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m) Luc

  • Une espérance dans notre monde troublé

    (30.9.2001)

    Luc 13

    Une espérance dans notre monde troublé

    Deutéronome 30 : 11-14.       Luc 13 : 1-5.      Luc 13 : 6-9

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  • La confiance du capitaine en un Jésus qu'il n'a jamais vu

    (13.6.2004)

    Luc 7

    La confiance du capitaine en un Jésus qu'il n'a jamais vu

    Genèse 15 : 1-6.          Romains 4 : 1-5.         Luc 7 : 1-10  

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  • Jésus dénonce la religion qui sert le pouvoir et le pouvoir qui se sert de la religion.

    (16.3.2003)

    Luc 11

    Jésus dénonce la religion qui sert le pouvoir et le pouvoir qui se sert de la religion.

    Luc 11:52-53 — 12:1-3.       Luc 22:47-53

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  • Garder sa foi dans son mouchoir, ce n'est pas ce qu'attend Jésus de son l'Eglise !

    (5.3.2000)

    Luc 19

    Garder sa foi dans son mouchoir, ce n'est pas ce qu'attend Jésus de son l'Eglise !

    Exode 16 : 16-21         Matthieu 7 : 13-14         Luc 19 : 11-26

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  • Le bonheur vient d'un certain regard sur la vie et les événements

    (18.1.2004)

    Luc 6

    Le bonheur vient d'un certain regard sur la vie et les événements

    Deutéronome 6 : 1-9.          Luc 6 : 17-23

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  • Aucune loi ne peut répondre à la question : "Qui est mon prochain ?"

    (31.10.2004)

    Luc 10

    Aucune loi ne peut répondre à la question : "Qui est mon prochain ?"

    Luc 10 : 25-37

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  • Faut-il croire que Dieu dirige l'Histoire ?

    11.9.2022

    Luc 24

    Faut-il croire que Dieu dirige l'Histoire ?

    Genèse 6 : 9-19.        2 Chroniques 36 : 11-21.         Luc 24 : 42-49

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    Chers frères et soeurs en Christ,

    Nous sommes le dimanche 11 septembre et — pour notre génération — il est impossible de ne pas associer cette date avec l'écroulement des tours de New York ! Cette date a marqué le retour de la question de Dieu dans le débat et les décisions politiques, avec cette question : Dieu intervient-il dans l'Histoire ?

    Certains milieux fondamentalistes l'ont affirmé en s'appuyant sur l'Ancien Testament. Les milieux réformés s'en sont abstenus ou bien l'ont clairement nié. Comment se positionner ? Et bien, en faisant un parcours biblique et en essayant de mettre en lumière les critères qui nous font choisir de donner priorité à certaines affirmations bibliques plutôt qu'à d'autres.

    Les deux lectures bibliques de l'Ancien Testament de ce jour — celle du Déluge dans le premier livre de la Bible et celle de la fin du Royaume de Juda dans le dernier livre de l'Ancien Testament — ces deux lectures affirment la souveraineté de Dieu sur la nature, les éléments et l'Histoire.

    Dieu gouverne les catastrophes naturelles et dirige les rois et les armées. Tantôt il sauve son peuple — comme dans le passage de la Mer Rouge — tantôt il le punit — lorsqu'il l'envoie en Exil. L'Ancien Testament nous montre clairement un Dieu qui intervient dans l'Histoire, qui dirige son peuple, soit directement, soit par des intermédiaires comme les patriarches, Moïse ou les prophètes. Les rédacteurs des livres de l'Ancien Testament partagent cette vision et attribuent tous les événements à la main de Dieu.

    Quels effets cela fait-il de rendre Dieu responsable de tous les événements ? Il y a des effets bénéfiques, mais aussi des coûts.

    C'est rassurant de penser que tout est entre les mains de Dieu, cela donne un sentiment de sécurité : à la fin, il devrait en sortir du bien ! Cela compense notre sentiment d'impuissance. Si nous n'y pouvons rien, Dieu pourvoira, Dieu nous sauvera ! Ainsi rien n'est hors de contrôle.

    Mais il y a aussi des coûts à penser Dieu tout-puissant. Lorsque les malheurs n'ont aucune commune mesure avec les supposées fautes, comment penser que Dieu est juste, que Dieu est bienveillant ? Les malheurs et la mort étant inhérents à la destinée humaine, comment ne pas perdre confiance, perdre notre assurance en Dieu ?

    Voilà pour la position de l'Ancien Testament, qu'en est-il dans le Nouveau Testament ? Dans le Nouveau Testament, Jésus nous est présenté comme le visage de Dieu. C'est dans les actes et les paroles de Jésus que nous est présentée la juste figure de Dieu. Or que voyons-nous ?

