09.09.2006

6.8.06 / Ruth 1. Après le deuil, le bonheur est-il possible ?

Ruth 1
6.8.2006
Après le deuil, le bonheur est-il possible ?
Rt 1 : 1-22

Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Pour ces prochains dimanches du mois d'août, j'ai choisi de vous parler de l'histoire de Ruth la Moabite. On a l'habitude de l'entendre comme une jolie histoire d'amour champêtre où la jeune et jolie Ruth s'éprend de (ou séduit) Booz, le riche propriétaire… et tout cela finit par un beau mariage.
Cette lecture — façon Collection Arlequin — risque cependant de nous faire perdre les aspects plus piquants, voire choquants, et plus dramatiques de l'histoire. Cette lecture romantique risque aussi de nous faire passer à côté des vraies leçons de vie du récit, et même de ses implications politiques. Je ferai donc trois lectures de ce récit : aujourd'hui une lecture plutôt psychologique, dimanche prochain une lecture théologique et finalement le dimanche 27 août, une lecture politique.
L'histoire de Ruth est une belle histoire, puisqu'elle finit bien. Ruth se marie avec l'homme qu'elle a choisi, elle enfante un fils, ce qui l'inscrit dans la lignée généalogique d'où sortira le roi David et le Christ. Voilà un destin merveilleux qui semble sortir tout droit d'un conte de fée.
Ce qui différencie ce récit du conte de fée cependant, c'est que ce bonheur s'est construit dans la douleur. Il n'y a pas de princesse, il a une veuve, Ruth — belle-fille d'une autre veuve — qui arrive comme étrangère dans un pays qu'elle ne connaît pas. Il n'y a pas de prince charmant, il y a deux hommes qui ont des droits sur Ruth et qui peuvent l'acheter sans qu'elle ait son mot à dire. Il n'y a pas de château, il y a la pauvreté qui oblige Ruth à aller glaner dans les champs, ramasser les restes négligeables abandonnés derrière les moissonneurs, moissonneurs qui ne manqueront pas de l'importuner, voire de la violenter si elle n'a pas de protecteur.
Comment donc, à partir de cette situation de départ, veuvage, dépendance, pauvreté, vulnérabilité, cette histoire peut-elle déboucher sur le bonheur ?
C'est justement à cause de cela, à cause de cette distance franchie entre le malheur et le bonheur que ce texte est un récit si attachant. Il pose en effet crûment la question : le bonheur est-il possible ? Et il répond oui, mais il ne le fait pas par des artifices merveilleux ou une atténuation de la dureté de la réalité.
Le récit part de situations réelles, fréquentes, banales. Le récit part de la réalité la plus pénible pour l'être humain : le deuil. Le récit ne nous présente donc pas un bonheur construit sur du bonheur, mais un bonheur qui sort, qui s'extirpe du malheur. Quand le malheur frappe, la route du bonheur n'est pas fermée ! Contrairement à ce qu'on croit d'habitude.
Comment voit-on cela dans le récit ? Nous sommes en présence de trois femmes, toutes veuves. Trois femmes blessées dans leur chair, dans leur relation conjugale. Trois femmes et trois chemins différents.
D'abord Noémi, partie avec son mari et ses deux fils pour fuir la famine et chercher un nouvel horizon, une nouvelle vie. Le pays qui devait leur apporter la prospérité se révèle le pays du deuil. Noémi perd son mari. Ses fils se marient, mais décèdent à leur tour. Noémi le dira elle-même : "Je suis partie les mains pleines et je reviens les mains vides" (Rt 1:16-17).
Elle quitte Moab et retourne dans son pays, retour au point de départ, retour vers ses racines, mais aussi pour elle retour en arrière. Elle voit sa situation comme pire qu'auparavant. On peut ajouter qu'elle ne voit que le négatif, elle ne remarque pas ce qu'elle a ou ce qu'elle a en plus : elle est à nouveau sur sa terre, dans son peuple; elle a gagné une belle-fille, Ruth.
L'écueil au bonheur que nous présente le caractère de Noémi, c'est de ne pas regarder tout le champ de la réalité, c'est de ne pas compter — à cause de sa souffrance — la partie positive de la réalité qui existe à côté de ses malheurs et de sa souffrance. Certes, le positif n'annule pas le négatif, mais il est là comme un terreau, une plate-forme où un nouveau bonheur peut prendre racine.
Ensuite, il y a Orpa, la première belle-fille de Noémi. Elle vit aussi le deuil de son mari, le fils de Noémi. Elle pense accompagner Noémi dans son retour en Israël, mais ne le fait pas, finalement. Elle est tentée par une nouvelle vie, ailleurs que dans le lieu de son malheur, mais elle renonce. Elle a sûrement de bonnes raisons. En restant sur sa terre, elle évite le statut d'étrangère qu'elle aurait en Israël. Elle évite de perdre son statut de femme libre (en terre de Moab, la société était matriarcale ! v.8 "rentrez chez votre mère" dit Noémi). Ainsi donc Orpa renonce au changement et préfère rester sur la terre de son deuil.
Cela me fait penser à la phrase de Max Frisch : "Quand on a plus peur du changement que du malheur, comment éviter le malheur ?"
Ruth, elle, va choisir le chemin du changement. elle veut quitter la terre du malheur. Elle préfère partir vers l'inconnu que rester dans le malheur. Elle prend des risques, ceux que sa belle-sœur n'a pas voulu affronter : être étrangère, perdre ses droits de femme libre. Elle fait le choix du départ et le choix de l'attachement. Ce départ n'est pas une fuite loin du malheur, c'est un acte de foi en la vie, en l'attachement à Noémi et à son Dieu. Avec eux elle peut affronter l'inconnu et la nouveauté.
Cette audace — « je change de pays, je change de parenté, je change de Dieu » — est bien ce qui caractérise Ruth. Elle n'est pas une jeune fille naïve qui se laisse aller aux hasards de la vie. C'est ce qu'on voit dans les chapitres suivants. Dans l'espace minuscule que lui laissent les contraintes sociales de son temps, elle prend sa vie en main (Rt 2:2), elle donne de petites impulsions pour faire basculer son destin dans les bras de l'homme qu'elle choisi (Rt 3:9).
Le bonheur de Ruth n'est pas construit sur des circonstances favorables et l'absence d'épreuves ou de malheurs. C'est au travers de sa confiance dans la vie — marquée par son attachement à Noémi et à Dieu — qu'elle arrive à voir les situations favorables et ainsi petit à petit faire basculer son destin.
Nous verrons dimanche prochain comment cette confiance en la vie, en la générosité de la vie, est confessée comme un don de Dieu dans le livre de Ruth.

