09/04/2013
Pâques : tous ensemble à une même table !
Luc 14
31.3.2013
Pâques : tous ensemble à une même table !
Luc 24 : 13-16 + 28-35 Luc 14 : 12-14
Téléchargez la prédication ici : P-2013-03-31.pdf
Qu'est-ce que ça change Pâques ? Qu'est-ce que la résurrection a changé dans le monde ?
Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé pour Jésus au matin de Pâques, mais je vois que cela a changé la vie des disciples. Je vois qu'il s'est passé quelque chose de suffisamment exceptionnel pour que les disciples aient rassemblé les paroles et les gestes de Jésus pour les proclamer dans le monde entier et provoquer quelques changements.
Je vois que la résurrection a été comprise comme le OUI de Dieu aux paroles et aux gestes de Jésus, alors que tout devait faire oublier ce Jésus mort sur la croix, celui sur qui l'opprobre et la malédiction d'une condamnation à mort était tombées.
Je vois que Dieu l'a relevé de là et que son message nous a été transmis comme parole libératrice !
Quels gestes, quelles paroles, quel message pour nous, pour le monde ?
Il faut revenir au monde qui entoure Jésus, à ses adversaires. Que reproche-t-on à Jésus ? Il y a deux sujets d'affrontements qui reviennent sans cesse dans les Evangiles : la place du sabbat et les repas.
Le sabbat — pour les pharisiens — c'est le temps qui est mis à part pour Dieu. Plus on respecte le sabbat — en s'abstenant de toute action — plus on est proche de Dieu. Ce n'est pas l'opinion de Jésus : pour lui on ne peut pas séparer les gestes envers le prochain et les gestes pour Dieu.
Le deuxième thème, moins souvent étudié, moins remarquable pour nous, est celui des repas. Avec qui avons-nous le droit de manger ? Ce n'est plus très remarquable pour nous, parce que nous avons assimilé dans la vie courante qu'on peut se mettre à table avec tout le monde.
Ça n'a pas toujours été le cas, ce n'était pas le cas dans le monde juif, dans le monde grec ou dans le monde romain. Il y avait des règles strictes pour ne pas se compromettre. Sauf dans le cadre strictement familial, hommes et femmes ne mangeaient pas ensemble, sinon c'était pris pour une orgie ou une table d'échangistes. On ne mélangeait pas les catégories sociales, ou alors les tables étaient clairement hiérarchisées, le haut et le bas de la table, chacun selon l'honneur de son rang.
Le christianisme a bouleversé passablement cela ! C'est un des fruits de Pâques !
C'est incroyable le nombre de récits des Evangiles qui tournent autour de repas. Il y a les repas auxquels est invité Jésus, des noces de Cana à la maison de Marthe et Marie, en passant par Lévi et Zachée, des agents du fisc, et quelques pharisiens.
Et puis, il y a toutes les paraboles mettant en scène un repas, un banquet, ou le veau gras tué pour le retour du fils prodigue (Lc 15). Enfin, il y a le dernier repas avec les disciples, un repas institué pour se souvenir de Jésus, pour recevoir la Présence divine.
Et encore les repas pris avec le Ressuscité, à Emmaüs, celui dans la chambre haute ou sur les rives du lac de Galilée. C'est à la fraction du pain que les disciples reconnaissent le Ressuscité. C'est à la Cène que nous recevons la Communion, la Présence divine, tous ensemble : hommes et femmes, dignitaires et miséreux, malades ou bien-portants.
C'est autour de la Table que nous formons le corps du Christ. C'est une révolution, c'est une transformation sociale. Le message de Jésus, c'est que tous les êtres humains peuvent partager un repas à la même table, unis par Dieu. Un repas unique voulu par Dieu, comme culte rendu à Dieu.
On est bien loin des pharisiens qui voulaient préserver leur pureté en se séparant des pécheurs pour être sûrs de ne pas être coupés de Dieu. Jésus dit exactement le contraire : chaque fois que vous vous séparez des gens, vous vous séparez de Dieu. Chaque fois que vous vous rapprochez des autres, vous vous rapprochez de Dieu.
Les sociétés imprégnées de christianisme ont fait plusieurs pas dans cette direction, elles ont aboli les castes, elles luttent contre le racisme, elles encouragent l'égalité hommes-femmes, mais nous ne sommes pas encore au but.
