de votre faim ?

Vous aviez des rêves d'enfants, vous aviez des rêves de jeunesse. Qu'avez-vous déjà réalisé ? Que vous reste-t-il à entreprendre ? Comment vos aspirations se sont-elles transformées ?

Je crois que l'ensemble de nos rêves, de nos besoins, de nos aspirations révèlent — touches par touches — une aspiration fondamentale et personnelle que nous avons chacun à déployer et à accomplir. Dieu creuse en nous une faim — de la même manière que Jésus a eu faim au désert — et cette faim, creusée en nous, doit recevoir sa réponse, notre réponse, une réponse personnelle.

Au cours du temps, de notre vie, nous allons essayer plusieurs voies qui nous donneront en même temps certaines satisfactions et de nouvelles faims. Comme Jésus, nous avons réalisé que le pain ordinaire, matériel, n'est pas une réponse à notre faim, cette faim intérieure : "L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole que Dieu prononce" (Mt 4:4). S'il est facile de comprendre la première partie de la phrase, il est difficile de comprendre la seconde ! Concrètement, comment cette parole qui vient de Dieu peut-elle répondre et satisfaire toutes nos aspirations ou nos aspirations les plus profondes ?

C'est là que l'Evangile de Jean nous est précieux : il nous dit que la Parole de Dieu s'est faite chair. Elle est devenue une personne en Jésus-Christ. La Parole n'est pas un mot écrit qu'il faudrait redire, c'est une personne vivante. Cette personne nous dit :

 

"Je suis le pain de vie,

celui qui vient à moi, n'aura jamais faim,

celui qui croit en moi, n'aura jamais soif !" (Jean 6:35)

Pour que le Christ devienne le pain qui comble nos aspirations profondes, il nous est dit de venir à lui et de croire en lui, c'est-à-dire croire qu'il nous dit les paroles que nous avons le plus besoin d'entendre au fond de nous : des paroles d'acceptation, des paroles d'appréciation, des paroles d'estime, des paroles d'encouragement et de soutien.

Le Seigneur nous invite à sa table, où nous recevons le pain de vie, afin que nos besoins soient comblés, notre faim apaisée, notre soif étanchée. Heureux ceux qui viennent et croient.

Amen

© Jean-Marie Thévoz, 2023

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