    Pendant son ministère, Jésus est habité de bienveillance et de tolérance. Il accueille tous ceux qui viennent à lui et il guérit. Les rédacteurs des Evangiles sont encore habités de l'idée que Dieu dirige les événements. On le voit dans les récits de Noël ou dans le baptême de Jésus où Dieu parle. Mais bien vite — avec le récit de la Passion — le destin de Jésus échappe tant aux rédacteurs des Evangiles qu'à Dieu !

    Jésus a été envoyé pour porter la lumière divine et il est arrêté, capturé, battu, jugé, moqué puis crucifié.

    Il y a des contorsions littéraires pour faire passer ce destin comme conforme à la volonté divine, mais cela détruit l'image d'un Dieu juste et bon ! Cela mène à une impasse, à une contradiction totale entre Jésus et Dieu.

    Et si l'on prenait Jésus au sérieux ?!

    Dans sa dernière apparition aux disciples, Jésus dit des choses extrêmement importantes. Après avoir mangé avec ses disciples, il les invite à une relecture des Ecritures. Pour cela il « ouvre leur intelligence » (Luc 24:45) et il leur donne des mots-clés pour cette nouvelle interprétation de l'Ancien Testament : le Christ devait souffrir et être relevé, dans sa personne est proclamée, affirmée la transformation (metanoia) et le pardon, et c'est un message universel.

    Ensuite Jésus donne à ses disciples une mission et la promesse de son Esprit qu'il appelle « puissance ». Ces paroles de Jésus nous invitent donc à avoir une lecture totalement nouvelle de l'Ancien Testament et de Dieu. Ne pas le voir dans la puissance, mais dans la souffrance, dans la vulnérabilité.

    Dieu n'est pas intervenu pour descendre Jésus de la croix, parce que Dieu était sur la croix. Dieu n'est pas dans la punition et la cause du malheur, il est dans le pardon.

    La puissance (dunamis en grec) qui était attribuée à Dieu dans l'ancienne lecture de l'Ancien Testament, Jésus la promet — pour la Pentecôte — aux disciples, aux êtres humains. Avec mission d'annoncer cette bonne nouvelle dans le monde entier.

    Jésus restitue à l'être humain la dynamique, le pouvoir d'agir, la responsabilité du monde. Tans que Dieu est pensé comme tout-puissant, l'être humain est réduit à l'impuissance. « Dieu sauvera les choses quand ça tournera mal » avons-nous longtemps pensé.

    En refusant un Dieu maître de l'Histoire, Jésus nous sort de notre sentiment d'impuissance, il nous restitue notre puissance.

    En refusant un Dieu maître de l'Histoire, Jésus nous rend à nos responsabilités : personne ne viendra arranger les choses que nous négligeons.

    En refusant un Dieu maître de l'Histoire, Jésus nous enracine dans le monde : il n'y aura pas de sauvetage extérieur (comme pour Jésus sur la croix) ; il n'y aura pas de Planète B, quand nous aurons saccagé totalement la terre ; il n'y aura que ce que nous faisons nous-mêmes du monde et de la société. C'est notre responsabilité de « nous aimer les uns les autres » !

    Renoncer à un Dieu qui maîtrise l'Histoire est une bonne nouvelle parce que cela met fin au fatalisme et nous restitue autant notre liberté que notre responsabilité. Mais cela veut dire que notre responsabilité doit s'exercer !

    A nous tous de nous mettre au travail pour un monde vivable, habitable et convivial.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2022

     

  • Revenir sur sa vie pour y reconnaître la trace de la présence de Dieu

    (7.7.2002)

    Luc 17

    Revenir sur sa vie pour y reconnaître la trace de la présence de Dieu

    Lévitique 14 : 1-9.      Luc 17 : 11-21

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    Chères paroissiennes, chers paroissiens,

    Le récit de la guérison des 10 lépreux — que nous rapporte Luc — nous parle aussi de reconnaissance : la reconnaissance d'un homme qui réalise qu'il est guéri et revient sur ses pas pour remercier Jésus.

    Cependant, soyons prudent de ne pas tomber dans le piège d'une lecture trop rapide où Luc nous donnerait simplement une leçon de politesse du genre : "Alors ? qu'est-ce qu'on dit ? Allons, mon petit, dis merci au Monsieur !"

    Jésus ne dit pas au lépreux : "Lève-toi et va; ta politesse t'a sauvé." Il dit "Lève-toi et va; ta foi t'a sauvé." Il n'est pas question ici de la politesse de dire merci, mais de la foi de cet homme, même s'il est bien question de reconnaissance. Examinons cela.