...suite demain dans Ruth 2

© 2006, Jean-Marie Thévoz

Fait partie de la suite : Ruth 1 / Ruth 2 / Ruth 4 (il n'y a pas de Ruth 3)

07.09.2006

18.6.2006 / 1 Rois 3. Croire vraiment en la générosité de Dieu

1 Rois 3
18.6.2006
Croire vraiment en la générosité de Dieu
1 R 3 : 5-14 Jn 13 : 12-17

Chères paroissiennes, chers paroissiens, chères familles des nouveaux baptisés,
Vous venez de confier ces enfants à Dieu dans le baptême. Vos enfants et vous-mêmes, au travers de vos engagements, vous entrez dans une relation nouvelle ou renouvelée avec Dieu. Chacun d'entre vous qui êtes venus dans cette église ce matin, vous entrez dans la relation avec Dieu. La relation est un dialogue, un échange où chacun peut demander quelque chose à l'autre. En effet, nous venons pour demander des choses à Dieu, puisque nous venons prier : nous souhaitons que Dieu nous aide dans nos difficultés, nous apporte du soulagement ou de la consolation, nous apporte de la joie ou du répit.
Alors qu'est-ce que Dieu va nous demander en retour ? Dieu ! me demander quelque chose ! Peut-être que l'appréhension monte ? Oui, bien sûr, dans ce dialogue, Dieu nous demande quelque chose, il attend de nous une réponse. C'est ce qui s'est passé lorsque Salomon est entré en dialogue avec Dieu au sanctuaire de Gabaon.
Dieu est apparu à Salomon dans un rêve et lui a demandé :

"— Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi." (1 R 3:5)
Observez bien la délicatesse de la demande ! Dieu — qu'on imagine tout savoir — ne vient pas dire à Salomon : « Je sais ce dont tu as besoin et je vais te le donner. » Non, Dieu ne veut rien imposer, il demande vraiment ce que désire Salomon. Dieu respecte la liberté de Salomon. Dieu ne fait pas le bien des gens contre leur volonté. Dieu nous demande de poser les objectifs de notre vie et de demander ce dont nous avons besoin pour les atteindre.
Avant de dire ce qu'il désire, Salomon dit à quel point il est reconnaissant envers la générosité de Dieu, pour son père David et pour lui-même. Ensuite, il reconnaît qu'il a reçu son titre de roi, c'est un don qu'il a reçu et qui ne dépend pas de ses mérites, de ses actions, il est simplement le fils du roi précédent. Enfin, il reconnaît ses propres limites : il est jeune et sans expérience, il a besoin de recevoir une intelligence, une sagesse pour accomplir sa mission. Aussi demande-t-il "un cœur plein de sagesse" pour conduire son peuple et pour discerner le bien du mal.
Avec le recul, on pourrait dire que cette demande est déjà pleine de sagesse et d'intelligence. Cette demande plaît à Dieu. Non seulement Dieu va lui accorder ce qu'il demande, mais en plus il va lui donner ce que Salomon avait renoncé à demander : une longue vie, la richesse et les victoires.
Cela vaut la peine de se lancer dans le dialogue avec Dieu et de prendre le risque d'écouter ce qu'il nous demande et de lui répondre !
Le Dieu de la Bible, le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu généreux et bienveillant : après le don de la vie, il veut encore nous combler comme Salomon. Peut-on croire que Dieu nous fait, à chacun, la même demande, la même offre qu'il a faite à Salomon ?
Bien peu de monde y croit ! On a tellement l'habitude d'entendre dire "Dieu est généreux, Dieu est bienveillant, Dieu est amour" que, paradoxalement, cela ne nous touche plus, cela ne nous atteint plus, nous n'y croyons pas.
Il faut que cela soit reformulé différemment, et surtout hors Eglise, pour que les gens l'entendent : "La vie est généreuse"; "Rien n'arrive par hasard"; Chacun a son ange gardien, apprends à le connaître et il te guidera…"; "Crois en ton destin, demande ce que tu veux à la vie et cela te sera donné."
Le point commun de toutes ces affirmations, c'est d'ouvrir notre esprit à une présence mystérieuse; c'est de faire de la place pour un être bienveillant au-dessus de nous; c'est de recevoir les événements de la vie comme des dons, des cadeaux; c'est d'avoir conscience de sa petitesse, de ses limites et que cette conscience devient une force; c'est d'avoir conscience qu'il existe une sagesse qui vient du fond des âges et peut nous guider.
Eh bien, ici — dans l'Eglise — nous donnons au destin, à la force de vie, à la présence mystérieuse, le nom de "Dieu" ou celui de "Jésus-Christ." Jésus-Christ était un "maître" comme il le dit à ses disciples après le lavement des pieds, mais il n'est pas venu comme un tyran, mais comme un serviteur. Au service de la vie, au service de la relation, de l'amour.
Jésus nous offre la même sagesse que celle qu'il a donnée à Salomon. Cette sagesse est là dans les paroles de Jésus qui se trouvent dans la Bible, un véritable mode d'emploi de la vie et du bonheur, si seulement nous voulions nous en inspirer !
Dieu ne nous offre pas seulement la vie à la naissance, il nous offre la possibilité du bonheur, quelles que soient les circonstances de l'existence. Il n'offre pas le bonheur aux seuls gens heureux, cela n'aurait pas de sens.

"Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu" dit Jésus (Luc 19:10).
C'est à chacun de nous — dans la situation que nous vivons — que Dieu adresse la même demande qu'à Salomon : "— Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi."
Oserons-nous dire à Dieu nos désirs secrets et accepter la générosité de sa main ? Avons-nous assez confiance en lui ?
Amen

© 2006, Jean-Marie Thévoz, Suisse, Bussigny.

01.09.2006

Josué 5. 40 ans pour sortir de nos Egyptes et accéder à la Terre des bénédictions

Josué 5
19.3.2006
40 ans pour sortir de nos Egyptes et accéder à la Terre des bénédictions
Jos 5 : 3-12 Néh 9 : 5b, 9-23 Ac 7 : 20-37

Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Pour marquer l'ouverture de cette année des 40 ans de la paroisse, on m'a demandé de parler de la place et de la signification du nombre 40 dans la Bible. C'est vrai que le nombre 40 est souvent utilité par les auteurs bibliques. Il est utilisé pour des mesures du Temple (Ez 41:2), pour compter des fils (Jg 12:14), ou des vaches (Gn 32:15), même pour compter des coups de fouets (Dt 25:3), des jours ou des années.
Aujourd'hui, je ne prendrai en compte que les années. Que signifie une durée de 40 ans dans la Bible. Je crois qu'il n'est pas possible de remonter jusqu'à l'origine première, à l'acte ou l'événement fondateur qui a donné un sens particulier à cette période de 40 ans. Mais on sent qu'il y a une transformation, une évolution de ce laps de temps dans l'histoire.
Plus on avance dans les siècles et dans la rédaction du texte biblique, plus cette période de temps de 40 ans est lourde de sens et devient figée. Figée dans le sens d'un moule dans lequel doivent venir se fondre les réalités, au prix de toute vraisemblance historique.
L'illustration claire de ce phénomène se trouve dans le discours d'Etienne lorsqu'il récapitule la vie de Moïse. Il découpe la vie de Moïse en trois tranches de 40 ans, avec pour conséquence une vie d'une durée de 120 ans. La symbolique est forte, le respect de l'histoire est faible. L'origine doit donc se trouver à l'autre bout de cette trajectoire, là où l'histoire est forte et la symbolique naissante.
Il est possible — mais ce n'est qu'une hypothèse personnelle — que l'on puisse retrouver la force de l'histoire et la naissance de cette symbolique dans la durée des règnes des rois David et Salomon. David et Salomon sont les figures royales les plus importante de l'Ancien Testament. Elles sont aussi reliées au Temple. David en a choisi le lieu, Salomon l'a fait construire.
Chacun de leur règne a duré 40 ans nous disent les récits bibliques. Je pense que c'est historique, que ce n'est pas une construction littéraire. Manipuler les durées des règnes dans une généalogie, c'est créer de gênants décalages. Par contre, se servir de ces modèles et de la coïncidence de cette durée pour en faire une durée exemplaire et faire naître une symbolique est tout à fait plausible. Comme ces deux rois sont aussi des exemples — pas sur tous les aspects de leur vie cependant — de cheminement et de foi en Dieu, ces 40 ans deviennent une durée, un temps idéal fixé par Dieu.
A partir de là, ce " temps idéal fixé par Dieu " peut être appliqué là où manquent des données historiques fiables. On trouve quelques exemples dans le livre des Juges (3:11; 5:31; 8:28; peut-être 3:30, 80=2x40 ans et à l'opposé 13:1) où l'action d'un Juge est suivie de 40 ans de paix dans le pays. Dans ce cas, ces 40 ans peuvent être considérés comme une très longue période, une période de longueur inespérée pour de la paix : je dirais "une éternité à dimension humaine."
Mais la portée symbolique la plus forte se retrouve dans la durée du séjour des Israélites dans le désert : "Les enfants d'Israël mangèrent la manne pendant 40 ans (…) jusqu'à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan." (Ex 16:35) Comme nous l'avons entendu dans la lecture de Jos 5, cette durée est assimilée au temps d'une génération.