Nous vivons encore en cercles fermés, nous invitons à notre table nos connaissances et nos amis, nos familles et nos voisins, alors que l'invitation de Jésus est totale, totalement ouverte : "quand tu fais une réception, invite les pauvres et les exclus, car tu seras heureux si tu ne reçois rien en retour. C'est à la résurrection des justes qu'il te sera donné en retour." (Lc 14:13-14).
Nous avons de la peine avec de telles paroles. Nous avons encore du chemin à faire pour que le changement de Pâques s'inscrive pleinement dans nos cœurs et dans nos gestes. L'invitation de Jésus est totale. Il ouvre sa Table, la Table de Dieu, à tous sans exception. Et il attend que ses disciples suivent son exemple.
Notre société occidentale a bien assimilé cette ouverture. Ne revenons pas en arrière. Ne nous laissons pas entraîner dans le communautarisme qui voudrait que chacun reste chez soi. Comme chrétiens, continuons à lutter pour que tous les peuples puissent cohabiter, vivre ensemble et partager mutuellement leurs tables. Continuons ce chemin qui est une chemin d'accueil, de libération et de joie.
Amen
© Jean-Marie Thévoz, 2013
09:54 Publié dans Christianisme, m) Luc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pâques, résurrection, ressuscité, repas, manger ensemble, communautarisme, partager, inviter, accueillir, prédication, evangile, spiritualité, protestant, vie spirituelle, bible, nouveau testament, ancien testament, éducation, foi, amour, dieu, jésus, jésus-christ, réformé, eglise
25/03/2013
1 Pierre 1. L'interprétation sacrificielle de la mort de Jésus
1 Pierre 1
9.4.2000
L'interprétation sacrificielle de la mort de Jésus
Lévitique 16 : 6-10 1 Pierre 1 : 17-19 Jean 1 : 29
téléchargez ici la prédication : P-2000-09-04.pdf
Chers amis,
Le temps de la Passion que nous vivons maintenant nous conduit à Pâques, à la mort et à la résurrection de Jésus. Pour nous qui connaissons ce chemin, ce parcours de Jésus depuis notre tendre enfance, qui avons entendu, années après années, le récit de la Passion et de la résurrection, il n'y a plus de surprise, il n'y a pas d'incompréhension fondamentale face à ce destin (même si nous ne pouvons prétendre tout comprendre et saisir).
Pourtant, essayons de nous replacer dans la perspective des disciples qui vivaient "en direct" la Passion, comme témoins. Que pouvaient-ils comprendre, saisir, sur le moment ? Et même juste après la résurrection, comment intégrer dans son esprit cette mort, cette mort ignominieuse, scandaleuse. Jésus a été assimilé à un criminel, "mis au rang des malfaiteurs", dit un texte. Comment comprendre que ce moment puisse entrer dans un quelconque "plan de Dieu" ?
Le livre des Actes, dans ses premiers chapitres raconte un peu comment les disciples ont peu à peu construit un sens à ces événements incompréhensibles. Cette construction de sens s'est appuyée sur deux colonnes : le Saint-Esprit et la Bible, c'est-à-dire l'Ancien Testament actuel.
En fait, il y a eu plusieurs reconstructions parallèles. On trouve effectivement dans le Nouveau Testament plusieurs sens, plusieurs interprétations différentes de la Passion, du destin de Jésus. On peut citer entre autres, la doctrine de la rédemption (l'homme à été racheté); la doctrine de l'affranchissement (l'être humain a été libéré et affranchi, sur le modèle du peuple hébreu sorti d'Egypte); la doctrine de la substitution (Jésus a reçu le châtiment que les humains auraient dû recevoir, à notre place); la doctrine du sacrifice.
C'est cette dernière interprétation que j'aimerais développer ce matin. Nous avons entendu dans l'épître de Pierre cette phrase : "Vous avez été délivrés par le sang précieux du Christ sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache" (1 P 1:19). "L'agneau sans défaut et sans tache" est une référence directe au récit du repas de la Pâque qui commémore la sortie d'Egypte.
Souvenez-vous. Moïse a annoncé au Pharaon la dixième plaie d'Egypte : la mort de tous les premiers-nés. L'ange de la mort va passer sur l'Egypte, dans chaque famille. Pour protéger les hébreux de ce fléau, Dieu les invite à sacrifier un agneau sans défaut et sans tache et à badigeonner du sang de cet agneau sur les montants des portes. Ainsi l'ange de la mort ne s'arrêtera pas dans cette maison pour prélever son macabre dû. C'est à ce sang précieux que les Israélites doivent leur salut en Egypte.