    Luc a rattaché à ce récit de guérison une discussion de Jésus avec des pharisiens sur la question de la venue du Royaume de Dieu. Les pharisiens sont curieux de savoir quand le Royaume de Dieu doit venir, comment il viendra, à quels signes on le reconnaîtra. Et voilà que Jésus leur répond — quelle déception ! — que "le Royaume de Dieu ne vient pas de telle façon qu'on puisse le voir" (Luc 17:20). Le Royaume de Dieu n'est pas observable, localisable, il n'est pas ici ou là, mais — ô surprise — il est déjà là, parmi vous, à votre portée.

    Le récit de la guérison des 10 lépreux est le signe qui a déjà été posé de cette présence parmi nous, à notre portée du Royaume de Dieu. Pour voir le Royaume de Dieu, il faut se retourner, regarder en arrière, revenir sur ses pas (dans le texte) et le reconnaître comme l'a fait le dixième lépreux. Revenons donc sur ce qui se joue dans ce récit de guérison.

    Comme le veulent la loi et les précautions médicales, les lépreux doivent se tenir à l'écart de la communauté. C'est pourquoi ils interpellent Jésus de loin. Dans un premier temps, Jésus ne semble pas s'approcher d'eux, il leur dit simplement d'aller se présenter aux prêtres comme cela est prescrit dans la loi de Moïse — le texte que nous avons entendu tout à l'heure.

    Le récit ne nous dit rien sur la guérison elle-même, quand elle se passe, comment elle arrive. On n'en sait rien, cela n'a aucune importance dans le récit. Ce qui a de l'importance, c'est qu'un homme, tout à coup, réalise qu'il est guéri. Littéralement : "il se voit guéri" (Luc 17:15). Il prend conscience de ce qui lui arrive, il réalise qu'il a été guéri, transformé.

    Probablement que les 9 autres lépreux se sont aussi aperçu qu'ils sont guéris maintenant. Mais un seul relie cette guérison à son histoire et au passage de Jésus dans sa vie ! Cet homme revient en arrière sur sa vie, sur son parcours, sur son histoire et y reconnaît la trace de l'action divine. Il relit son histoire, il la passe en revue avec un regard neuf pour y reconnaître, y identifier, ce que Dieu y a semé.

    N'avez-vous jamais entendu quelqu'un dire : "à voir mon parcours, comment les événements se sont enchaînés, ce qui m'est arrivé, je vois maintenant que j'ai été guidé" ou "cela n'est pas arrivé par hasard, Dieu m'a accompagné." Voilà la démarche de foi du dixième homme, reconnaître dans sa vie la trace de Dieu et venir lui rendre grâce de cette présence.

    La reconnaissance dont il est question dans ce récit de guérison a donc bien deux natures. D'un côté, reconnaître, identifier l'action cachée de Dieu dans mon existence. Une action cachée parce que le Royaume de Dieu n'est pas visible, évident, démontré. Mais une action reconnaissable — après coup — parce que le Royaume de Dieu est déjà là, déjà présent parmi nous, en nous. De l'autre côté la reconnaissance dans le sens de la gratitude, venir rendre grâce de cette découverte de la présence mystérieuse de Dieu dans nos vies.

    Cette double reconnaissance est l'expression de la foi, de la confiance que Dieu est présent dans nos vies, qu'il nous guide et que nous pouvons l'y découvrir si nous regardons notre vie en revenant sur nos pas.

    Et les 9 autres alors ? Pourquoi ne font-ils pas le même chemin puisqu'ils ont été guéris eux aussi ? Je pense que les 9 autres n'ont reconnu en Jésus qu'un guérisseur professionnel. Il a fait son travail, il les a guéris, et il n'y a pas de quoi revenir là-dessus — pensent-ils.

    La guérison s'explique par le pouvoir de guérisseur de Jésus, de la même façon que nos guérisons par la médecine s'expliquent par le pouvoir médical de la médecine moderne — et il n'y a pas à mêler Dieu dans tout ça !

    Et neuf personnes sur 10 sortent de l'hôpital sans revenir sur leur histoire et sans se poser la question : "Mais que vais-je faire de ma guérison, de la santé et des jours qui me sont donnés en plus ?"

    Peut-être aurons-nous quelques minutes au milieu de nos vacances pour nous demander : "Que faisons-nous de nos guérisons?"

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2022

  • Creuser, approfondir et trouver le roc sur lequel construire sa personnalité.

    (20.6.1999)

    Luc 6

    Creuser, approfondir et trouver le roc sur lequel construire sa personnalité.

    Deutéronome 10 : 12-19

    Hébreux 13 : 1-3

    Luc 6 : 46-49

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    Chers amis,

    C'est aujourd'hui la Journée des réfugiés, pour le pays et pour l'Eglise. C'est une occasion pour réfléchir à leur sort et au nôtre, une occasion de marquer notre solidarité au travers de l'offrande et d'autres signes. Aujourd'hui, l'offrande sera faite en faveur des organismes d'Eglise qui s'occupent de réfugiés.