J'ai été frappé, dans ma recherche sur cette période au désert, comme l'interprétation de cette période peut amener à des visions opposées :
- d'un côté une période maudite :
"Pendant 40 ans cette génération n'a suscité en moi que du dégoût" dit Dieu (Ps 95:10)
- de l'autre, une période de salut :
"Durant 40 ans, Seigneur, tu as pris soin d'eux, dans le désert, ils n'ont manqué de rien. Leurs vêtements ne se sont pas usés, leurs pieds n'ont pas enflé. (Neh 9:21).
Deux visions complètement opposées pour une même période. Cela rend peut être bien compte de la complexité de l'existence humaine, faite en même temps de révolte, d'épreuves et de bénédictions, sans qu'on puisse toujours dire dans nos vies ce qui tient plus de l'une ou de l'autre.
Peut-être que le récit de la circoncision du peuple effectuée par Josué permet une sorte de synthèse, en montrant que les 40 années passées au désert sont des années de transformation. Symboliquement, la génération révoltée qui a dressé le Veau d'or est abandonnée au désert comme une vieille tunique, une vieille peau, pour laisser émerger une génération nouvelle et bénie, qui entre sur la Terre promise, où coule le lait et le miel.
L'apôtre Paul a thématisé cette transformation en parlant d'abandonner de vieil homme pour revêtir — en Christ — l'homme nouveau, passer de la chair à l'esprit, de la circoncision de la chair à la circoncision du cœur.
J'ai trouvé intéressant, dans le texte de Josué, le passage — au sens fort — qui se fait dans cette première Pâque célébrée après le passage du Jourdain : finie la manne du désert, on mange des épis grillés. Au niveau culinaire, cela me fait penser à cesser de manger du tofu bouilli pour déguster un steak grillé au barbecue. Au niveau théologique, dans le récit de l'Exode, la manne — bien que venant de Dieu — est plutôt un pain d'amertume. Littéralement MaNaH, la manne, veut dire "qu'est-ce que c'est ?" en hébreu. "Qu'est-ce que c'est que ce truc ?" Le désert, c'est aussi le temps de l'ignorance et de l'incertitude : combien de temps cela va-t-il durer ? Est-ce qu'on va s'en sortir ? Dans quoi est-ce qu'on est embarqué ? C'est pourquoi les plaintes ne cessent de monter vers Moïse et vers Dieu et que cette génération est qualifiée de rebelle.
Dès le passage du Jourdain, cependant, les Israélites trouvent des épis cultivés. Ils passent, si j'ose dire, de l'ignorance à la culture. C'est pourquoi ces 40 ans sont aussi le symbole de la maturation, de l'accession à la maturité. Et l'on comprend mieux pourquoi il est dit que Moïse traverse trois phases de 40 ans dans sa vie, 40 ans pour découvrir le malheur de son peuple, 40 ans pour mûrir sa relation avec Dieu et 40 ans pour conduire son peuple vers la liberté.
Pour récapituler, 40 ans représente le temps choisi, déterminé par Dieu; une éternité à dimension humaine; un temps de transformation, d'évolution, de maturation. C'est un temps suffisant pour sortir de nos Egyptes et accéder à la Terre des bénédictions.
40 ans, aujourd'hui, c'est le temps d'une vie active, en tout cas aux yeux des caisses de pension. Aujourd'hui, il nous est même souvent donné des années, ou des décennies en plus. Est-ce que je mets ce temps à profit ?
- pour une transformation de mon être entre les mains de Dieu ?
- pour accéder à une sagesse qui me fait voir les bénédictions de la vie ?
- pour transmettre ma foi, ma relation avec le Dieu qui nous conduit ?
- pour dire ma reconnaissance pour le don des années reçues ?
Est-ce que je vais donner quelque chose de ma personne pour être une pierre vivante dans l'édifice de l'Eglise et de la société de sorte que le monde ne se perdre pas dans le mal ?
Nous avons passé le Jourdain, 40 ans de maturation sont derrière nous, un pays neuf s'ouvre devant nous : qu'allons-nous construire ?
Amen


© 2006, Jean-Marie Thévoz, Suisse, Bussigny.