Ainsi la mort de Jésus vient-elle — au travers de cette interprétation — s'inscrire dans toute la tradition sacrificielle de l'Ancien Testament. La mort de Jésus s'inscrit dans cette tradition, mais vient aussi y mettre fin, puisque le sacrifice de Jésus est parfait et unique. Il remplace par anticipation tous les sacrifices qui pourraient être nécessaires dans les temps qui suivent. C'est pourquoi le christianisme a tout de suite abandonné les pratiques sacrificielles et qu'aujourd'hui on ne sacrifie plus.
Cette interprétation est intéressante car elle permet de relire tout l'Ancien Testament en voyant dans chaque sacrifice une sorte d'anticipation du salut apporté par Jésus-Christ. Ainsi, par exemple, après qu'Adam et Eve ont mangé du fruit défendu, ils se vêtent de feuilles d'arbres. Mais Dieu leur offre des vêtements faits de peau d'animal. On peut y voir le premier sacrifice, le premier geste de Dieu qui sauve et protège déjà des premiers humains, un geste dans lequel le Christ est déjà présent avec son amour.
Cependant, cette interprétation sacrificielle est — pourrait-on dire — victime de son propre succès. En effet, la mort du Christ — en tant que mort du juste, sacrifice unique qui abolit tous les autres sacrifices — porte en elle la critique fondamentale de tout sacrifice. En cela, voir la mort du Christ comme un sacrifice dénonce la validité même de tout sacrifice, y compris celui de Jésus !
La Bible a ceci de tout à fait particulier, spécifique, par rapport à tout autre écrit religieux, c'est qu'elle prend toujours le parti de la victime et dénonce la culpabilité du bourreau. Elle dénonce tous les mécanismes de bouc émissaire, ce bouc chargé de toutes les fautes de la communauté qu'on expulse au désert (Lév. 16). Nous le voyons déjà avec Caïn et Abel, avec l'histoire de Joseph expulsé de sa famille par ses frères, avec le peuple hébreu victime de la politique de Pharaon, avec les prophètes persécutés, etc...
Nous le voyons aussi, de manière remarquable, dans le sacrifice interrompu d'Isaac. Dieu a en horreur le sacrifice humain. Il ne permet pas à Abraham de sacrifier Isaac. Comment aurait-il pu vouloir ou permettre le sacrifice de son Fils, ou même de n'importe quel être humain ? Il y a là une impossibilité qui tient à la nature même de Dieu.
On peut comprendre la mort du Christ — après coup — à la lumière de la Pâque juive et des sacrifices, mais on ne peut pas la comprendre comme un sacrifice programmé à l'avance, encore moins par Dieu, à moins de concevoir un Dieu cruel et assoiffé de sang.
On peut faire des constructions "après coup" qui nous aident à comprendre, mais on ne peut pas les retourner et en faire des plans qui cherchent à aboutir à nos constructions. Ainsi peut-on comprendre que Dieu se soit servi — après coup — de la mort de Jésus, qui est arrivée, pour sauver l'humanité, mais on ne peut pas dire que Dieu a tout planifié pour que cela arrive ainsi, sans défigurer Dieu.
N'est-ce pas comme cela aussi que nous avons à lire les événements, les malheurs qui nous arrivent. Ils n'ont pas été programmés pour nous tomber dessus. Mais une fois qu'ils sont arrivés, nous pouvons avoir la certitude qu'ils peuvent prendre ou recevoir un sens qui nous permet de les vivre différemment, de les porter avec foi et espérance.
Nous le pouvons car nous savons que, de la mort injuste de Jésus, Dieu a fait renaître la vie et la justice. Nous le pouvons car nous savons que, de la croix, a surgi notre salut.
Amen
© Jean-Marie Thévoz, 2013
10:49 Publié dans Christianisme, p) Epitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sacrifice, sacrifice interdit, bouc émissaire, sacrificiel, vendredi-saint, pâques, prédication, evangile, spiritualité, protestant, vie spirituelle, bible, nouveau testament, ancien testament, éducation, foi, amour, dieu, jésus, jésus-christ, réformé, eglise
13/04/2012
Luc 24. "Souvenez-vous des paroles que Jésus vous a dites en Galilée."