    Comme vous le savez, les habitants de Bussigny, cette année, n'ont pas attendu ce jour pour marquer concrètement leur solidarité envers les réfugiés arrivés récemment du Kosovo. Depuis le mois d'avril, la commune et des personnes bénévoles se sont réunies et mises au travail pour organiser l'accueil et l'accompagnement des réfugiés arrivés à fin mai.

    Je trouve cette mobilisation formidable. J'aimerais relever ces élans de solidarité qui se sont manifestés et traduits concrètement. Tout cela est réjouissant et nous montre — en contre point de ce qui s'est passé au Kosovo — qu'on peut encore espérer en l'humain, en l'humanité.

    L'accueil, l'hospitalité, la solidarité font partie de ce que Dieu essaie de susciter en chaque être humain, font partie de ce que Dieu attend de son peuple. Dans les paroles du Deutéronome qui vous ont été lues, il y a des propos très forts dans ce sens :

     

    "Le Seigneur est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, qui n'avantage personne et ne se laisse pas corrompre par des cadeaux. Il prend la défense des orphelins et des veuves, et il manifeste son amour pour les étrangers installés chez vous, en leur donnant de la nourriture et des vêtements. Vous donc aussi, aimez les étrangers qui sont parmi vous; rappelez-vous que vous étiez des étrangers en Egypte." (Dt 10:17-19)

    Cette partie du Deutéronome fait partie du livre qui a été retrouvé dans le Temple vers 640 av. J.-C. et qui a provoqué la réforme du roi Josias, racontée dans 2 Rois 22—23. C'était une période troublée. Le royaume du nord, la Samarie, était tombée aux mains du roi d'Assyrie. Jérusalem avait même été assiégée un demi-siècle plus tôt par Sennachérib et miraculeusement libérée. Malgré cette précarité, Dieu affirme son identité en protégeant le faible et le déraciné et en demandant à son peuple de faire de même, en se souvenant de leur propre précarité en Egypte.

    Même lorsque le pays est menacé, Dieu refuse de devenir un Dieu exclusivement national. Dieu affirme et confirme au contraire la nécessité de l'ouverture, comme s'il entrevoyait le risque contenu dans tout nationalisme qui s'affirme contre l'étranger : risque de haine, de division, risque d'épuration ethnique, risque de déportation. Il n'y a qu'un façon de vivre heureux et en paix, c'est de s'ouvrir et d'accepter son voisin, quel qu'il soit, et de l'aimer comme son prochain.

    Mais, c'est vrai que ce n'est pas toujours facile ! Il ne suffit pas de le vouloir pour le pouvoir, pour arriver à le faire. Il y a en nous des émotions, des sentiments qui nous retiennent, qui paralysent les élans que notre esprit voudrait lancer ! "Aimez les étrangers qui sont parmi vous" (Dt 10:19) cela ne vient pas tout seul.

    Là, le problème, ce n'est pas l'étranger ou le réfugié. Le problème, c'est notre peur, notre sentiment de peur. Lorsque nous avons peur, nous sommes comme l'homme qui a bâti sa maison directement sur le sol. Quand l'eau monte, cet homme a de bonnes raisons d'avoir peur, car il sait que sa maison va être emportée. La peur est un sentiment normal, approprié, dans ces circonstances. La peur va peut-être même le sauver si elle lui fait quitter sa maison avant qu'elle ne soit emportée.

    Lorsque Jésus raconte cette petite histoire des deux maisons, il n'a cependant pas l'intention de nous donner un cours d'architecture ! Jésus raconte cette histoire pour nous parler de la construction de notre personnalité, de notre identité.

    Il voit deux façons de construire sa personnalité. Une façon qui garantit de rester solide face aux événements et catastrophes qu'apporte l'existence et une façon qui nous laisse désemparés, le jouet des éléments, vivant dans la peur de la prochaine tempête.

    Toute personne sort de l'enfance et de l'adolescence en ayant reçu un terrain pour y construire sa maison. L'humain sensé, nous dit le texte, fait trois choses : il creuse, il approfondit, il trouve le roc sur lequel poser les fondations de sa maison.

    Creuser, c'est d'abord gratter la surface des choses. Ne pas se contenter de ce qui est visible et superficiel. C'est aller au-delà des apparences pour chercher l'invisible. C'est la première étape, dépasser l'évidence pour chercher le sens.

    Approfondir, c'est continuer la démarche en explorant en profondeur ce qu'on a reçu comme terrain. Il faut continuer à déblayer, ôter et trier ce qu'on a reçu alors qu'on n'avait pas encore un discernement suffisant pour savoir ce qui serait utile et ce qui ne l'est pas. Pendant cette deuxième étape, on peut collecter des matériaux utiles pour construire la maison telle qu'on la veut.