Luc 24
8.4.2012
"Souvenez-vous des paroles que Jésus vous a dites en Galilée."
Luc 23 : 50-56 Luc 24 : 1-12
Télécharger le texte de la prédication : P-2012-04-08.pdf
Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Nous avons vu à Vendredi saint comment l'Evangéliste Luc interprète la Passion de Jésus. Luc présente la mort de Jésus sur la croix comme une injustice frappant un innocent. Jésus est présenté comme la figure du Juste qui souffre, mais qui garde confiance. Il pardonne à ses bourreaux. Il donne espérance au malfaiteur qui reconnaît ses propres fautes et témoigne de l'innocence de Jésus. Il remet à Dieu son esprit en toute confiance.
Comment Luc nous présente-t-il maintenant la résurrection ? Cela commence par la mise au tombeau. Dans cette scène sont mis en place les lieux et les personnes qu'on retrouve le dimanche matin. La tombe est un tombeau individuel, neuf, n'ayant pas servi. Il est vu et reconnu par les femmes qui vont s'occuper, après le sabbat, de la toilette mortuaire et des rites funéraires. Il n'y aura pas de confusion de lieu ni de dépouille lors du retour des femmes.
Ainsi, tout repose pendant le samedi, dans une stricte observance du commandement divin.
A l'aube du lendemain du sabbat, notre dimanche, les femmes reviennent pour les rites funéraires. Elles ont à l'esprit les gestes traditionnels qui rendent hommage aux morts et nous préparent à la séparation. Elles ne s'attendent donc pas du tout à ce qu'elles vont trouver et ne pas trouver.
Elles trouvent la pierre roulée et elles ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus. Et le récit nous dit là qu'elles ne savent pas quoi faire. Elles sont venues avec leur savoir-faire — le rite funéraire — mais il n'y a plus de mort. Elles sont désemparées.
Apparaissent deux hommes avec des vêtements de lumière qui vont dire les paroles décisives : "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts. Il n'est pas ici, il est réveillé" (Luc 24:6) et "Souvenez-vous des paroles qu'il vous a dites en Galilée !" (v.6). Ces paroles sont les annonces de la Passion que Jésus a répété trois fois aux disciples.
Lorsqu'elles se souviennent, lorsqu'elles rassemblent leurs souvenirs, alors elles repartent du tombeau pour retrouver les autres disciples et elles leur racontent ce qu'elles ont vu. Mais les disciples ne les croient pas, pas encore. Seul Pierre doute assez pour aller voir de ses propres yeux et confirme que le tombeau est vide.
Voilà le récit du matin de Pâques rapporté par Luc.
Ce récit de Luc se différencie des trois autres Evangiles en ceci : chez Luc, les femmes vont du tombeau vide vers les disciples sans rencontrer Jésus. Dans les trois autres Evangiles, les femmes découvrent le tombeau vide d'abord, mais sur le chemin du retour elles rencontrent le Christ ressuscité et c'est de cette rencontre que les femmes vont témoigner auprès des disciples.
Ici, Luc fait le tour de force de nous donner le récit de la résurrection sans rencontre avec le Ressuscité ! Que faut-il en penser ?
Je crois que Luc place les femmes directement dans la situation de ses auditeurs et de ses lecteurs, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui, dans une situation où ni elles, ni nous, ne voyons de nos yeux le Christ ressuscité. Nous ne pouvons plus dire : c'était plus facile pour ces femmes que pour nous aujourd'hui ! Nous sommes dans la même situation que les disciples, les disciples sont dans la même situation que nous. Tout repose sur la foi.
Ce qui est intéressant dans le récit de Luc, c'est de voir comment naît et se développe la foi. Les témoins aux vêtements de lumière disent aux femmes : "Souvenez-vous des paroles que Jésus vous a dites en Galilée." (v.6). Et le déclic se passe effectivement pour les femmes (v.8) lorsqu'elles se remémorent les paroles de Jésus.
Ce processus de remémoration, c'est le fait de mettre ensemble, de relier des événements, de faire des liens entre des mots et des faits. C'est ainsi que l'on donne sens à une suite de faits dans sa vie, quand on peut se dire : "En fait, tout se tient !" ou "Cela prend sens !" ou encore "Je comprends maintenant."
Mettre les choses ensemble se dit en grec "symbolon" ce qui est le contraire de séparer, diviser qui se dit "diabolon." Cela parle par soi-même.