    Trouver le roc pour poser les fondations, c'est le résultat de ce travail. Il y a au fond de nous-mêmes, un roc posé par Dieu sur lequel on peut construire solidement, une maison inébranlable, une identité qui ne sera pas balayée par le premier orage venu.

    Ce roc se trouve dans la Parole de Dieu et sa pratique, nous rappelle Jésus. Ce roc, on le trouve nommé dans le texte du Deutéronome : "Autrefois, le Seigneur ne s'est attaché qu'à vos ancêtres, c'est eux qu'il a aimés; et maintenant c'est vous, leurs descendants, qu'il a choisis parmi toutes les nations" (Dt 10:15) "c'est eux qu'il a aimés, maintenant c'est vous qu'il a choisis".

    Beaucoup entendent cette parole, mais ne la mettent pas en pratique dans leur vie, c'est-à-dire qu'ils ne se l'attribuent pas à eux-mêmes, personnellement. Ils pensent que cette parole n'est pas vraiment pour eux, qu'ils ne la méritent pas vraiment, qu'ils ne sont pas à la hauteur pour la recevoir. Et pourtant... elle est bien dite à chacun, à vous tous, individuellement.

    Sur ce roc, il est possible de construire une personnalité solide. Assez solide pour ne pas se sentir menacée, même lorsque les journaux annoncent ce qu'ils appellent "un flot" de réfugiés. Sur ce roc, il est possible de construire une maison suffisamment solide pour rester ouverte et accueillante.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2022

  • La prière comme un cri...

    (20.5.2001)

    Luc 18

    La prière comme un cri...

    2 Rois 20 : 1-6        Romains 8 : 26-28.       Luc 18 : 1-8

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    Chères paroissiennes, chers paroissiens,

    Qu'est-ce qui fait de nous des chrétiens ? Qu'est-ce qui fait... ou que faisons-nous pour que nous puissions dire "je suis croyant", "je suis chrétien" ?

    Je me pose la question parce que souvent, dans mes visites, les gens que je rencontre essaient de m'expliquer qu'ils sont croyants ou chrétiens même si je ne les vois jamais au culte du dimanche ! J'entends aussi les gens me dire : "Je suis croyant mais pas pratiquant", ou "Vous savez, je fais ma prière chaque soir !".

    Autour de nous, dans notre canton, plus loin peut-être aussi, il semble que la pratique de la prière personnelle soit un "marqueur", un "indicateur" qui fait la différence entre le croyant et l'incroyant. Pourquoi pas ?

    C'est vrai que la prière est absurde pour celui qui croit que le ciel est vide, qu'il n'y a rien au-dessus de lui. La prière n'a de sens que si elle est adressée à quelqu'un ! La prière est donc bien un acte de foi, une confession de foi : il existe quelqu'un qui peut m'entendre, il existe quelqu'un à qui je peux dire mes aspirations, à qui je peux confier mes besoins.

    Je n'aimerais pas entrer — aujourd'hui — sur le terrain de l'utilité ou pas de la prière, sur son exaucement ou pas. Je ne crois pas qu'on prie "parce que c'est utile" ou parce que ça marche". La prière n'est pas un investissement dont on attende une rentabilité. La prière ne vise pas l'utilité, 'efficacité, des résultats, etc...

    Je crois qu'on prie parce qu'on en a besoin. On prie parce que nous avons des besoins, des aspirations. La prière est d'abord un cri :

    Le cri de la veuve : "Rends-moi justice contre mon adversaire !" (Luc 18:3).

    Le cri du roi malade : "Ah Seigneur ! Souviens-toi, je me suis conduit envers toi avec une entière loyauté, j'ai toujours agis de manière à te plaire !" (2 R 20:3).

    La prière est un cri, une plainte, juridique pour la veuve, de souffrance pour le roi. La prière est un cri de détresse, un cri contre l'injustice des hommes ou contre l'injustice du sort : "J'en appelle à toi, Dieu pour que tu me fasses justice, pour que tu voies mon malheur et que tu compatisses."

    C'est un cri pour être entendu dans sa vérité souffrante, comme Job. La prière est le cri légitime de l'opprimé, la dernière ressource du malheureux, de celui qui se sent désemparé, démuni, faible, prêt à disparaître ou à être écrasé.

    Il est donc important que la Bible nous montre en même temps la veuve et le roi dans cette situation. La veuve, dans la société israélite est la personne la plus isolée et démunie. Elle n'a plus aucun homme pour prendre fait et cause pour elle dans une société où la voix des femmes ne compte pas. Et Jésus la prend en exemple de prière. Parce que la prière est le cri de celui qui se sent au plus bas.