Le lieu de la révélation, dans le récit de Luc, c'est la mémoire qui permet de mettre ensemble des éléments qui n'avaient pas encore de liens. Ce dimanche matin, les événements de la vie de Jésus prennent sens. Les femmes découvrent — devant le tombeau vide — que la vie du Juste n'est pas anéantie, mais que Dieu l'a relevée. Le Vivant n'est pas parmi les morts. Et c'est toute la vie de Jésus qui en témoigne.
C'est la vie de Jésus qui est une attestation de la résurrection, pas une apparition ou une autre. C'est pourquoi Jésus n'apparaît pas aux femmes et que la première "apparition" de Jésus, chez Luc, devant les pèlerins d'Emmaüs, sera simultanément une transposition dans le pain et une disparition aux yeux des pèlerins (Luc 24:31).
Chez Luc, la résurrection se passe avant tout dans le témoignage de la vie de Jésus avant sa mort, pas après la croix. Après la croix, c'est le Saint-Esprit qui témoigne de la présence de Jésus.
C'est pourquoi, sans avoir vu Jésus, les femmes peuvent aller témoigner auprès des disciples de la résurrection du Christ.
Et c'est la chaîne des témoins qui commence et se déroule. Des deux hommes vêtus de lumière aux femmes; des femmes à Pierre et aux premiers disciples; des disciples aux habitants de Jérusalem, puis jusqu'aux extrémités de la terre, jusqu'à nous. C'est une chaîne qui ne doit pas être interrompue.
A chacun de se demander : Qu'ai-je entendu ? Qu'ai-je reçu ? De quelle parole puis-je me souvenir qui fasse lien, qui fasse sens et témoigne de la résurrection dans ma vie ?
C'est de cette vie-là, de ce sens-là que je suis appelé à témoigner. Le Vivant est présent dans ma vie.
Amen.
© Jean-Marie Thévoz, 2012
09:54 Publié dans Christianisme, m) Luc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luc, pâques, résurrection, tombeau vide, symbole, diable, prédication, evangile, spiritualité, protestant, vie spirituelle, bible, nouveau testament, ancien testament, éducation, foi, amour, dieu, jésus, jésus-christ, réformé, eglise
20/04/2010
Actes 10. Le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple.
4.4.2010
Le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple.
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Luc 24:1-10, Actes 10: 34-45
Chères paroissiennes, chers paroissiens,
Pâques, la fête de la résurrection ! C'est la fête que nous commémorons tous les dimanches : premier jour de la semaine où les femmes sont allées au tombeau après le sabbat, jour de repos qui clôt la semaine.
La résurrection — pierre angulaire de la foi chrétienne— est pourtant si mystérieuse, tellement inexplicable. Résurrection, pierre d'achoppement pour nombre de nos contemporains et — osons le dire — très souvent pour nous aussi. Comment dire l'impossible, l'inédit, l'indicible ? Comment croire sans comprendre, sans explication ?
Nous vivons dans une société rationnelle et scientifique. Tout doit trouver sa description et son explication. Et c'est bien. Mais la résurrection échappe à cela. Déjà, les évangiles se dérobent ou, à choix, préservent le mystère.
Les textes, dans les quatre évangiles, passent du dépôt du corps de Jésus au tombeau le vendredi soir, à la découverte du tombeau vide le dimanche matin par les femmes. Entre deux : rien. Pas une ligne, pas un mot. Un blanc, un vide, un silence.
Le mystère de Pâques ne se trouve donc pas là. Ne répétons pas le geste de la femme de Lot de regarder en arrière (Gn 19:26). Il n'y a rien en arrière, tout est en avant, devant soi et là il y a beaucoup de choses. C'est bien ce que disent les anges : "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?" (Lc 24:5).
Tout est en avant, devant soi. Et les femmes le comprennent : elles quittent le tombeau pour aller porter la nouvelle aux disciples. Les femmes sont les premiers témoins de la bonne nouvelle. Aujourd'hui, cela sonne comme normal. Mais c'est inouï, incroyable, c'est comme si on nous annonçait qu'il y avait sept femmes au Conseil fédéral !