    Mais la Bible nous montre aussi les rois en prière. Plusieurs fois le roi David ou le roi Salomon. Dans le récit de ce matin, c'est le roi Ezéchias. C'est l'homme le plus puissant du royaume, qui est au-dessus de lui ? Et pourtant... Et pourtant, il suffit que sa santé soit menacée pour qu'il se retrouve aussi dépourvu que la veuve, en appelant, de la même manière, à la justice de Dieu. "J'ai été loyal, je ne mérite pas de mourir !"

    Le cri de la veuve, la prière du roi, nous montrent que personne n'est à l'abri — quel que soit sa position sociale, son rang — personne n'est à l'abri d'avoir à crier sa prière, personne n'est à l'abri de se sentir tout petit, tout démuni, absolument vulnérable.

    Etre tout petit dans la prière, en appeler à plus grand que soi pour du secours, reconnaître notre finitude, notre vulnérabilité simplement, sans sombrer dans le dénigrement de soi. On ne s'abaisse pas dans la prière, on reconnaît simplement qu'on part d'en bas et qu'on est élevé vers Dieu par son écoute, par sa compassion.

    Prier à genoux, c'est reconnaître que la prière naît de notre détresse, du sentiment d'être démuni.

    Prier debout, c'est reconnaître que Dieu nous élève du bas dont nous venons, c'est reconnaître qu'il nous remet debout, qu'il nous relève, un verbe souvent utilisé dans le Nouveau Testament pour parler de la résurrection.

    Jésus nous invite à prier, inlassablement, c'est-à-dire à répéter à Dieu nos besoins, nos aspirations, parce que la prière nous remet dans la juste perspective dans la juste position par rapport à Dieu. Si même un homme sans foi ni loi finit par répondre par lassitude d'être dérangé, combien plus quelqu'un de réceptif, d'attentif nous accueillera favorablement avec nos demandes !

    Notre Dieu est un Dieu qui répond à la prière du plus humble, parce qu'il ne regarde pas notre rang et les hiérarchies humains.

    Si la prière est une marque de foi, la marque du croyant, ce qui fait de nous des chrétiens c'est de croire que toutes les prières parviennent à Dieu, non pas parce que nos prières monteraient jusqu'à lui grâce à nos efforts et notre insistance, mais parce qu'il est lui-même descendu vers nous. Il est venu habiter la détresse criante des humains, en sorte qu'il prie véritablement en nous et que l'apôtre Paul peut dire : "Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même prie Dieu pour nous (Rm 8:26).

    Que cet Esprit vous habite et prie en vous.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2022

  • Jésus, à l'épreuve, décide d'endosser la condition humaine

    (11.1.2004)

    Luc 4

    Jésus, à l'épreuve, décide d'endosser la condition humaine

    Jean 15 : 9-13.         Luc 4 : 1-14

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    Chères paroissiennes, chers paroissiens,

    Vous venez d'entendre le récit de la tentation de Jésus. Ce récit suit immédiatement celui du baptême, comme si ces tentations étaient une suite logique du baptême. Ce récit de tentation est bien étrange et comporte bien des invraisemblances si nous devons le lire comme un compte-rendu exact de ce que Jésus a physiquement vécu.

    Comment est-il possible de ne rien manger pendant quarante jours ? Le diable peut-il se présenter comme une personne en chair et en os à Jésus ? Le diable a-t-il un avion pour faire voir à Jésus "tous les royaumes de la terre" ? etc...

    Pour moi, il est nécessaire de quitter une lecture historique de ce récit pour y découvrir un sens. Si la vérité de l'évangile est dans le "ça s'est passé exactement comme cela, il faut le croire" alors, je ne peux pas le croire.

    Pourtant, je crois que ce récit a du sens, qu'il nous dit quelque chose de vrai dès qu'on arrête de penser que "ça s'est passé comme ça" pour penser : "ce récit veut nous dire quelque chose et quelque chose d'important pour notre vie !" Je crois que ce récit nous rapporte un dialogue intérieur qu'a vécu Jésus, mais que nous vivons aussi !

    Juste après le baptême, ce récit veut nous communiquer quelque chose d'essentiel sur l'identité de Jésus, sur qui est ce Jésus dont parle l'évangile. Les Evangiles nous disent deux choses sur Jésus :

    Jésus est un homme comme les autres

    Jésus n'est pas un homme comme les autres, puisqu'il est le Fils de Dieu.

    Alors, il y a de quoi se poser des questions et même se poser les mêmes questions que le diable de notre récit pose à Jésus. Si Jésus est le Fils de Dieu — remarquez que toutes les questions du diable commencent par "si" — alors les dés ne sont-ils pas pipés ? Un homme qui disposerait des pouvoirs de Dieu, ce ne serait plus un homme ordinaire, comme vous et moi. C'est comme si vous allez aux Jeux Olympiques avec la potion magique de Panoramix, ce n'est plus du jeu !

    Dans notre récit, ce que le diable vérifie, c'est que Jésus a bien laissé ses pouvoir divins au ciel et qu'il joue selon les règles humaines, une vie humaine ordinaire.

    Mais nous avons vu que ce récit ne doit pas être lu comme un compte-rendu de quelque chose de visible de l'extérieur, mais comme un dialogue intérieur de Jésus. Alors, il faut reformuler cela pour sortir du récit mythologique où une partie de soi est projetée à l'extérieur sous forme de diable. Il y a une lutte intérieure — en Jésus comme en chacun — entre une volonté, un désir d'être tout-puissant et une acceptation de la réalité de la condition humaine.

    Chacun, dans ses rêves, voudrait être Dieu et obtenir ce que le diable propose :

    - une richesse infinie (imaginez ce que c'est de transformer des pierres en pain lorsque tout le désert est formé de pierres !)

    - disposer du pouvoir, claquer des doigts et obtenir ce que l'on veut, contraindre les autres à faire ce qu'on veut, les obliger à changer pour ne pas changer soi-même !

    - et finalement, être invulnérable, être invincible, avoir une santé inaltérable, pouvoir affronter tous les dangers sans risque de mourir.

    La richesse, le pouvoir, la santé, est-ce que ce ne sont pas là-dessus que se construisent tous les horoscopes, toutes les promesses de la publicité ? Ne pensons-nous pas, au profond de nous-mêmes, que la promesse de bonheur réside dans ces trois offres, dans ces trois désirs : richesse, pouvoir, santé ? Quelle attractivité, non ?

    Pourtant, dans son dialogue intérieur, c'est cela que Jésus repousse. Il repousse cela parce qu'il a choisi autre chose. Il a choisi la réalité, la réalité de la condition humaine et avec elle ce qu'il y a de plus précieux que la richesse, le pouvoir et l'invincibilité, il a choisi l'amour et la liberté.

    Il choisit, par amour, de vivre selon les règles de la condition humaine : la précarité, l'impuissance, la vulnérabilité — et d'en faire son identité.

    Il y a des moments dans notre existence où nous devons choisir l'orientation de notre vie, ou réexaminer notre précédente orientation. Nous ne rencontrons pas le diable sur notre chemin, mais nous sommes confrontés à diverses forces à l'intérieur de nous-mêmes, "au côté obscur de la force" comme on le dit dans un film.

    Dans cette orientation à décider, dans ces choix à faire, n'oublions pas de prendre en compte que la seule chose précieuse — éternelle, essentielle — est l'amour qu'on reçoit et qu'on donne, quelles que soient les conditions matérielles dans lesquelles on vit.

    C'est ce que Jésus a choisi de vivre et c'est ce qu'il nous invite à vivre à notre tour.

    Amen

    © Jean-Marie Thévoz, 2022

  • Notre Père (2)

    pour le dimanche 17 mai

    Luc 13

    Notre Père (2)

    Exode 3 : 1-10.     Luc 13 : 10-16.     Matthieu 6 : 13

    télécharger le texte : P-2020-05-17.pdf

    Chers frères et soeurs en Christ,

    Nous reprenons notre lecture du Notre Père, à l'envers, en remontant le texte (pour lire toute la série sur le Notre Père, cliquer dans la colonne de droite la catégorie "Notre Père"). La dernière phrase avant la doxologie (cf. Notre Père (1)) est : « Délivre-nous du mal. » Phrase absente chez Luc, probablement ajoutée par Matthieu pour expliquer, développer la phrase : « Ne nous expose pas à la tentation, à l'épreuve »... « mais délivre-nous du mal » (Luc 11:4 et Mat. 6:13).

    Luc ne parle pas de cette demande de délivrance, mais c'est son Evangile qui mentionne le plus souvent le fait que Dieu vient délivrer. D'abord par Jean Baptiste (Luc 1:73-74) puis par Jésus dans sa prédication à Capharnaüm (Luc 4:16-21) et lorsqu'il redresse la femme courbée (Luc 13:10-16). On voit ainsi que le thème de la délivrance est bien une action qui s'origine en Jésus.

    La délivrance est aussi un grand thème de l'Ancien Testament : délivrance du pays d'Egypte. Délivrance — dans le livre des Juges — des ennemis, également dans les Psaumes. Délivrance, sous la forme du retour d'Exil ou encore délivrance de Daniel des griffes des lions.

    Notre lecture du Notre Père en remontant le texte peut d'ailleurs être mise en parallèle avec le vécu du peuple d'Israël. Le peuple est délivré d'Egypte. Il est tenté au désert. Il est pardonné après l'adoration du veau d'or et entre en Canaan. Le pain peut être mis en relation avec le lait et le miel qui coulent en abondance dans le pays de Canaan. L'apprentissage de la pratique de la loi correspond à la phrase sur la volonté divine, la royauté humaine et messianique avec le règne et la contruction du Temple avec la sainteté du nom de Dieu.