Le premier miracle de Pâques, c'est que Dieu choisit ce qui ne comptait pour rien dans la société (excusez-moi Mesdames) pour annoncer la nouvelle la plus important de toute l'histoire de l'univers ! D'ailleurs les disciples ne croient pas les femmes. Dieu fait confiance à ces femmes, mais pas les disciples. C'est toute l'histoire de Dieu avec le genre humain. Le manque de foi dans l'action de Dieu pour nous ! Nous sommes incrédules, nous ne croyons pas à la force transformatrice de Dieu, à sa puissance de renouveau, de résurrection !
Cela arrive à nouveau dans les Actes, dans le récit que nous venons d'entendre. L'Eglise était alors composée des disciples et des juifs qui reconnaissaient Jésus comme le Messie. Pierre s'occupe de cette communauté. Ils ont l'air bien ensemble — entre eux. Ça marche… Mais Dieu a plus d'ambition, le message de Jésus n'est pas réservé à une terre, à un peuple. D'autres barrières doivent tomber et Dieu manifeste son Saint Esprit à Pierre pour qu'il s'ouvre aux autres peuples de la terre, les grecs, les romains, tous les non-juifs.
La puissance de la résurrection, c'est que le message de Dieu n'est pas là pour garantir notre façon de penser, mais pour élargir nos pensées à la dimension de celles de Dieu. Et Dieu pense large, Dieu voit grand.
Sous la poussée de l'Esprit Saint, sous la pression de Dieu, Pierre découvre que Dieu ne fait pas de différence entre les humains. Dieu n'est pas partial. Dieu n'est pas communautariste. Dieu est universel et entretient le même rapport d'amour avec tous les humains, sur toute la terre.
La puissance de la résurrection ne se voit pas en se retournant pour savoir ce qui s'est passé entre samedi et dimanche, mais en regardant ce qui a été transformé dans les jours qui suivent :
- des femmes sont chargées — en premier — de témoigner de la puissance de Dieu,
- des disciples sont amenés à laisser tomber leurs œillères et à élargir leur vision de l'amour de Dieu,
- des hommes et des femmes se mettent au service de Dieu pour annoncer et vivre cette égalité de tous en partageant des repas et des célébrations ensemble.
Nous ne savons pas ce qui s'est passé dans la nuit de Pâques, mais nous voyons que cela a changé la face du monde. Nous voyons aussi que tout n'est pas accompli, il y a encore trop de barrières qui ne sont pas tombées. Il y a encore besoin de témoins de la puissance de Dieu dans le monde. Comme ces femmes, comme Pierre, comme tous ces croyants qui nous ont précédés, nous avons un trésor, des valeurs à partager.
Nous avons surtout l'assurance que la puissance de Dieu nous précède sur ce chemin. Il a ouvert le tombeau, il ouvre le chemin, il ouvre les cœurs. Acceptons que Dieu fait tomber toutes les barrières au matin de Pâques et qu'un chemin de fraternité avec tous s'ouvre devant nous.
Amen
© Jean-Marie Thévoz, 2010
10:15 Publié dans o) Actes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pâques, résurrection, prédication, evangile, spiritualité, protestant, vie spirituelle, bible, nouveau testament, ancien testament
24/04/2009
Jean 20. Jésus est au milieu de nous !
Jean 20
19.4.2009
Jésus est au milieu de nous !
Mt 18 : 18-20 Jn 20 : 19-23 Jn 20 : 24-31
Jésus est au milieu de nous !
Voilà ce que les Evangiles nous disent dans tous les récits de Pâques : Jésus est encore au milieu de nous ! Voilà la bonne nouvelle de Pâques, de la résurrection, des apparitions de Jésus que les Evangiles nous rapportent : Jésus sera toujours au milieu de nous !
Voilà ce que tous les récits des Evangiles nous disent en nous présentant le parcours de Jésus, de la Galilée jusqu'à la montée à Jérusalem pour la Passion. Jésus prépare ses disciples — par son enseignement — à ce moment où il ne sera plus là, à leur yeux, mais toujours présent, autrement, par la vision nouvelle que donne la foi.
La foi — c'est tout simple — c'est de croire, avoir foi, avoir confiance que Jésus est toujours présent au milieu de nous, au centre de notre Eglise, au milieu de notre famille, au milieu de notre vie, en plein dans nos existences. Voilà, c'est ça la foi, c'est ça croire au Christ, croire en Dieu : avoir confiance dans sa présence, ici et maintenant.
Je peux m'arrêter là et vous laisser penser à cette présence et à notre confiance dans cette présence.