    Mais revenons à la phrase d'aujourd'hui : « Délivre-nous du mal. » De quoi demandons-nous d'être délivrés ?

    Depuis saint Augustin qui a construit le principe du péché originel à partir de la Genèse (Gn 2—3) et son idée de chute et de transmission de la faute de génération en générations, nos sommes imprégnés de l'idée que nous devons être délivrés de nos fautes. Délivrés du mal que nous commettons, pour devenir meilleurs.

    Mais cela ne correspond pas au Dieu qui délivre de l'Ancien Testament. Dieu délivre son peuple de la servitude d'Egypte. Où est la faute des hébreux ? Il n'y en a pas ! Les hébreux sont asservis. Ils sont victimes, ils traversent le malheur et c'est de ce malheur que Dieu les délivre. Dieu a vu les mauvais traitements infligés (Ex 3:7), il a entendu les cris de son peuple (v.9) aussi vient-il le délivrer par le bras de Moïse.

    Cette idée de faute est également étrangère à Jésus. Jésus décide de délivrer cette femme courbée depuis dix-huit ans (Luc 13:16) parce qu'elle souffre, parce qu'elle est enfermée dans son malheur. Il n'est pas question de faute.

    Il faut donc abandonner l'idée même de péché originel et — comme Lytta Basset l'a clairement exposé *1 — parler, de la part de Dieu, de pardon originel. S'il y a un « péché originel », c'est sous la forme de malheur, du mal subi et c'est de celui-ci que nous demandons à Dieu d'être délivré. Le mal subi précède toujours le mal commis.

    Nous pouvons l'observer dans les relations humaines et notamment dans la transmission à travers l'éducation. L'enfant qui grandi dans une famille disfonctionnelle grandir avec les déformations relationnelles familiales. Il va pousser tordu, distordu par son environnement. Et bien souvent, malheureusement, il va transmettre cette distorsion plus loin. Comment grandir droit dans un environnement tordu ? Il est inévitable de prendre des mauvais plis. C'est l'héritage du malheur et de la distorsion.

    Mais ce n'est pas une fatalité irréversible. Il y a une délivrance possible, c'est pourquoi nous pouvons demander : « délivre-nous du mal, du malheur. » Cette demande n'est pas celle d'être épargné par le malheur. Qui pourrait échapper à toutes les viscissitudes de la vie ?

    C'est une demande de délivrance, de sortie du malheur. Nous avons passé par des temps de malheurs, nous avons été blessés dans notre enfance et dans notre vie. Nous y sommes encore. C'est arrivé — on ne peut pas faire que cela ne soit pas — mais c'est une blessure qui peut être soignée. La douleur peut en être appaisée. Nous pouvons être délivrés de la malédiction de la répétition et de la transmission.

    Cela demande un grand travail sur soi avec un accompagnement bienveillant. Cela demande un changement radical de vision, de perception des relations. Si l'on a grandi dans un environnement de pédagogie noire *2 qui présuppose que l'enfant spontané est mauvais et doit être corrigé pour devenir bon, qui présuppose que la bonté et l'amour envers les enfants les gâtent, alors la conversion — au sens d'un demi tour —vers la découverte de la vivacité et de la créativité de l'enfant intérieur n'est pas aisée. Mais cette conversion est possible.

    C'est la même conversion que de passer de l'idée d'un Dieu juge à un Dieu d'amour. Ce Dieu bienveillant dont Jésus est l'annonciateur. Ce Dieu qui préfère que la femme courbée soit déliée de son malheur plutôt que d'être obéit par peur de la transgression et le malheur prolongé ne serait-ce que d'une journée.

    Pratiquement, si tournent dans nos têtes des phrases dévalorisantes reçues dans notre éducation, nous pouvons les repérer dans un premier temps, puis les dénoncer (dans sa tête) comme fausses, inadéquates et malfaisantes, enfin les remplacer par d'autres phrases, bienveillantes, soutenantes, aimantes, qui relèvent notre estime de nous-mêmes et disent le regard que Dieu porte sur nous : un regard aimant.

    Aussi pouvons-nous demander à Dieu : Délivre-nous du malheur, du malheur de croire que l'amour est trop rare pour être partagé, du malheur de croire que je dois être autrement pour être aimé.

    Oui, Seigneur, délivre-nous du malheur, pour être libres de nous sentir aimés et aimer à notre tour.

    Amen

     

     

    *1 Lytta Basset, Le pardon originel, De l'abîme du mal au pouvoir de pardonner, Genève, Labor et Fides, 1994.

    *2 Alice Miller, C'est pour ton bien, Editions Aubier, 1985.

    L'enfant sous terreur, Paris, Editions Aubier, 1986.

    © Jean-Marie Thévoz, 2020