C'est vraiment l'expérience que vivent les quelques disciples qui sont rassemblés, enfermés, dans cette pièce, le dimanche soir de Pâques, remplis de peur. Les voilà qui font l'expérience de la présence de Jésus. "Jésus vint au milieu d'eux et leur dit « la paix soit sur vous ! »" (Jn 20:19) Et Jésus s'identifie en leur montrant ses mains et son côté. C'est bien celui qui a été crucifié qui se présente à eux. Et la joie monte dans leur cœur, au point que le rédacteur n'a pas besoin de dire qu'ils croient, c'est évident, puisque Jésus est là !
Jésus répète sa salutation et les envoie en mission. Plus justement, Jésus leur transmet la mission qu'il a reçu de son Père : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie !" (Jn 20:21).
Il y a transmission, passage de témoin : c'est aux disciples de remplir la mission que Jésus remplissait jusqu'à maintenant. Et Jésus leur donne les moyens de le faire : il leur donne le saint Esprit. Nous avons là l'épisode de la Pentecôte dans l'Evangile de Jean. Jésus donne sa présence et son pouvoir à ses disciples, notamment le pouvoir de pardonner.
Vous vous rappelez de ce premier miracle de Jésus dans l'Evangile de Marc : "Est-il plus facile de dire « Tes péchés sont pardonnés » ou « Lève-toi et marche » ?" (Mc 2:9) Les pharisiens contestaient à Jésus le pouvoir de pardonner et voilà que Jésus transmet ce pouvoir à chacun de ses disciples, à tous les croyants ! Voilà un changement !
Jésus est présent au milieu de nous et nous donne des pouvoir nouveaux, celui de pardonner et celui de prier et de recevoir de Dieu ce dont nous avons besoin : "Là ou deux ou trois s'assemblent en mon nom, je suis au milieu d'eux" (Mt 18:20). Voilà ce qu'est la foi : croire à cette présence.
Mais voilà, Thomas n'était pas là. Nous non plus, nous n'étions pas là ! Alors, comment croire en cette présence, même si des témoins nous disent "Nous avons vu le Seigneur !" (Jn 20:25).
Ainsi, huit jours plus tard, dans le même cadre, les portes toujours fermées, Jésus vient et se présente. Il sait la difficulté de Thomas et la nôtre. Il ne porte pas de jugement, il ne gronde pas Thomas, il ne le réprimande pas, il lui fait un cadeau. Il lui montre ses mains et son côté — comme aux autres. Et il l'invite à vérifier par lui-même. Tu peux tout contrôler, semble dire Jésus, je comprends ton doute, tes questions, ça ne me fait pas problème : vérifie, "ne doute plus et crois."
Le texte ne nous dit pas ce que fait Thomas, il ne nous dit pas qu'il pose son doigt sur les marques des mains et sur le côté de Jésus. Peut-être l'a-t-il fait ? Peut-être la parole de Jésus, l'invitation de Jésus lui a-t-elle suffit pour se mettre à croire.
Ce que nous rapporte le texte, c'est que Thomas confesse sa foi en reconnaissant que Jésus est bien "son Seigneur et son Dieu" (Jn 20:28) celui en qui il peut croire désormais. Et Jésus est attentif aux croyants du futur, à nous : il reconnaît qu'il n'est pas évident d'avoir la foi, que c'est un pas, un saut qui ne va pas de soi, mais quel bonheur de s'y lancer : "Heureux ceux qui croient sans m'avoir vu !" (Jn 20:29).
C'est notre sort de croire sans avoir vu Jésus, sans avoir vu les marques sur ses mains et son côté. C'est à nous de faire le saut de la foi; c'est un saut, parce qu'on ne peut savoir ce qu'est croire sans faire le pas, sans se lancer, sans se lâcher. On ne fait l'expérience de la présence de Jésus qu'en se lançant. "Allez, j'essaie…" comme un acte de foi, de confiance, parce que Jésus nous a touché, par sa proximité, sa chaleur, son accueil, son absence de jugement.
Voilà quelqu'un qu'on souhaite avoir à ses côtés pour toute une vie, pour cheminer dans les bons comme dans les mauvais moments de l'existence. Et voilà qu'il vient à nous, nous disant ; "Je suis-là, je suis au milieu de vous, la paix soit avec vous."
Amen
© Jean-Marie Thévoz, 2009
16:45 Publié dans n) Jean | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean, prédication, paroisse protestante, vie spirituelle, éducation, foi, pâques


